Quand les plaques tectoniques se heurtent en Asie de l’Est et du Sud-Est la véritable fourmilière humaine en surface est secouée. L’explosion démographique et économique de cette région regroupe plus d’un quart de la population mondiale au-dessus de la ceinture de feu du Pacifique. Typhons, tempêtes, séismes, la planète montre des signes de vie quotidiennement. Les mégalopoles Chinoises, Japonaises ou Indonésiennes sont soumises à des risques importants mais les territoires les plus exposés sont les campagnes plus pauvres ou bidonvilles rudimentaires. Le risque est donc traité d’abord humainement, mais aussi politiquement et financièrement.

Ces phénomènes naturels font l’objet de recherches scientifiques poussées depuis le siècle dernier. Les pays les plus avancés de cette région (Japon, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande…) ainsi que des fonds internationaux permettent leur financement. Une quantité immense de données sont collectées et rassemblées pour être ensuite analysées par les sismologues et les météorologues qui n’ont qu’un seul but : trouver une loi physique qui permette de prédire ces événements inévitables.

Pour certains pays, les coûts d’entretien des stations de mesures sont trop importants ce qui est souvent critiqué lorsqu’une catastrophe arrive, car les outils auraient peut-être pu prédire le désastre.

L’éducation est le moyen le plus efficace pour limiter le nombre de victimes. Les pays les plus pauvres et les moins stables politiquement comme le Népal et les Philippines sont aussi ceux où il y a le plus de victimes. La population, moins éduquée ne sait pas exactement comment réagir et n’a pas les moyens d’apporter des solutions en conséquence. Dans plusieurs cultures asiatiques, savoir être discipliné est important. Au japon, tout est chronométré, à Taïwan les rues sont propres alors qu’on a du mal à trouver une poubelle publique. Tout est organisé pour le vivre ensemble : en ligne pour le métro ou le bus avec un réel soucis pour le plus faible d’abord. L’éducation joue donc un rôle très important : le peuple sait réagir. Les enfants sont prêts à répondre à n’importe quelle situation et sont au courant des risques.

Lorsque l’éducation des plus jeunes est moins accessible, on forme certains corps de métiers qui sont confrontés aux risques d’une manière ou d’une autre.
Comme le propose le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), des maçons népalais de ville ou de campagne sont formés à construire des habitations adaptées à moindre coût et qui respectent certains principes simples mais vitaux. Repérer les zones à risque, adapter le type de fondation au type de sol, distribuer les masses en symétrie, procéder à des chaînages horizontaux… Cela a entraîné la création d’une nouvelle économie parasismique : les habitants peuvent acheter des matériaux pour construire (grillages, acier ou armature pour le béton) à moindre coût. La rénovation engendre des frais exorbitants pour des résultats peu satisfaisants alors il vaut mieux parfois détruire pour construire à neuf avec des coûts majorés de 5 à 10 %.

C’est ce qui se passe dans les économies en expansion. On reconstruit la ville plus haute et plus solide. Le génie parasismique le permettant, on construit des nouveaux immeubles entièrement construits autour d’une structure de métal à la fois solide et rigide. A Taïwan, chaque immeuble possède cette armature qui absorbe les chocs. Construit à l’image du bambou à la fois rigide et souple, Taipei 101, le plus haut gratte-ciel de l’île, s’élève à 509 mètres et s’avère être le bâtiment le plus sûr face à n’importe quel séisme. Le Japon, pionnier dans la matière ne construit que des habitations parasismiques. Le train à grande vitesse japonais, le Shinkansen est équipé d’un système de pointe qui stoppe le train à la seconde où un séisme est détecté.

La plupart de ces pays possèdent un système d’alerte à la population. Les plus efficaces sont au Japon (J-Alert) et à Taïwan. Il en existe aussi dans les autres pays (Emergency Cell Broadcast System (ECBS) aux Philippines) mais ils sont moins efficaces car mettent plus de temps à informer la population. Ces Warning Alert System (WAS) informent la population d’un danger en quelques secondes. Tous les regards dans la rue sont en une seconde plongés sur les téléphones, une alerte gouvernementale est donnée. Pour les alertes de très haute importance, le message est aussi traduit en anglais et les haut-parleurs de la ville annoncent un danger, il faut se mettre en sécurité. Le peuple sait comment réagir et agit vite. La technologie aujourd’hui permet une toute nouvelle cohésion populaire face au risque.
Quelques minutes plus tard, on peut trouver tous les détails sur les sites internet (vitesse des vents, quantité de pluie, épicentre et magnitude du tremblement de terre…).

Les gouvernements sont aussi prêts à répondre : après un désastre il faut agir très rapidement. Les pompiers, sauveteurs spécialisés sont formés et toujours prêts à intervenir. De nombreuses organisations non gouvernementales sont aussi présentes pour aider.
A Taïwan et aux Philippines, beaucoup d’églises chrétiennes se mettent à disposition afin d’apporter des soins supplémentaires ou de l’aide aux victimes.

 

Yann Sieffert