Pour lutter contre la diabésité* qui touche drastiquement les pays occidentaux, différents États ont testés la taxe soda

 

France La taxe soda est instaurée en France depuis 2013 à hauteur de 0.075 € par litre et s’applique actuellement sur toutes les boissons sucrées et édulcorées en vente sur le marché. Une taxe qui a l’air de fonctionner puisque d’ici 2018, la loi va être re-modulée : plus les boissons seront sucrées, plus elles seront taxées. Ainsi, les sodas en-dessous de 5 grammes de sucre pour 100ml ne seront plus taxés et ceux qui en contiennent entre 5 et 8 grammes resteront taxés au même niveau qu’aujourd’hui. En revanche, les boissons excédant les 8 grammes verront la taxe doubler et celles excédant les 10 grammes, tripler. Cette modulation vise « la mise en place d’un dispositif plus intelligent qui pousse les industriels à réduire les taux de sucres de leurs produits ». À titre d’exemple : 100ml de Coca-Cola contiennent 10.6 grammes de sucre. À l’achat d’une bouteille de 2 litres de Coca, 0.45€ seront taxés, faisant passer le prix de 2€ à 2.45€.

 

Mexique Avec un ancien président, Vicente Fox, chef régional de la compagnie Coca-Cola, pas étonnant que 70% de la population mexicaine soit en surpoids et que 70% du sucre consommé provienne des sodas. Cependant, depuis la mise en place de la taxe soda il y a 2 ans, diverses études ont révélé une baisse de consommation de plus de 7.5% des boissons sucrées – soit plus du double qu’en France. Des résultats remarquables qui donnent espoir, puisque cette taxe pourrait bien réduire le taux de maladies liées à l’obésité et au diabète pour les générations à venir.

 

Etats-Unis Alors que la lutte a fait un pas en arrière cette semaine avec l’annulation de la taxe soda dans le comté de Cook, l’American Heart Association, qui dirige la campagne depuis le début, va continuer à se battre « pour encourager les populations à réduire la consommation de boissons sucrées ». Conscients que les répercussions iront au-delà de cette seule région, les militants visent différents angles d’attaque en misant sur d’autres arguments que la santé. Le maire de Philadelphie (prochaine cible des lobbys Coca-Cola et Pepsi) par exemple, promet que les 91 millions de dollars annuels attendus de cette taxe serviraient à offrir de nouvelles places dans les maternelles et à financer des centres de loisirs.

* « Terme récemment créé pour désigner la complication la plus répandue du surpoids et de l’obésité : le diabète »

Alessia Di Pietro