L’eSport, un vrai sport ?

Les participants rentrent dans l’arène sous les acclamations des dizaines de milliers de spectateurs présents. Une image qui pourrait faire penser aux antiques gladiateurs dans les arènes romaines mais qui, ici, paraît digne d’un film de science fiction. Pourtant, le sport virtuel est bel bien en train de faire sa place dans le domaine du divertissement mais surtout du sport.

Loin de l’image du sportif sculpté suant dans son effort, les champions d’eSport ont désormais accès à la lumière des projecteurs.

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’eSport et s’il devrait être considéré comme un sport au même titre que ceux qui sont davantage physiques ou palpables. Pour situer, l’eSport nécessite davantage d’habilité motrice que le bridge et des réflexes plus poussés que le billard. L’effort physique et le sport sont liés mais ne se déterminent pas l’un l’autre. Le débat a parfois aussi lieu sur l’aspect virtuel du sport mais, dans tous les cas, que vous le vouliez ou non, l’eSport est sur la bonne voie pour être considéré comme tel.

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Mais peut-on vivre de l’eSport ?

En Europe, ou plus particulièrement en Suisse, il est difficile si ce n’est impossible de pouvoir vivre pleinement de l’eSport sans faire partie de son élite mondiale. Les structures et sponsors ne permettent que de rembourser certaines dépenses et ne couvrent pas toujours les frais de déplacements qui représentent parfois des sommes importantes pour les joueurs.

Ailleurs, aux Etats-Unis, en Chine ou en Corée du Sud, où l’eSport est roi, les championnats régionaux et internationaux voient certains prix atteindre plusieurs millions de dollars !

A la différence d’ici, certains pays comme la Corée du Sud ont constitué une structure performante pour l’eSport. La discipline est reconnue, le géant Samsung est représenté par une des meilleures équipes mondiales et la diffusion est assurée, notamment avec des chaines télévisées dédiées, avec leurs propres commentateurs et analystes comme dans tout sport qui passionne les foules. De plus, le fait de tricher ou de créer un logiciel de triche pour un jeu vidéo peut être sanctionné d’une peine de prison allant jusqu’à 5 ans. Comme une porte ouverte pour le reste du monde, l’eSport sera d’ailleurs présent aux Jeux Asiatiques de 2018 et des médailles pourront être remportées dans cette même discipline lors de l’édition 2022. Le comité de Paris 2024 s’est même annoncé ouvert à l’idée d’inclure l’eSport lors des Jeux olympiques, donnant ainsi une portée internationale à cette jeune discipline.

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Quid de la situation en Suisse ?

En mai dernier, l’Association Genevoise des Sports a reconnu la Geneva E-sport Federation parmi les siens et le Département de l’Instruction Publique du même canton envisagerait d’intégrer ce sport dans les cursus sport-études.

Et alors que le Lausanne-Sport possède son équipe eSport, Genève Servette est en train de constituer la sienne.

Petit à petit, l’eSport arrive à faire son bout de chemin afin de parvenir à une reconaissance en Suisse. Mais ne vous attendez pas à voir le Lausanne-Sport eSports affronter le Servette Geneva eSports dans un stade plein à craquer, on en est encore bien loin, mais vous me direz qu’en football aussi…

Raphaël Jud