The Lost City of Z
3.5Note finale

De James Gray


Sortie au cinéma le 15 mars 2017 – Durée 2h21

 

Par Alexia Malige

Un trésor aux couleurs ternes

 

L’aventure avec un grand A. The Lost City of Z, c’est ça. Un voyage, un espoir, puis finalement la quête de toute une vie. James Gray nous embarque au fin fond de l’Amazonie, vaste terre de tous les dangers où le moindre être vivant a le pouvoir de tuer. La tension, l’adrénaline, la peur et l’émerveillement, tout est là pour nous plonger dans un autre monde. Dommage que l’on n’y reste pas plus longtemps.
Car malgré des séquences dans la forêt vierge extraordinaires de force et de beauté, le reste du film souffre d’un rythme trop lent et insipide.

Le fameux explorateur britannique, Percy Fawcett (Charlie Hunnam) a beau être fascinant, il ne suffit pas à sauver les moments plats. A chaque retour en Angleterre, la narration s’écroule et on s’ennuie ferme. L’histoire sombre dans la banalité et se cloître dans un sentimentalisme forcé. Sienna Miller en fait trop. Son jeu est excessif et devient exaspérant. Très vite, la voir devient pénible. On en vient même à comprendre pourquoi le jeune aventurier préfère les piranhas à sa femme.

Robert Pattinson, à l’inverse, propose une interprétation de grande qualité. Il est la vraie bonne surprise du film. Son rôle aurait d’ailleurs gagné à être un peu plus développé, avec ce petit côté mystérieux et torturé qui est très touchant. Jamais surexposé, il tend à rester dans l’ombre. Son personnage est assez discret, voire effacé, mais c’est probablement le plus intéressant après Percy Fawcett.

Indépendante des acteurs et de leur histoire, la photographie est, elle, enchanteresse. Toute la puissance de la jungle et de ses habitants est captée et retranscrite à la perfection. L’ambiance est calme et paisible. The Lost City of Z se laisse porter au fil de l’eau, tel un bateau naviguant sur ce fleuve silencieux et menaçant, et l’on suit le mouvement. La magie ne cesse jamais d’opérer. Et cet envoutement dont est victime Percy, finit par nous attraper nous aussi. On tombe inévitablement amoureux de ce paysage verdoyant et sans limite, dont l’immensité effraie pour mieux impressionner.

Finalement, The Lost City of Z gagne en beauté ce qu’il perd en profondeur. Un équilibre qui parvient globalement à fonctionner, tant que Sienna ne s’assoit pas sur la balance. On garde en tête toute la magnificence et l’on en oublie la somnolence.

 

Alexia Malige