Membres d'OIKOSDe gauche à droite: Loïc Jubin, Lumia Claramunt, Guilhem Serre, Léo Picard, Marina Clerc


La COP21, c’est la 21ème conférence des parties, c’est-à-dire le rassemblement annuel des 196 Etats de l’ONU signataires de la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique. Elle a lieu cette année à Paris, du 30 novembre au 11 décembre. Cette année, l’enjeu est de taille car, pour la première fois, tous les Etats doivent signer un accord international contraignant sur le Climat et qui soit applicable à tous les pays. C’est pourquoi HEConomist est parti à la rencontre d’OIKOS, association qui se veut le porte-drapeau du management durable sur notre campus.

A la rencontre de Léo PICARD et Guilhem SERRE, ils nous exposent la semaine de sensibilisation qu’ils sont en train de mettre en place pour la COP 21. Entre conférences/Workshops, stands, débats, sur le campus de l’UNIL-EPFL et des intervenants des plus qualifiés qui viendront parler de l’importance de cette réunion internationale, vous ne pourrez échapper à un des grands défis planétaire de notre génération : la sauvegarde de la planète !

Léo PICARD : Etudiant en 2ème année HEC. Depuis un an et demi, il est à la tête du département marketing d’OIKOS à l’UNIL. Il se prépare à vivre des semaines intenses pour l’organisation des festivités de la COP 21.

Guilhem SERRE : Etudiant en 1ère année HEC. Depuis un an, il s’occupe de la présence d’OIKOS sur les réseaux sociaux et gère le portefeuille d’activités des conférences.  Pour la préparation de la semaine COP 21, il apporte toute son aide.

 

HEConomist – Commençons par éluder les questions d’actualité. Le scandale Volkswagen, on en parle chez OIKOS ?

L : On n’en parle pas énormément. Mais évidemment, il faut reconnaitre que c’est un scandale qui fait beaucoup parler. Nous sommes plus dans une démarche de sensibilisation et de proposition de solutions sur des thématiques liées à l’économie verte. Si le scandale Volkswagen peut aider à faire prendre conscience aux personnes des problématiques d’économie verte, nous ne nous en privons pas.

G : Si je peux rajouter un point, il est clair que nous essayons de mobiliser les étudiants à prendre conscience des enjeux environnementaux à venir. Nous sommes conscients que ce soit les étudiants en HEC ou d’autres facultés,  nous serons amenés à occuper des postes à responsabilités et il est donc nécessaire d’informer ces futurs décideurs pour qu’ils puissent prendre à l’avenir des décisions durables. Pour résumer, parler du scandale c’est bien, mais c’est moins axé sur notre mission de sensibilisation aux problématiques du développement durable.

 

HEConomist – Que pensez-vous donc de la prise de conscience générale sur la sauvegarde du climat ?

G : Je crois que notre génération a pris conscience qu’on vit dans un système qui ne fonctionne plus et qui montre beaucoup de limites que ce soit dans l’économie ou dans la consommation. Par conséquent, notre génération commence à intégrer le fait que la durabilité n’est plus un choix ou une option mais bien une évidence. Par exemple, l’année dernière, pour notre conférence « Sustainability is sexy », nous avons invité Nespresso et Lush, deux multinationales très connues dans le monde. Le message qu’elles ont délivré était qu’elles n’avaient plus le choix que de se tourner vers la durabilité.

L : Antoine de Saint Exupéry disait : « on n’hérite pas la terre de nos ancêtres, on l’emprunte à nos enfants ». Cette phrase résume nos propos. Le développement durable pour les générations futures est un impératif !

 

HEConomist – Quels sont pour vous les enjeux sociaux et environnementaux du dérèglement climatique ?

