Demain à 18h, M. Jean-Loup Chappelet donnera une conférence, organisée par le Comité HEC, intitulée : « Les Jeux Olympiques, mais à quel prix ?« . L’équipe HEConomist est allée à sa rencontre afin de lui poser quelques questions sur son parcours et ses travaux.


En guise d’introduction, pouvez-vous, en quelques mots, vous présenter ?

Je suis professeur de management public à l’IDHEAP depuis 1993. J’ai assisté à presque tous les Jeux Olympiques d’été depuis 1972 et d’hiver depuis 1980 (où j’étais volontaire). A Rio, en 2016, j’ai participé à ma vingt-et-unième cérémonie d’ouverture. J’ai fait mes études en France (Montpellier) et aux Etats-Unis (Cornell).

Quel est votre parcours professionnel ?

Avant l’IDHEAP et l’UNIL, j’ai travaillé à l’ambassade de France à Pékin comme attaché scientifique, au CIO comme chef du Département MIS et chez KPMG comme consultant senior.

Le 3 novembre, vous viendrez parler à l’Université de Lausanne des impacts sociaux, géopolitiques et économiques des Jeux Olympiques. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous étudiez ce sujet ?

Ce sujet est central afin que des villes (suisses, par exemple) puissent se lancer dans une candidature aux JO ou pas : est-ce que cela vaut le coup/coût d’organiser les Jeux ?

Sans trop en dévoiler sur la conférence de jeudi, que pouvez-vous nous dire des résultats de vos recherches ?

Il y a un impact positif, mais ce n’est pas celui auquel on pense généralement.

Que nous apportent les Jeux Olympiques dans notre société moderne ?

Ils apportent à la génération qui les organise (directement ou indirectement, ou comme volontaire) -plus de 100’000 personnes pour les JO d’été – une expérience professionnelle forte qui peut être utilisée par la suite. Avant et pendant les Jeux, on peut compter sur un impact économique fort, proportionnel aux dépenses faites dans le fonctionnement et l’investissement olympique.

Selon vous, quelle partie est souvent oubliée lors d’un évènement de cette ampleur ?

On ne prévoit pas assez l’usage du patrimoine qui sera être laissé par les Jeux (installations, parcs, habitations…)

Que pensez-vous des problèmes phares des JO de Rio ? (Budget insuffisant pour les paralympiques, problèmes d’infrastructures…)

Beaucoup de petits problèmes ont occulté la réussite globale des Jeux Olympiques de Rio alors qu’ils avaient été rencontrés dans d’autres éditions des Jeux.

Si on laisse de côté la question du dopage (avant les Jeux), le principal vrai problème était le nombre de place vides durant les compétitions. En effet, les billets ne se sont pas tous vendus car ils étaient trop chers pour les Brésiliens.  La perte de revenus consécutive du COJO, causée par les infrastructures d’accueil trop importantes, ont obligé les organisateurs à dimensionner à grand frais ces équipements.

Cette année une équipe de réfugiés a participée aux JO. Quelle portée ce geste peut-il avoir sur les problèmes de ce monde ?

Cette action était surtout symbolique, afin de rappeler que les réfugiés sont un drame quotidien.

Avez-vous un conseil à donner aux étudiants d’aujourd’hui ?

Il y a de vrai défis olympiques. Participez aux Jeux de la jeunesse d’hiver à Lausanne en 2020 (par exemple comme volontaires) ! Réfléchissez à des Jeux en Suisse, un jour !


Toute l’équipe HEConomist remercie encore une fois M. Chappelet pour avoir répondu à nos questions. N’oubliez pas, demain à 18h, la conférence du Comité HEC ! Plus d’informations ici.

Arthur Chedozeau