ROGUE ONE: A STAR WARS STORY
1.0Note finale

De Gareth Edwards


Sortie au cinéma le 14 décembre 2016 – Durée 2h14

 

Par Alexia Malige

Rogue One: A Star Wars Story

 

La force s’est réveillée une fois de trop. Dramatique résurrection qui pousse à la rébellion.

Comment a t-on pu passer de la saga Star Wars à…cela ?! Spin-off ridicule, poussif et limite parodique, Rogue One est un échec sur toute la ligne. Du casting désastreux au scénario soporifique, ce nouvel espoir (après Star Wars VII) s’est de nouveau envolé. Une déception de plus pour les fans, qui auront de quoi pleurer. La bataille tant attendue devant l’écran se révèle en réalité être la lutte entre votre cerveau et vos paupières. L’un est motivé, les deux autres désespérées. Par respect pour George Lucas, vous trouvez malgré tout la force de continuer.

 

Le choix des acteurs… Le choix des acteurs ! Pourquoi, dans un film de cette envergure trouve t-on des acteurs aussi mauvais ? Telle est la question. Felicity Jones est l’incarnation même de la désincarnation. Totalement fade et fausse, on ne croit pas une seule seconde à son histoire. Tout semble récité, sur joué, mal-amené. Une poésie idéologique qu’elle récite sur le même ton. Un ton qui pourrait facilement pousser à la dépression, tellement sa linéarité est triste. Mais l’interprète de Jyn est loin d’être la seule à tourner en sous-régime. Le grand Forest Whitaker réalise probablement la pire performance de toute sa carrière. Comme Marion Cotillard subit sa mort dans Batman, lui aura son apparition dans Rogue One. Erreur de parcours, ô combien tragique, mais que l’on tâchera de vite oublier. Heureusement, Mads Mikkelsen vient sauver l’art cinématographique en apportant un peu de profondeur et d’intensité à son personnage. Dommage que le personnage en question soit quasiment inexistant. Petit point bonus également pour Diego Luna, qui, au côté de l’actrice principale, brille par son talent. Ses paroles sonnent plutôt juste et sa crédibilité est à considérer favorablement.

 

Si les acteurs ne sont pas à la hauteur, leurs personnages non plus, à vrai dire. Il y en a beaucoup trop, et tous sont visités de façon superficielle. On ne connaît rien d’eux, de leur vie, de leurs sentiments. Ils apparaissent juste comme des enveloppes charnelles qui recouvrent un cœur régit par la robotique. Aucune attache n’est alors possible. Et sans attache, comment entrer pleinement dans le film ? L’identification et l’empathie sont des éléments essentiels de liaison entre le spectateur et le personnage. Si la construction du film ne le permet pas, alors la projection se résume à un défilé de jolies images sans saveur. C’est le cas ici. Gareth Edwards nous sert un condensé d’effets spéciaux déshumanisé, qui manque cruellement d’âme et de chaleur.

 

Le scénario, si vide et pourtant si long de Rogue One se résume en une phrase : trouver les plans de l’étoile noire. Plus de deux heures d’interminables recherches que l’on a hâte de voir aboutir. Non pas parce que la structure architecturale de l’appareil nous intéresse. Simplement pour pouvoir mettre un terme à ce long supplice ponctué de tirs, d’explosions et de bagarre en tout genre.

 

Un petit coucou de R2D2, furtif mais bien réel, nous rappelle quand même qu’il fut une époque où la saga était grandiose. Aujourd’hui Star Wars n’est plus qu’une franchise médiocre et surexploitée. Un succès planétaire d’autrefois qui s’éteint maintenant à petit feu.

 

PS : si vous tenez tout de même à aller voir Rogue One, que la force soit avec vous !

 

Alexia Malige