Chaque lundi, HEConomist analyse les tendances et les mots-clés les plus recherchés sur le web cette semaine et vous fait un résumé des points qui ont retenu notre attention.

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The Big Fucking Rocket

Vous avez bien lu, et pour une fois l’étiquette correspond au produit : Elon Musk a présenté cette semaine, lors d’un congrès d’astronautique en Australie, sa vision du futur concernant le voyage sur Mars en révolutionnant au passage le transport longue distance sur Terre.

Rien que ça. Si le nom est pour le moins explicite, le projet en lui-même est d’autant plus ambitieux : envoyer des équipements (principalement de survie) sur Mars dès 2022 afin de préparer les expéditions habitées prévues deux ans plus tard. La mission principale serait donc de trouver la meilleure source d’eau exploitable.
Concernant le financement du projet estimé à dix milliards de dollars, l’inventeur prévoit, entre autres, des missions sur la lune (qui peut le plus peut le moins me direz-vous), des lancements de satellites civils et militaires ou encore des missions de ravitaillement pour l’ISS. Une autre application commerciale (peut-être même la plus lucrative) serait le transport de passagers intercontinental : en quittant l’atmosphère, les fusées BFR seraient capables d’atteindre des vitesses allant jusqu’à 27’000 km/h permettant de relier New-York à Shanghai en 39 min.
De plus, et comme depuis toujours chez SpaceX, le caractère réutilisable de ses lanceurs réduit considérablement les coûts marginaux de chaque lancement faisant de la BFR la fusée la plus économique de l’histoire de l’aérospatiale.

What is so fucking big then?

La principale révolution réside dans la taille de la fusée : 106m de long pour 9m de diamètre, soit bien plus que les 55m d’Ariane 5 (ESA) ou les 70m de Falcon9 (SpaceX) qui propulse actuellement les projets du patron de Tesla. Ainsi, la BFR permettrait d’envoyer une charge utile de 150 tonnes en orbite basse, soit 130 tonnes de plus que les fusées précédemment citées. L’idée est d’ensuite envoyer une ou plusieurs BFR ravitailler la première en combustibles (Méthane et oxygène, qui ont l’avantage d’être bon marché) afin de permettre à celle-ci de rejoindre Mars, confortablement accompagnée de ses 150 tonnes de matériel.

Pour le retour, il est prévu de combiner l’eau glacée présente sur Mars ainsi que le CO2 de son atmosphère pour le transformer en CH4 O2 via la réaction de Sabatier et permettre ainsi à la fusée de retourner sur Terre avec suffisamment de carburant, où elle pourra resservir à d’autres missions.

Si le projet semble tenir la route, beaucoup d’éléments peuvent mal tournés et la majeure partie des technologies citées sont au stade embryonnaire. De plus SpaceX n’est pas spécialement réputé pour sa fidélité au planning, avec plus de 4 ans de retard pour le lanceur Falcon Heavy initialement prévu en 2013.
Tout en restant vague sur les détails technologiques de ses fusées, Elon Musk assure toutefois que la première BFR sera en orbite dans 5 ans : un pari fou lorsque l’on pense que les agences spatiales nationales comme l’ESA ou la NASA n’ont même pas encore envisagé des missions habitées sur Mars. Une chose est sûre néanmoins : Musk n’a pas fini de faire parler de lui !

Hadrien Lapierre

Retrouvez en intégralité la présentation d’Elon Musk sur youtube.

 

Rapport du Forum Economique Mondial : la Suisse a la recette du succès

Le Forum Economique Mondial (FEM) vient de publier son rapport annuel sur la compétitivité mondiale pour les années 2017-2018. La Suisse est classée au premier rang pour la 9ème année consécutive.

L’étude est basée sur l’Indice de Compétitivité Mondiale (ICM) créé en 2005 par le FEM et classe les pays à travers 12 domaines d’analyse différents. On y trouve notamment l’innovation, les infrastructures, l’environnement macroéconomique et la santé.  Cette année, 137 économies ont été étudiées et classées.

«Les pays doivent créer un environnement permettant aux citoyens et aux entreprises de créer, de développer et de mettre en œuvre de nouvelles idées qui leur permettront de progresser et de grandir. » – Xavier Sala-i-Martin, professeur d’économie à l’Université Columbia.

Les données collectées ont soulevé deux problématiques majeures.

Dix ans après la crise, le secteur financier reste vulnérable et instable. Une situation qui devient inquiétante au regard du rôle central que devra jouer le système en vue de soutenir l’investissement dans l’innovation liée à la Quatrième Révolution Industrielle.
La robotisation et l’automatisation des machines soulèvent une problématique supplémentaire : la main d’œuvre.  Il faudra mettre en place des dispositions économiques afin de soutenir les travailleurs durant les phases « palier ». C’est à nouveau avec un système financier stable et renforcé que la transition pourra être menée à bien.

la Suisse a la recette du succès

En se plaçant en tête de classement pour la 9ème année consécutive, la Suisse a l’économie la plus compétitive au monde. L’éducation, le système de santé, l’efficacité des travailleurs et l’innovation font entre autres partie de ses domaines d’excellence.

Elle est suivie des Etats-Unis, de Singapour, des Pays-Bas et de l’Allemagne.

la Suisse a la recette du succès

« La concurrence mondiale sera de plus en plus définie par la capacité d’innovation de chaque pays. La reconnaissance des talents d’un point de vue ressources humaines prendra le pas sur le capital financier et le monde passera ainsi de l’ère du capitalisme à celle du talentisme. Les pays qui se préparent à la Quatrième Révolution Industrielle et qui renforcent simultanément leurs systèmes politiques, économiques et sociaux seront les grands gagnants de la course à la compétitivité de demain » – Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial.

Alessia Di Pietro