La plus grande IPO ?

Allons-nous assister à la plus grande introduction en bourse de tous les temps ? Aramco, connue pour être la plus grande entreprise pétrolière au monde, souhaite lever du capital sur les marchés publics en 2018. L’entreprise étatique est évaluée à 2’000 milliards de dollars américains selon l’Arabie Saoudite, faisant d’elle tout simplement la plus grande entreprise jamais évaluée !

A ce prix, le géant de l’or noir pourrait s’offrir deux fois Apple Inc. ainsi qu’Alphabet Inc. (maison-mère de Google, ndlr). Si seulement c’était vrai… En effet, les analystes de Bloomberg se sont penchés sur le cas Aramco et ne lui accordent une valeur pas plus importante que 400 milliards de dollars, même sous plusieurs scenarii de taxation. A ce niveau, le pétrolier tomberait au 6ème rang de la plus grosse valorisation, derrière notamment Amazon de Jeff Bezos et Berkshire Hathaway du talentueux Warren Buffett.

Cependant, les informations émises par le gouvernement saoudien restent floues concernant cette introduction en bourse. Une valorisation d’entreprise est sensible à énormément de variables. Dans le cas Aramco, un interne avoue que cette dernière serait survalorisée par l’Etat car les taxes sur les opérations de l’entreprise sont énormes et les futurs investisseurs auraient très peu de pouvoir concernant les principales décisions à prendre. Toujours est-il qu’en vendant comme attendu 5% de son capital, Aramco prendrait la première place des IPO (initial public offering) avec un montant de 25 milliards de dollars, juste devant The Alibaba Group.

Et ensuite ? Même avec ses 261 milliards de barils en réserve, l’Arabie Saoudite doit se préparer à l’avenir. Selon les experts, le pays pourrait vivre du pétrole pendant les soixante-trois prochaines années. Plus grande IPO ou pas, le pays devra diversifier ses activités afin de ne pas s’écouler au rythme des ventes de son précieux pétrole.

 

Antoine Mathieu

Le cannabis « light » et légal séduit en Suisse !

Substance prohibée la plus consommée, on estime à 200’000 le nombre de consommateurs actuels en Suisse, et près d’un tiers de la population helvétique âgée de plus de 15 ans aurait déjà expérimenté : nous parlons bien sûr du cannabis.

Voilà une information qui devrait ravir certains étudiant. Le chanvre contenant moins d’1% de THC (tétrahydrocannabinol : la principale substance responsable des effets pharmacologiques du cannabis) est vendu en Suisse en vente libre depuis fin 2016.

Les ventes ont explosé depuis le début de cette année. Ayant le même gout et la même odeur que le cannabis, ce produit connaît un large succès auprès de personnes de tout âge, particulièrement chez les trentenaires. Avec un taux faible de THC, le produit possède les mêmes caractéristiques odorantes que le cannabis « normal » mais n’a pas d’effet néfaste sur la concentration pour ces jeunes cadres qui ne peuvent se permettre des états de défonce au travail, ou même en famille.

De plus, le succès de ce produit est dû à sa forte concentration en CBD, qui génère un effet relaxant. Une vingtaine d’enseignes profitant de l’occasion ont ouvert leurs portes partout en Suisse, Green Passion à Zurich, Hanfteke à Berne ou encore Dr Green à Lausanne.

La vente du chanvre CBD est parfaitement légale. Cependant, plusieurs instances dont l’Office fédéral de la santé imposent certaines conditions de vente dont notamment l’interdiction des promesses de guérison. La Suisse fait figure d’exception puisque les produits vendus dans le reste de l’Europe ne doivent pas contenir plus de 0.2% de THC.

Le prix de ce produit 100% bio et suisse varie en fonction de l’herbe, mais se vend en moyenne à 10 francs le gramme, ce qui reste assez cher pour pouvoir espérer réduire le marché noir. A terme, ce prix pourrait diminuer si l’offre continue de croitre.

Othmane Lamrani

Pour plus de détails :

Petits cailloux et lance-roquettes

Si certains secteurs connaissent des heures difficiles depuis quelques années, ce n’est certainement pas le cas du marché de l’armement, en plein essor depuis 10 ans.

En effet, le rapport de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI) nous procure des éléments d’analyse troublants : on constate par exemple une hausse de 8,4% en cinq ans, de 2012 à 2016, des ventes d’armes dans le monde. La tendance baissière suivant la chute du Mur de Berlin et l’éclatement de l’URSS s’est fébrilement inversée au début du millénaire et n’a cessé d’augmenter depuis.

L’arrivée de l’Asie sur la table de jeu a considérablement changé la donne. Rappelons que la Chine a augmenté son budget militaire de 132% en 10 ans, passant de 6ème à 3ème plus gros vendeurs d’armes du monde. Un chiffre qui n’étonne qu’à moitié lorsque l’on sait que l’Empire de Milieu vend désormais massivement des armes au Pakistan, au Bangladesh, et à la Birmanie.

On note également que l’Inde s’est hissée au sommet du classement des importateurs d’armes mondiaux (+43% en cinq ans) en raison justement de la hausse des tensions frontalières avec ses voisins pakistanais et chinois. Elle est suivie par l’Arabie Saoudite, qui totalise une hausse de 212% dans ses importations sur la même période.

Les Etats-Unis restent les plus gros pourvoyeurs d’armes avec plus de 33% des parts de marchés pour plus de 100 pays clients, loin devant la Russie (23%). France, Allemagne et Grande-Bretagne viennent se positionner en 4ème, 5ème et 6ème position respectivement. Paris conserve ainsi son influence sur le marché, grâce notamment au Rafale de Dassault.

 

En somme, pas de doute : le monde s’arme. À l’heure de Daech, de l’Ukraine ou encore de la Corée du Nord, plus question de parler de monde bipolaire divisé entre Etats-Unis et Russie. Malgré les gémissements de Donald Trump qualifiant l’OTAN « d’obsolète », il semblerait que nous nous dirigions vers une ère dangereusement multipolaire où la supériorité technologique de l’Occident est de plus en plus contestée.

 

Hadrien Lapierre