Mardi 9 octobre a eu lieu une conférence organisée par Oikos Lausanne, association pour la promotion du management durable, ayant pour titre « l’avenir de la mobilité, par Tesla ». HEConomist a couvert l’événement.

Les organisateurs de la conférence ont invité deux personnes à prendre la parole. La première, Yves Pigneur, inventeur du Business Model Canvas et spécialiste du design thinking. La deuxième, David Bottone, gérant de magasin chez Tesla. Ce duo a plus de similarités qu’il en a l’air. Tesla n’est pas une marque de voiture comme les autres et ce, au-delà du fait qu’ils se soient spécialisés dans les énergies 100% durables. Elle est l’instigatrice de différentes innovations dans le domaine de la mobilité.

Monsieur Pigneur a ouvert la discussion en nous parlant des nouveautés dans le domaine de la mobilité, du car sharing aux voitures autonomes. Il s’est ensuite penché sur le cas de Tesla en particulier en invitant l’audience à compléter un Business Model Canvas pour se rendre compte des différences avec les autres entreprises du domaine de l’automobile. Elles sont nombreuses : la loyauté des clients à la marque, la rencontre de ces derniers dans des magasins au centre des villes loin des entrepôts des concessionnaires, sa force d’employés compétents dans l’innovation et ses partenariats clés avec des grands acteur du domaine tels que Toyota ou Panasonic pour n’en citer que deux.

Même avec un bon business model, lancer une marque de voiture n’est pas une mince affaire. Le conférencier a également rappelé les méthodes employées par la société dans ses balbutiements, proposer un roadster avec carrosserie de Lotus Elise à un prix bradé pour prouver la viabilité du projet et faire parler de lui. L’ensemble sans se focaliser sur les avantages compétitifs et tout en restant agile.

David Bottone a ensuite pris la parole pour revenir sur l’historique de Tesla ; société fondée après un constat, il est impératif de réduire les émissions de CO2. Premier « Master Plan », commercialisation d’un roadster sexy, performant pour casser l’image des voitures électriques rigolotes et lentes. Ensuite, le Model S sort en 2012. Une berline plus accessible, afin de viser plus de gens et démocratiser la technologie. Découverte intéressante de Tesla, 40% des acheteurs du model S avaient un véhicule précédent d’une valeur de 40’000 $ ce qui signifie que les clients sont prêts à payer plus pour bénéficier de la technologie électrique. Le public est ainsi plus grand que prévu originellement vis-à-vis du prix à payer. Enfin, le Model 3. Après sont annoncement se sont écoulées 200’000 commandes en une journée témoignant d’une passion autour de Tesla. Constat très réjouissant puisque cette voiture a pour but d’être directement compétitive avec les voitures à énergies non renouvelables sur tous les niveaux, même le prix.

Mais démocratiser la voiture électrique n’est pas une tâche facile ! Il faut lutter contre l’influence de constructeurs classiques qui ont tout à perdre de la popularité de Tesla et contre les contraintes techniques tels que la recharge lente et l’autonomie limitée qui freinaient l’expansion du marché des voitures électriques.

L’avenir de Tesla est plein de promesses. Entre les camions, les voitures autonomes, les batteries pour maisons autonomes alimentées par des tuiles solaires ; les projets sont nombreux pour Tesla et leurs objectifs de réduction de gaz carboniques qui se montent aujourd’hui à 3.4mio de tonnes non-émises.

 

Merci à Oikos pour cette conférence. En tant qu’avides curieux des solutions de demain, nous nous réjouissons d’en voir d’autres !

 

 

Luca Bron

 

Crédit Image
https://ericayang16.wordpress.com/2016/07/29/how-business-modelling-can-be-used-to-create-and-capture-value/
Référence
Business Model Canvas for Tesla, by Alex Osterwalder & Yves Pigneur, 2018