G : Les enjeux sont de l’ordre du social, environnemental, économique et bien évidemment mondial. Du moment où on s’intéresse à l’environnement, on est caricaturé comme étant des sortes d’hippies, voire des extrémistes. Nicolas Hulot disait récemment que si on dépassait la barre des deux degrés de plus en moyenne, on courrait vers des catastrophes irréversibles. Rien que pour ça, toute la terre est concernée. Ensuite, la durabilité touche le social. Nous avons pris conscience que les ressources ne sont pas inépuisables et donc nous sommes amenés à revoir nos modes de consommation.

 

HEConomist – On a eu le protocole de Kyoto et maintenant la COP 21. Pensez-vous qu’on arrivera à trouver des solutions durables dans la lutte contre les dérèglements climatiques ?

L : Il faut avouer que le protocole de Kyoto est un échec. Les Etats n’ont pas réussi à tenir leurs engagements. Si on prend par exemple, l’Inde qui est un pays en voie de développement, il a du mal à restreindre la voilure de son expansion économique au détriment de son environnement. Le pays est surtout tourné vers la croissance économique et comment améliorer les conditions de vies de ses citoyens indépendamment des questions environnementales. Donc on assiste souvent à des négociations internationales où chaque pays attend que les autres fassent le boulot à sa place.

Concernant la COP21, c’est un débat et des négociations avec les principaux acteurs mondiaux. Elle est cruciale parce que si on échoue à Paris, la prochaine conférence sur le climat sera encore plus contraignante parce qu’il faudra rattraper les engagements non tranchés à Paris et les suivantes.

 

HEConomist – Peut-on encore être climatosceptique de nos jours ?

L : Il faut vraiment vouloir vivre avec des ouillères ou être totalement hermétique aux informations pour ne pas se rendre compte que la sauvegarde du climat est un enjeu majeur.

 

HEConomist – OIKOS en tant qu’association étudiante, présentez-nous OIKOS ?

L :   OIKOS Lausanne est un chapter, une sorte de filiale d’OIKOS International qui regroupe plus de quarante-cinq chapters à travers le monde. Le siège d’OIKOS se trouve à Saint-Gall. La filiale OIKOS Lausanne est assez jeune parce qu’on a été constituée fin 2012. Tout a débuté par des petites conférences en comité réduite sous la thématique de l’entreprenariat social : « Maximiser l’impact sociétal au détriment de la maximisation du profit ». Enfin, nous sommes devenus très populaire grâce à la bourse aux livres. Actuellement, nous travaillons sur une Ecomap des adresses de restauration et de consommation bio sur Lausanne. C’est un projet en développement supervisé depuis le siège à Saint-Gall.

 

HEConomist – Les pays se réunissent au sein de la COP 21, que fait concrètement OIKOS pour faire avancer la cause de la durabilité ?

G : Concernant la COP 21, OIKOS participe à un projet qui regroupe cinq associations : UNIPOLY, Ingénieurs du monde (IDM), One TREE for Climate, MUN EPFL et OIKOS. Ainsi, nous allons mener des actions coup de poings afin de sensibiliser les étudiants aux débats à venir dans le cadre de la COP 21.

 

HEConomist – Quels acteurs mobilisez-vous et comment ?

G : En premier lieu, nous avons des sponsors qui interviennent très régulièrement dans le cadre de nos activités. Ensuite, nous faisons intervenir des personnalités diverses dans nos conférences et Workshops. Le choix de ces personnalités prend en compte leurs statuts, leurs professions et la manière dont elles exercent leurs professions. L’idée est toujours de trouver des personnalités portant un message en plus d’être actives sur le terrain de la durabilité. En résumé, des exemples concrets  pour la société !

 

HEConomist – Quels messages vous souhaitez faire passer aux étudiants ?

G : Si nous prenons par exemple la conférence « Sustainability is sexy », le message qu’on souhaitait délivrer aux étudiants avait trait au fait que même les grosses multinationales, très renommées ont un impératif de durabilité. Donc, l’idée est de dire qu’il y a du business à faire dans la durabilité. Il y a d’énormes opportunités à saisir dans la cause du développement de l’économie verte.

