A Bras Ouverts
1.0Note finale

De Philippe de Chauveron


Sortie au cinéma le 5 avril 2017 – Durée 1h32

 

Par Alexia Malige

A bras ouverts : un film étouffant

 

Après le succès de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu, le raté de A bras ouvert. Philippe de Chauveron semble avoir perdu foi au bon cinéma et se contente d’une comédie pittoresque et ridicule. Dommage, car le plan était pourtant parfait. Un film sur les Roms, il fallait oser !

Ils sont voleurs, menteurs, sales, idiots et traditionnalistes. Lui est écrivain gauchiste, hypocrite, politicien et très riche. Des clichés à la pelle, cherchant désespérément à créer un effet comique, mais qui ne sont finalement que pathétiques. Si dans son film précédent, le réalisateur était parvenu à tourner les stéréotypes et les amalgames en dérision, il n’arrive ici qu’à les rendre plus effroyables.

Il se plonge dans un scénario paresseux, pachydermique et parsemé de blagues poussives. On ne rit pas, on s’ennuie, on dépérit. Les gens du voyage, qu’il nous fait découvrir, sont effrayants et hautement antipathiques. De grossières caricatures sans charme et sans saveur, qui énervent plus qu’elles n’attendrissent. Entre dents pourries, animaux de compagnie douteux et caravane crasseuse, on retrouve ce qu’on a tendance à rejeter chez les Roms, pas ce qu’on pourrait apprécier. Une question reste alors en suspens : qu’apporte vraiment ce film ?
D’ailleurs, à trop se rouler dans les lieux communs, Philippe de Chauveron se brûle. Des Roms chantonnant dans le métro face à des parisiens angoissés de perdre l’ouïe ne suffisaient visiblement pas. On a donc droit en bonus à la romance adolescente type série B, à l’artiste riche, coincée et perchée, puis à une partie d’adultère peu crédible et terriblement navrante. Sans oublier une crise de foie taupière. De quoi se jeter par la fenêtre (heureusement, les salles de cinéma en sont dépourvues).

Quant au casting, il offre le mariage idéal entre le meilleur et (surtout) le pire. Elsa Zylberstein et Christian Clavier sauvent (étonnamment) les meubles. Elle, avec sa folie douce, lui avec son humanisme paradoxal. Ary Abittan reste égal à lui-même : énervant et excessif. Arrive le drame… la doublette fatale. Marc Arnaud et Cyril Lecomte. L’écrivain réac’, égoïste et stigmatisateur d’un côté, un faux Rom travaillé à l’accent marseillais de l’autre. Tout les sépare mais ils partagent pourtant un « talent » commun : ils ne savent pas jouer. D’une exagération permanente et rapidement lassante, ils espèrent faire ressortir des idées fortes de leurs interprétations. Il n’en ressort malheureusement rien, si ce n’est de l’exaspération.

La fin du film aurait dû être une délivrance, mais, là encore, la déception est de mise. Un dénouement apocalyptique pour une histoire qui ne l’est pas moins. Une seule chose à dire : « s’il vous plait, arrêtez » !

 

Alexia Malige