La digitalisation en tant que phénomène n’a rien de nouveau. Cette numérisation décrit la transformation d’un monde où les données se récoltent de manière analogique, comme par exemple sur des 33 tours ou des bandes de cassettes, où l’onde sonore est produite par lecture d’une piste qui a elle-même la forme de l’onde sonore, à un monde où les données sont chiffrées en binaires et interprétées après décodage.

La transition du stockage des données d’analogique à digitale a permis de pouvoir emmagasiner énormément plus d’informations sur un volume similaire. Le partage des données est également simplifié. On peut s’envoyer des fichiers en un instant grâce à internet et surtout les dupliquer sans avoir besoin de graver des disques ou, d’une manière générale, d’un support d’écriture et de lecture spécial.

Ceci nous a propulsé dans un monde où le volume et la vitesse de propagation de l’information est imposant au point où des nouvelles technologies jaillissent fréquemment et changent nos habitudes de documentation.

Ce changement de paradigme se traduit par des sociétés comme Uber qui, malgré son futur incertain, a le mérite d’avoir inventé le terme « uberisation ». Ce terme a été repris par de nombreuses compagnies autour du globe pour décrire un phénomène nouveau : permettre aux clients et aux professionnels de se mettre instantanément en contact. S’il n’y avait pas eu Uber, précurseur dans le domaine, il n’y aurait probablement pas eu la volonté d’autant d’entrepreneurs de produire un modèle d’affaire similaire et cette nouvelle forme de service n’aurait peut-être pas encore vu le jour.

Uber a trouvé une méthode pour utiliser les progrès technologiques et l’amas d’informations dont nous disposons pour créer quelque chose de nouveau. Si cela a été possible pour Uber, c’est qu’il y a probablement encore d’autres utilisations des données dont nous n’avons toujours pas pris conscience et qui pourraient déboucher sur des nouvelles technologies qui changeraient à leur tour nos habitudes, nous qui sommes si habitués à l’analogique.

Se pencher sur le sujet de la numérisation fait alors sens depuis des décennies et le fera encore pour de nombreuses autres.

A l’occasion de cette édition Focus d’HEConomist, nous nous intéressons à l’impact de la transformation digitale sur le métier de journaliste, dont la vocation a toujours été de partager l’information. Ceux qui ont la tâche de recevoir des informations, de les étudier, de les comprendre, de les vulgariser et de les transmettre doivent faire avec cette nouvelle situation. Dans ce monde où la quantité d’informations est gigantesque, comment est-ce que ce métier se reformule?

C’est avec beaucoup de plaisir que notre association s’est penchée sur la question et sur l’exercice intellectuel de se demander ce qu’il adviendra par la suite. En cette première édition du Focus, nous aurons la chance d’avoir des interlocuteurs qui nous partagerons leurs raisonnements et découvertes par le biais de conférences et d’interviews.

Nous espérerons de toute cœur que la journée et le journal que vous tenez entre les mains saura vous séduire !

Luca Bron