Alexandre Amichia, Vice President Product Manager chez JP Morgan, vous parle de son parcours et de son expérience en commençant par HEC Lausanne.

Parlez-moi pour commencer de votre parcours et du poste que vous occupez chez JP Morgan.

Pendant ma dernière année à HEC Lausanne, je travaillais déjà à mi-temps pour le groupe Edmond de Rotschild au département quantitatif. Ensuite, j’ai rejoint une autre banque privée dépendante de la Banque Cantonale de St-Gall dans la sélection de produits de fonds de placement et tout ce qui est sélection de produits alternatifs. J’ai aussi eu la chance d’intégrer un desk de banquiers privés pour la clientèle suisse et de diriger une petite équipe qui s’occupait de tous les produits d’investissements au niveau de cette banque. Après cinq ans, j’ai décidé de terminer ma formation universitaire par un Master of Science in Banking and Finance entre Luxembourg et New-York. Chez JP Morgan, que j’ai rejoint il y a 5 ans, je m’occupe de la plateforme de fonds de placement.

 

Ce n’est donc pas vraiment un échange que vous avez fait dans votre parcours ?

Non effectivement, ce n’est pas vraiment un échange. C’est à l’issue du cursus du master que j’ai pu partir à New-York auprès de sommités de la finance et confronter sur place tout ce que j’avais pu voir au Luxembourg.

 

Malgré le fait alors que vous ne soyez pas parti en échange en troisième année durant vos années d’études à HEC Lausanne, recommanderiez-vous aux étudiants de partir ?

Oui, définitivement ! Cela permet d’ouvrir son esprit et d’arriver dans un contexte qui est totalement différent. Les échanges font vraiment partie de la formation et aujourd’hui plus que jamais.

 

Maintenant côté carrière, donnez-nous un exemple-type pour vous d’une journée professionnelle.

 C’est une très bonne question, car en fait, il n’y a pas de journée-type. L’équipe dont je m’occupe est basée à Londres et avec celle-ci, on couvre au niveau de JP Morgan le monde entier (excepté les États-Unis) : le matin on a l’Asie, puis l’Europe qui se réveille et enfin les États-Unis. Il y a donc énormément de choses à faire. Mon rôle ici est de créer un environnement pour mon équipe où chacun d’eux peut être au maximum de ses compétences, gérer les urgences et redistribuer éventuellement les tâches. Il n’y a vraiment pas de journée-type.

 

Donc la flexibilité est un point central.

Oui, tout à fait. Il faut être multidisciplinaire, je pense que c’est ce qui fait partie de mon parcours, de vraiment comprendre toutes les dimensions. En tant que Product Manager, je ne suis pas spécialisé sur la gestion de portefeuille – je dois la comprendre – mais j’interagis avec des gens dans la fiscalité, je mets en place des contrats de distribution, je parle avec des avocats, avec des personnes dans l’externe et il faut aussi que je puisse soutenir les banquiers privés.

 

Si vous vous projetiez maintenant un peu en arrière et repensiez au temps des études, qu’est-ce que vous diriez sur ce que HEC Lausanne vous a apporté ?

Ce qu’il faut réaliser, c’est qu’aujourd’hui le rythme auquel les connaissances deviennent obsolètes s’est accéléré. Et donc acquérir simplement des connaissances ne fait pas tout. Je pense que le grand avantage d’HEC Lausanne c’est la rigueur de la formation et apprendre à apprendre. On découvre plein de choses et il est important de savoir structurer ses idées et améliorer sa prise de décisions.

 

Quelles étaient vos matières de prédilection ?

J’ai beaucoup aimé le droit, et c’est plus tard à partir de la deuxième et troisième année où l’on pouvait choisir ses modules que j’ai trouvé un bon équilibre et apprécié l’économie du tourisme, la gestion du risque, la finance d’entreprise, me permettant ainsi de voir au niveau de l’économie différents aspects.

 

Un mot sur la ré-accréditation de HEC Lausanne par le label EQUIS pour 5 ans ?

C’était un gros sujet déjà à l’époque, je pense que ce qui est important c’est la valeur du diplôme, et cette reconnaissance donne un signal à l’international, un signal de qualité important. Les recrutements se font beaucoup à l’international et donc avoir un label qui est reconnu à l’extérieur c’est extrêmement important.

 

Justement en parlant de dimension internationale, imaginez la possibilité de faire son bachelor entièrement en anglais à HEC Lausanne, vous le feriez ?

Clairement, cependant je pense qu’il faut juste être prudent. Le bachelor est la première partie d’une formation universitaire qui est cantonale et qui a donc des responsabilités d’insertion sociale et d’offrir des chances à l’ensemble des étudiants. Le fait de proposer des bachelors intégralement en anglais ne doit pas empêcher certains étudiants de poursuivre une carrière universitaire. Il faudrait donc qu’ils aient le choix ou alors il faudrait un accompagnement ou proposer une sorte de passerelle.

Au nom de tout l’équipe HEConomist, merci beaucoup Alexandre Amichia pour cet entretien.

Alexandre Lachat