Commençons par un léger cœur de cou provenant du poème Auguries of Innocence, de William Blake.

« Chaque nuit, chaque matin, certains naissent pour le chagrin. Chaque matin, chaque nuit, certains naissent pour le délice exquis. Certains naissent pour le délice exquis, certains pour la nuit infinie »

 

C’est ainsi que je décris ce livre, les mots sont difficiles à mâcher parfois, mais sous cette toison de moire, que Jason jamais ne laissera choir à ses argonautes sans espoir. Notre héros malheureux et romantique (cela va souvent de pair), s’enfonce dans l’ineffable et cherche l’endroit où il pourra enfin se noyer. C’est alors qu’une rencontre impromptue lui fait voir la clarté de l’eau, obscure, sale et noire. En somme un mauvais temps pour mourir, et il entra chez le marchand de curiosités d’un air dégagé.

 

Qui n’a point rêvé un jour d’accoster sur la rive calme d’un El Dorado perdu, de donner libre cours à soi-même, tout du moins le temps d’un baiser, ou d’une bougie au tempérament vacillant, et d’apprécier d’un sourire en coin chaque goutte de cire qui tombe sur le cœur et sur la peau des Hommes. (Romantique, nous disions).

 

Regardez cette PEAU de Chagrin !

Aladin l’aurait très certainement échangée, et fièrement, contre un miteux tapis volant, mais qu’importe, à ce moment précis Raphaël a dit oui. L’encre dégoulina ensuite des peniculus en poil de loup trempés dans un pot de luxure d’or et d’orgie-philosophique. Imaginez un peu l’envergure de la tâche produite ?

Quand il trouvera la flamme qui attisera le feu de son cœur, la peau brisera les ailes des anges, déchues, car rien ne nous protège, de l’amour.

Bonne Lecture.

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Jean-Konrad Mignon