Happy Followers, Happy Life ?

Des soirées mondaines au quotidien, des collaborations avec des marques de renommée, des cadeaux de valeur à longueur de journée, tout cela en faisant le tour du monde nourris et logés en cinq étoiles ; seems like heaven to you ?

Chiara Ferragni est l’une des nombreuses personnes à mener ce rythme de vie. Son métier ?Influenceuse.
Qu’est-ce qu’être un influenceur ? Comment les marques en profitent-elles ? Et à quel point ce phénomène de société est-il en train de nous « influencer » ?

Chiara Ferragni a 10 millions de followers sur Instagram, mais son succès n’est pas que digital . Elle a collaboré avec les plus grandes marques et a fini par lancer sa propre marque qui se vend en ligne mais aussi dans les galeries de luxes, par exemple chez Bongenie et Private Boutique en Suisse.

Qui sont-ils ? Que font-ils ?

Avant le boom des réseaux sociaux nos idoles étaient « connues » : pour les adolescentes, c’était les stars de Pop, pour les moins jeunes, c’était Alain Delon, Marylin Monroe.

Toutes ces personnalités avaient un attribut en commun : elles avaient un talent et elles étaient admirées pour ce gift.

Aujourd’hui, c’est Miss and Mister nobody, ces personnes qui, d’apparence, n’ont rien de particulier, qui se transforment en leaders d’opinons. Ils ont des backgrounds très différents ; à chacun un monde propre à lui-même mais surtout une base de followers qui suivent continuellement leurs faits et gestes.

Mais pourquoi eux ?

Comme premiers pas, les influenceurs se font connaître pour une passion qu’ils partagent à travers un blog ou une chaine Youtube. Dès lors apparaissent les admirateurs de ce contenu , qui se passionnent non seulement pour le contenu mais aussi pour la personne derrière, sa personnalité et son engagement . C’est donc très naturellement que les influenceurs dévoilent peu à peu leur quotidien, qui se trouve être un quotidien parfait.

Tout est mis sous les projecteurs : la routine matinale, le trajet, les courses et même parfois les moments intimes en famille… En effet, ils sont à la fois RP, marketeurs, éditeurs, mannequins et ont des connaissances en webmarketing. Une organisation extrême est requise pour pouvoir jongler entre « actualiser son profil, imaginer du contenu, être en veille en permanence, trouver de nouvelles idées, répondre aux nombreux mails et commentaires qui affluent jours et nuits, négocier des partenariats, éditer les photos… »

A quel prix ?

Les marques sont prêtes à payer très cher la confiance établie entre les influenceurs et leurs followers et à quel point ces derniers sont prêt à reproduire aveuglement les mêmes habitudes de consommation.

Pour cela, ils n’hésitent pas à donner des cadeaux, que les « cibles relais » vont utiliser sous le regard de milliers de personnes, et même parfois des compensations monétaires pour du contenu sponsorisé.

Sachez que 7 millions d’abonnés Twitter peuvent ainsi faire gagner 60 000 dollars par publication, et sur Youtube, 300 000 dollars. Sur Instagram et Facebook, une publication pourra se vendre entre 150 000 et 200 000 dollars.

Les influenceurs sont vus comme des trend setters et, par ailleurs, comme des leaders de porte monnaies. Mais le danger pour une marque est de vouloir travailler avec des personnes qui ne correspondent pas à son image, de se laisser leurrer par le nombre de followers. Ce danger est réciproque puisqu’à force de collaborer avec plusieurs marques, un influenceur peut perdre son identité et sa crédibilité au sien de sa communauté.

Il ne faut pas oublier qu’exposer sa vie au grand public peut s’avérer très dangereux, premièrement parce que chaque récepteur va penser que le quotidien se résume vraiment à ces funs moments, que tout est rose et beau dans le meilleur des mondes. Ils oublient que les influenceurs ont aussi des obligations, une famille à coté, et qu’ils n’ont droit sur les réseaux sociaux qu’à une partie de la réalité.

Et deuxièmement, parce que nous devons tous avoir un jardin secret, une intimité que nous protégeons.

Joëlleßß est une femme d’affaire millionnaire au Moyen Orient mais également une leader d’opinions : elle met quotidiennement en scène ses enfants sur ses réseaux sociaux.

Asma Mezghani