Le Venezuela, au bord du défaut de la cessation de paiement


Selon le FMI (Fonds monétaire International), le climat d’instabilité qui frappe le Venezuela n’est pas tenable à moyen terme. Entre instabilité politique et économie désastreuse, le pays est au bord de l’implosion.

Contexte économique

Le Venezuela possède la plus grande réserve de pétrole au monde ! Un avantage incontournable…mais insuffisant. Le pays a reposé l’entièreté de son économie sur l’exportation de « l’or noir », laquelle a représenté jusqu’à 97% de sa devise. Cette dépendance excessive au pétrole entraine peu à peu le pays dans l’abîme, ses revenus fluctuant au gré des variations boursières et des crises pétrolières, de quelques 80 milliards de dollars en 2013 à 25 milliards de dollars en 2015.

De plus, le gouvernement vénézuélien n’encourage pas les entrepreneurs à agir et ralentit par conséquent la diversification de son économie. Les retards sont considérables sur tous les plans : production agricole, production de biens de consommations…

Le pays doit donc recourir à l’importation d’un grand nombre de produits de première nécessité, et ceci en quantité croissante. Du fait du manque actuel de devise, la pénurie des matières premières essentielles pour subvenir aux besoins de toute la population entraine de fortes tensions sociales.

Contexte énergétique

L’énergie du pays provient de l’hydraulique à hauteur de 70%. Néanmoins, l’absence d’entretien par le gouvernement des infrastructures en place ainsi que les conditions climatiques très sèches ont rendu inexploitables la plupart de ces dernières, menant indubitablement à une crise énergétique.

Contexte politique

Depuis décembre 2015, les élections législatives ont abouti à une cohabitation houleuse entre le président Nicolas Maduro, fervent défenseur du chavisme, et le parlement appartenant désormais majoritairement à l’opposition. Suite à de nombreuses distorsions, la commission électorale nationale a décrété le 21 septembre 2016 que la volonté de l’opposition de suspendre le président par référendum révocatoire ne pourra avoir lieu avant 2017.

De plus, ce référendum aura lieu seulement si la coalition de l’opposition arrive à réunir 20% de la population totale en signature d’ici le 28 octobre.

 

« The New Switzerland »


En avril dernier nous vous parlions, comme de nombreux autres journaux, des Panama Papers, ce scandale fiscal hautement médiatisé qui avait mis en pleine lumière plus de 214’000 sociétés offshore ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés. L’affaire, dont vous pouvez voir ou revoir les détails ici, a suscité de nombreux débats, notamment en Suisse où le secret bancaire a déjà entamé sa marche vers l’échafaud après la loi du 18 décembre 2015 portant sur l’échange automatique de renseignements (EAR).

À plus grande échelle, cinquante-six pays ont signé l’échange automatique d’informations (AEOI) qui rentrera en vigueur le 1er Janvier 2017 suivit par quarante-deux autres pays en 2018 (dont la Suisse). L’AEOI, mis en place par l’OCDE, obligera les banques à divulguer les noms des personnes physiques qui se cachent derrière les sociétés dîtes offshore, rendant impossible toute dissimulation aux yeux des administrations fiscales.

Parmi les signataires de l’AEOI, on retrouve les Îles Caïmans, les Îles Vierges, les Bermudes mais également les Bahamas qui sont au cœur d’une nouvelle polémique ces deux derniers jours.

En effet, les « Bahamas Leaks » font état d’environ 175’000 sociétés enregistrées dans ce paradis fiscal opaque depuis 1990, levant délicatement le voile sur l’identité des actionnaires de ces sociétés écrans. Une fois n’est pas coutume, de multiples personnalités politiques seraient impliquées dans l’affaire comme l’ancienne commissaire européenne Neelie Kroes ou encore le ministre des finances canadien Bill Morneau. Affaire à suivre donc.

A l’aube d’un nouvel ordre mondial régit par l’AEOI et à la lumière des différents scandales et autres « Offshores Leaks », tâchons de savoir à qui profite le crime. Pour cela, il faut rappeler un fait relativement peu mis en lumière : les États-Unis ont joué un rôle clé dans la lutte contre la fraude fiscale durant ces dernières années. Souvenons-nous de l’amende record de 5 milliards payé par la Suisse aux Etats-Unis en 2013 pour avoir « aidé » des ressortissants américains à évader le fisc. Mais nous retiendrons surtout la pression exercée par les Etats-Unis sur le reste du monde en matière de fraude fiscale et ce, depuis une dizaine d’année.

Seulement voilà, les Etats-Unis ne sont pas signataires de l’AEOI : ils ne sont donc pas sujet aux standards de transparence fiscale qu’ils ont eux-mêmes contribué à édicter avec les autres pays de l’OCDE. Un constat amer pour Marc Béguin, avocat fiscaliste Genevois, qui dénonce « un scandaleux double jeu » (Le Temps). Le résultat est sans appel : Bloomberg évoque un mouvement de fond des avoirs privés vers les Etats-Unis, plus particulièrement dans le Nevada, le Wyoming ou le Dakota du Sud, devenus en quelques temps les destinations préférées de tous les évadés fiscaux.

“That ‘giant sucking sound’ you hear? It is the sound of money rushing to the USA.”

Peter A. Cotorceanu – Cabinet Anaford AG, Zurich.

 

François Hollande élu « Homme d’Etat mondial » de l’année.


Le Président de la République Française, en baisse dans les sondages, s’est vu décerné le lundi 19 septembre le prix de « l’Homme d’Etat mondial » de l’année 2016, par ‘’l‘Appeal of Conscience Foundation ‘’. Cette distinction lui a été remise lors de son déplacement à New York, par le rabbin Arthur Schneier et en présence du célèbre Henry Kissinger. Selon la fondation, le prix récompense « son leadership dans la sauvegarde de la démocratie et de la liberté dans un moment d’attaques terroristes et pour sa contribution à la stabilité et à la sécurité mondiales ». Le Président français a tenu à rendre hommage aux victimes du 11 septembre 2001 durant son discours, par quelques mots en anglais. Il a également ajouté : « ce qui fait une femme ou un homme d’Etat, c’est finalement de savoir prendre les décisions utiles pour son pays et pour la planète ».

‘’L ‘Appeal of Conscience Foundation’’ est une fondation américaine qui rassemblent des responsables spirituels et des entrepreneurs. Elle a pour but de promouvoir « la paix, la tolérance et la résolution des conflits ethniques ». Durant son intervention, le président de la fondation a déclaré : « la détermination de la France à combattre l’antisémitisme, ainsi que toutes les autres haines envers les religions, est totale !… Avec ce prix vous rendez hommage à la France ».

Derrière le chef d’Etat français se cache-t-il un autre François Hollande, dont on ignore l’impact des décisions à l’échelle mondiale ? Toujours est–il qu’il rejoint à cette occasion Nicolas Sarkozy (2008) et David Cameron (2015), eux aussi titulaires du prix de « l’homme d’État mondial », sur le banc des grands leaders incompris.

Marie-Charlotte Launay, Hadrien Lapierre & Solène Ekouda