Comme nos homologues genevois (GSEM) qui se sont prêtés au même type d’exercice dans le cadre de leur cours de gestion des ressources humaines sous la tutelle du Pr. Michel Ferrary (cf. « Les entreprises préférées ou mal-aimées des universitaires genevois »), les étudiants d’HEC Lausanne, à leur tour, ont été invités à travers un questionnaire à dresser leur profil type de carrière.

L’étude comparée des résultats ne diverge pas beaucoup, en ce sens, que les multinationales trônent sans partage au sommet du classement des employeurs cibles des étudiants.

les multinationales trônent sans partage au sommet du classement des employeurs cibles

Que ce soit à Genève ou à Lausanne, les futurs décideurs romands voient leur dessein carriériste au sein des mastodontes tels, UBS, PROCTER & GAMBLE, L’OREAL, NESTLE, GOOGLE, LVMH, MCKINSEY, JPMORGAN.

De part et d’autre de l’arc lémanique, les secteurs de la grande consommation restent majoritairement prisés par la gente féminine, à l’inverse de la gente masculine qui confirme son goût pour le risque, en portant son dévolu sur les secteurs bancaires et le conseil.

Par ailleurs, le désintérêt profond pour les deux marques suisses à l’effigie orange (Migros & Coop), zéro fois notifiées comme dans le sondage du Pr. Ferrary est à relever. Les deux marques semblent être blacklistées , un paradoxe quand on sait que Migros bénéficie de la meilleure réputation au sein de la population selon la dernière étude de l’institut d’étude de marché alémanique GfK, relayé dans le magazine Bilan.

La RSE, comme une préoccupation !

Nous sommes plus de 65 % à considérer que les valeurs de Corporate Social Responsability (CSR) intègrent nos critères de choix de la marque employeur. Un message envoyé aux futurs employeurs sur notre vision de la conduite des affaires dans une économie mondialisée où l’entité économique se doit de repenser sa stratégie de croissance et de management en composant avec ses interfaces sociales et environnementales – « Triple Bottom Line » (Economie-Social-Environnemental).

Ici, le message à décoder pour les entreprises, c’est de se prévaloir de la thématique RSE, pour renforcer leurs positions s’ils veulent remporter la guerre des talents.

L’ entreprenariat prend son mal en patience

A la question « Envisagez-vous une carrière d’entreprenariat ? », une timide majorité de 55 % d’entre nous acquiescent un ‘’Oui’’ ; seulement deux étudiants font le total choix de la création de leurs start-ups, renonçant à l’idée d’une carrière nomade.

seulement deux étudiants font le total choix de la création de leurs start-ups

Faut-il y voir le signe d’un moindre engouement pour la partition solo ? Difficile d’y répondre ! En effet, ne pullulent pas encore au sein de la faculté des exemples retentissant de « Success Story », même s’il faut signaler quelques références naissantes comme le site d’enchères en ligne « Cronodeal » créé par trois diplômés de la faculté.

Partir pour développer son acuité professionnelle

Enfin pour dynamiser et augmenter notre employabilité, nous semblons nous diriger pour une grande majorité d’entre nous vers des entreprises internationales. Les pays anglo-saxons, tels les Etats-Unis, l’Australie, l’Angleterre restent les destinations de prédilection des échanges internationaux. Les destinations asiatiques comme le Japon, la Chine font leur apparition dans les choix, pas surprenant quand on sait que la concurrence mondiale se joue avec les étudiants venant de ces pays et que les entreprises n’hésitent pas à délocaliser massivement vers ces pays pour augmenter leurs parts de marchés.

Les pays anglo-saxons (…) restent les destinations de prédilection des échanges internationaux

Au détour de ce sondage, s’il sied de retenir que les multinationales gardent la cote, les futurs décideurs attirent l’attention sur la probité dont doit faire preuve désormais, les marques employeurs, notamment au rayon des filtres de valeurs CSR. Par ailleurs, il semble naître chez les jeunes talents que nous sommes, une petite poussée de fièvre entrepreneuriale dont il sera intéressant de surveiller l’évolution dans les années à venir. Enfin, ne nous parlez plus de « Cocooning », nous sommes plus qu’excités à l’idée de prendre d’assaut les grandes métropoles estudiantines à travers le globe.

Jean Gafan

Sources :

AWP. 2014. «Migros et Swatch Group, les marques préférées des Suisses». Bilan.

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