Internet est magique. On peut acheter n’importe quoi depuis son canapé, faire une vidéoconférence en instantané avec un ami à l’autre bout du monde, se perdre dans une ville et pouvoir retrouver son chemin en deux temps trois mouvements. Toutes ces choses impensables il y a deux décennies sont devenues banales. Mais la chose que je préfère avec internet, celle qui me fait contempler mon écran en me disant que c’est une formidable invention, c’est que c’est une porte ouverte à la diversité de l’être humain, de ses plus belles facettes aux plus bizarres. On peut se perdre sur la toile en allant de découvertes en découvertes, en extasie devant la variété de la pensée humaine et de tout ce qu’elle peut produire. Internet, c’est ce medium qui rend tout ça possible, d’une manière transparente et sans honte.

C’est aussi un réservoir de création en tout genre. Il y a des vidéos sorties tout droit des tréfonds créatifs les plus obscures de l’imaginaire comme cette vidéo de chat à qui l’on met un bout de tissu sur la tête et qui comprend soudainement le sens de l’humanité, cette communauté qui discute des plaisirs de manger une orange sanguine sous la douche (à essayer), ou encore certains memes chinois, qui me font me demander s’ils ont une équipe de télévision pour diriger leurs vidéos.

La plupart de ces trésors d’internet sont aussi uniques qu’éphémères. Les memes qui, par définition, existent grâce à leur partage et leur dérivation par la communauté ne durent pas plus que quelques années et tombent alors dans l’oubli.
Il y en a néanmoins un qui n’a pas l’air de disparaître. Petite devinette : qu’est-ce qui réunit culture japonaise, statues grecques, la couleur rose, le pixel art, les palmiers et les flamands roses de Miami, les carreaux noirs et blancs, les villes asiatiques, la critique du capitalisme et une fascination pour les OS des années 80 ? Vous l’aurez deviné grâce au titre de l’article : la vaporwave.

La vaporwave montre ses premières traces d’existence en 2010. Une blague qui a tellement duré qu’elle a dépassé le stade de blague et s’est mutée en véritable courant artistique. Elle a commencé comme un courant esthétique d’images et de vidéos comprenant les formes susmentionnées un peu empilées les unes sur les autres en images délirantes. Ce courant visuel s’est ensuite transformé en un véritable courant musical universel. À la base, il reprenait des tubes des années 80-90 en les ralentissant pour leur donner un effet hypnotisant, mais il a évolué pour devenir une sorte d’électro nostalgique qui utilise les sons ambiants, des samples funks et des boucles enivrantes pour créer une toile sonore à la fois relaxante et perturbante.
La vaporwave est vibrante. Au fond, on ne dirait qu’un amas sans goût de samples du passé, mêlés à des synthétiseurs inspirés sur des beats fade. Elle intrigue alors car on se demande comment autant de personnes se sont ralliées derrière ce mouvement fade, mais qui comporte pourtant des codes précis rarement expérimentés auparavant de par leur manque d’attrait.

Pour moi, ce n’est pas vraiment la vaporwave qui est phénoménal, mais ce qu’elle représente. Des gens à travers le monde entier se sont retrouvés plus ou moins par hasard autour de sentiments communs qu’ils ont développé en véritable style musical et artistique à part entière.

À la question : est-ce que la musique était mieux avant ?

Je répondrai qu’elle n’a jamais été aussi bien que maintenant et ce pour une raison simple : tout le monde et n’importe qui peut faire de la musique et la partager au monde entier. On n’est plus dépendant des majors qui décident des tendances. Le spectre de création musical n’a jamais été aussi large et parmi cette diversité, il y a la musique parfaite pour chacun. On a forcément une âme sœur artistique quelque part dans le monde qui a créé exactement le morceau pour nous, quelque chose de très spécifique qu’on a envie d’écouter, qui nous enverra dans une autre dimension, et qu’il nous reste juste à découvrir parmi les millions d’heures de musique disponibles.
C’est pour ça que j’aime vraiment internet !

Découvrir la vaporwave : Un album de référence : https://youtu.be/F9L4q-0Pi4E

 

Luca Bron