Un mouvement s’est emparé des lèvres de milliers d’hommes à travers le monde durant le mois de novembre. Vous en avez entendu parler, c’est certain. Même si la Suisse est un peu à la traîne et que le phénomène n’y est que peu suivi. Il s’agit pourtant, au-delà d’avoir parfois l’air un peu bête, de pourfendre ensemble de nombreux problèmes touchant les hommes et que l’on n’adresse pas suffisamment. J’écris cet article maintenant car il vous reste à vous tous, mes lecteurs et lectrices, le temps de vous y mettre.

Movember ?

Oui, Movember. Le mouvement lancé pour la première fois en 1999 à Adélaïde a dû attendre 2003 pour se populariser. Sur une idée simple : les hommes ne prennent pas assez soin d’eux et les problèmes de santé qui les touchent ne sont pas suffisamment traités. Ce constat se manifeste par exemple par une espérance de vie de 6 ans moins longue en moyenne pour les hommes par rapport à leurs concitoyennes. Parti d’un simple pari entre amis pour lever des fonds, le mouvement est devenu aujourd’hui une des plus grandes ONG du monde. Une des plus influentes aussi. Avec un effet positif indéniable sur les problèmes visés.

L’organisation, qui a levé 174 millions de dollars depuis son lancement, se concentre sur 3 axes : le soutien de la recherche et des victimes des cancers typiques à l’homme (prostate, testicules), le combat contre l’inactivité physique et ses conséquences chez l’homme et finalement l’accompagnement psychologique des hommes face à la dépression et au suicide.

Il était temps

Dans une société qui devient (heureusement) de plus en plus ouverte, tolérante et forte de ses minorités, les hommes, souvent cibles justifiées de critiques quant à leur mainmise sur le monde, ne sont pas toujours suffisamment considérés pour ce qu’ils sont : justes humains. Les hommes, d’abord par un idéal de masculinité sans larmes ni peur et aujourd’hui par la relégation de leur bien-être au second plan dû à d’autres batailles importantes, restent stigmatisés dans leur rapport au fait de prendre soin de soi. C’est cet interdit tacite qui fait de Movember un mouvement nécessaire, pour que l’on réalise tous que l’homme souffre, que l’homme pleure, que l’homme meurt. C’est pour ça aussi que mon introduction s’adresse aux femmes autant qu’aux hommes. Je ne vous demande pas à toutes d’abandonner la cire. Par contre, et cela est illustré par toutes nos autres victoires vers plus d’égalité, on ne peut avancer qu’ensemble.

Conclusion

Pour finir, laissez-moi vous dire ce que je crois. Je crois que nous sommes tous des hommes et des femmes de combat, de toutes ces petites guerres que l’on mène chaque jour face à l’adversité et l’inégalité sous toutes leurs formes. Movember c’est exactement ça : des gens qui se battent pour que les hommes n’aient plus à mourir de batailles perdues contre les cancers ou l’inactivité physique, elles qui sont si faciles à remporter lorsque l’on fait front ensemble.

A vos rasoirs !

 

Nelson Dumas

 

Lien pour donner : https://ch.movember.com/fr/donate