Chaque lundi, HEConomist analyse les tendances et les mots-clés les plus recherchés sur le web cette semaine et vous fait un résumé des points qui ont retenu notre attention.

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Siège de l’Unesco à Paris

Jeudi dernier, l’administration Trump a de nouveau porté un coup dur aux Nations Unies en annonçant le retrait des Etats-Unis de l’UNESCO, organe de l’ONU chargé de promouvoir l’éducation, la science et la culture.

La raison ? Elle reproche à l’organisation de mal gérer ses financements mais surtout de prendre parti dans le conflit israélo-palestinien en adoptant une attitude anti-Israël depuis plusieurs années. Tel-Aviv n’a d’ailleurs pas tardé à prendre la même direction quelques heures plus tard.

Conformément aux statuts de l’organisation, les deux pays devront conserver pleinement leurs postes jusqu’à fin 2018. À compter de cette date, l’UNESCO ne comptera plus que 193 membres actifs. Les Etats-Unis conserveront néanmoins un statut d’observateur.

Une relation déjà fragile

Alors que le pays fait partie des Etats fondateurs de l’UNESCO, il quitte la jeune organisation en 1984, quarante ans seulement après sa création. À l’époque, le président Ronald Reagan reprochait le parti pris de l’UNESCO en faveur de Moscou et évoquait déjà le «biais anti-Israël» dont il est question aujourd’hui.

Ce n’est que 18 ans plus tard que le pays reprend son siège au sein de l’organisation. Il tiendra presque 10 ans en tant que membre actif.

Et puis en 2011, lorsque la Palestine, jusqu’alors simple observatrice, devient membre à part entière de l’UNESCO, la réaction des Etats-Unis est sans appel: suspension totale des subventions. Une loi du Congrès interdit en effet le financement de toute entité des Nations Unies qui comprendrait en son sein l’Etat palestinien. Coup dur pour l’organisation onusienne qui s’apprêtait à recevoir un financement de 60 millions de dollars.

Organisation à revoir

Depuis le gèle des financements de 2011, les américains ont accumulé plus de 500 millions de dollars d’arriérés. Deux choix s’offraient ainsi à eux : continuer de cumuler les impayés et devoir y faire face un jour ou l’autre, ou abandonner l’organisme et ses dettes inhérentes et prendre ainsi à nouveau ses distances avec le multilatéralisme…

Un œil neuf et frais est nécessaire afin de remettre de l’ordre dans cette organisation. Cette lourde tâche a été attribuée à Audrey Azoulay, ancienne ministre de la culture de François Hollande qui vient d’être nommée directrice générale de l’UNESCO pour les quatre ans à venir. Elle a notamment déclaré que la « première chose à laquelle elle s’attacherait », si la conférence générale confirme son statut en novembre, serait « de restaurer la crédibilité » de l’organisation « et la confiance des Etats membres ».

Alessia Di Pietro

 

Les automobilistes suisses le savent bien, une « fraude à la vignette », ça peut coûter très cher.

En l’état, il coûte moins cher de rouler sans le carré coloré (200 francs d’amende) que d’utiliser un stratagème diabolique type film adhésif, beurre, crème Nivea, stick à lèvres de mamie, vignette fabriquée ou tout autre procédé visant à réduire le pouvoir adhésif du sésame, tout cela dans l’objectif de le changer de véhicule comme par exemple sur la vieille GTI de votre cousin Sirkis. En effet dans ces derniers cas, cela est considéré comme une falsification de timbres officiels de valeur, un délit pouvant coûter 5 à 10 fois plus que l’amende classique.

Pourtant, selon l’administration Suisse, 500’000 automobilistes rouleraient sans vignette ou avec une contrefaçon, soit un manque à gagner de 20 mio de francs pour la confédération (6% des recettes totales). Un chiffre paradoxal lorsque l’on voit les prix des autres moyens de transport en Suisse, sensiblement supérieurs aux 40.- annuels demandés pour accéder aux autoroutes helvétiques (les abonnements CFF, on en parle?). Rappelons également que les transports se positionnent en 2ème position au budget consommation des ménages suisses (8%), devant les dépenses alimentaires (6.4%).

A titre comparatif, un trajet de 460 kilomètres en France voisine suffira à vous soustraire les 40 francs destinés à rouler en Suisse de manière illimité. Et encore, il s’agit là du prix au kilomètre moyen (0.08€/km), big up à tous nos camarades étudiants d’Annecy qui empruntent les 31km d’autoroute pour voyager (0.25ct€/km).

La facturation autoroutière par vignette est à l’étude en Allemagne et a été promulguée en Catalogne pour janvier 2019. La Suisse, elle, est déjà passée à l’étape suivante et prévoit l’introduction de la vignette électronique en 2023 au plus tôt. Un projet qui soulève des inquiétudes en termes de confidentialité et de protection des données, mais aussi sur la nécessité d’un tel dispositif, jugé très/trop couteux.

 

En attendant, bonne route et prudence!

Hadrien Lapierre