L : Pour résumer nos messages en deux phrases : On peut gagner de l’argent tout en étant responsable envers l’environnement et les droits sociaux et enfin, le développement durable peut être une opportunité pour l’économie. Voilà les deux messages fondamentaux qu’on souhaite délivré à notre auditoire.

 

HEConomist – Quel regard portez-vous sur l’engouement des étudiants sur les problématiques liées à la durabilité ?

L : De prime abord, mettre ensemble HEC et développement durable dans la même phrase, on serait tenté de dire que quelque chose ne colle pas. Mais avec les cours, les moyens qui sont mis en place au sein de l’université en termes de sensibilisation et les actions d’OIKOS, on peut essayer de regarder les choses avec un regard positif.

G : A mon avis, il ne faut pas minorer ou être trop sévère sur l’impact de nos actions de sensibilisation sur les étudiants. Au niveau d’OIKOS, nous avons des retours très positifs d’étudiants enthousiastes à l’idée de voir l’université soutenir et mettre en place des initiatives sur la durabilité. A la suite de nos conférences, les retours sont généralement très positifs. Donc je pense que de plus en plus d’étudiants sont sensibles à la cause de la durabilité.

 

HEConomist – Si on devrait rester factuel, sur une échelle de 1 à 5, où placez-vous le curseur de l’engouement ?

G : En HEC, je dirais un ou deux ! Si un devait se donner un objectif, je dirais toujours plus. (Rires)

 

HEConomist – Imaginons que le recteur de l’UNIL vienne vous voir demain pour un projet phare sur la durabilité engageant l’UNIL. Que lui proposez-vous ?

G : Pleins de choses. Mais nous avons par exemple un projet de gourde sur lequel nous sommes en train de travailler actuellement. Il serait une sorte de bannière sous laquelle se retrouverait toute la communauté militante pour la cause de la durabilité.

 

HEConomist – Pour revenir à la COP 21, quel agenda communiquer à nos lecteurs et la communauté estudiantine ?

L : On a décidé en concertation avec les autres associations citées plus haut de mettre en place  une semaine de sensibilisation à la COP 21. Ce sera une semaine avant la vraie semaine de la COP 21, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Pour cette semaine de sensibilisation, du lundi au vendredi, il y aura des activités. Nous tiendrons des stands à l’esplanade de l’EPFL, devant la Banane et au Géopolis. Chaque midi, sur ces différents points de rencontre, il y aura des jeux concours, des activités, etc. pour sensibiliser les étudiants. Il y aura aussi des dépliants informatifs pour les étudiants qui souhaitent en savoir plus sur la COP 21.

En parallèle de ses activités, nous organiserons des conférences pour sensibiliser les étudiants. OIKOS organisera une conférence sur la thématique « Politique climatique ». On essaiera d’aborder au travers de cette conférence, les outils à disposition des politiques pour contraindre les entreprises à respecter les normes environnementales dans leurs procédés de production. Il y aura comme intervenants, Isabelle Chevalley (Conseillère nationale pour les Verts libéraux) et Jean-Claude Keller (Ingénieur EPF et physicien).

 

HEConomist – Finissons donc cet entretien sur cette belle phrase : « Driving future leader’s minds towards sustainbility » Où en êtes-vous ?

L : (RIRES) ! Dans le cadre de nos activités, on a saisi énormément d’opportunités de rencontrer à travers diverses instances de rencontrer de grands leaders qui se positionnent pour la durabilité dans le monde. Pour vous donner un exemple, on participe maintenant au G21 qui est une sorte de World Economic Forum axé sur la thématique de la durabilité.

 

HEConomist – Merci de nous avoir reçu et avoir partagé avec nous vos actions pour la semaine de la COP 21.

Nous rappelons à nos lecteurs, qu’ils pourront retrouver les détails de la programmation de cette semaine exceptionnelle sur les affiches placardées un peu partout sur le campus.

 

Audrey Cestier et Jean Gafan