Nous avons le plaisir cette fois de recevoir Guillaume Zbinden, Trading Manager chez Be Green SA et directeur de « The Coffee Society ».

Parcours

Mon parcours commence avec des études à HEC (3 ans à Lausanne et une année d’échange à Madrid). En effet, à cette époque, les études se déroulaient sur 4 ans avec l’obtention d’une licence en fin de cursus, et non sur 5 ans avec bachelor et master. Par la suite, je me suis directement plongé dans le domaine du café comme « trainee » chez ECOM Agroindustrial Corp. Ltd. avec un an et demi de formation dans divers pays: New York, Guatemala et Brésil. De retour au siège de la société en Suisse, j’ai pris une fonction de trader junior, puis de Operation Manager et S&D Analyst. Finalement, si je suis resté pendant 12 ans chez ECOM c’est parce que mon rôle a beaucoup évolué et tant que l’on continue à apprendre, je crois qu’il n’y a pas de raison d’aller chercher ailleurs à tout prix.

Actuellement, je suis depuis 10 mois chez Be Green Trading qui est une société relativement petite, avec l’esprit d’une startup, toujours dans le domaine du café mais impliqué différemment par son activité.

Dans cette entreprise nous proposons divers services comme du consulting, risk management et sourcing.

Côté carrière

Exemple-type d’une journée professionnelle

Dans le monde du trading de matières premières, la première chose à faire le matin c’est de réconcilié la position, c’est-à-dire savoir exactement où on en est par rapport aux activités de la veille : achat et vente de café, achat et vente de futures et mouvements de marché. Ensuite, cela va beaucoup dépendre des fuseaux horaires et des marchés. Chez ECOM par exemple, je travaillais beaucoup avec le Viêtnam (le matin) et le Brésil (l’après-midi) tout en étant responsable d’une opération européenne tout au long de la journée.

Ce qui vous passionne dans ce métier ?

L’interaction des cultures au niveau international. Le fait de travailler avec des matières premières n’est jamais monotone parce qu’il y a toujours des nouvelles qui affectent la macroéconomie et l’économie du marché en elle-même : c’est toujours différent et on est beaucoup connecté mondialement.

Vous travaillez donc actuellement chez Be Green Trading : pourquoi l’entreprise s’appelle-t-elle ainsi ? Est-ce dû à un côté équitable ou écologique ?

En effet, nous ne faisons pas de trading au sens direct : c’est-à-dire que nous n’avons pas de positions spéculatives sur les matières premières. De plus, tous les cafés qui passent par nos services sont des cafés certifiés par des labels à l’instar de Rainforest Alliance ou UTZ.

En quoi Be Green Trading se démarque de la concurrence ?

Be Green Trading est actif dans un secteur niche du marché du café. Nos services sont destinés avant tout aux torréfacteurs européens et américains qui souhaitent se développer tout en éviter des dépenses fixes additionnelles. Du consulting au risk management, nous évoluons aussi dans le monde du café physique en achetant du café de par le monde pour nos clients. Nous n’avons pas de position de trading et cela fait de nous un acteur sans conflit d’intérêt, ce qui est clé pour pouvoir promouvoir nos services.

Les processus opaques du marché du café dans le passé ont laissé place à une ouverture des connaissances, des contacts et les moyens de communication ont changés la dynamique du marché des matières premières en général.

Du temps des études

Que vous a apporté HEC Lausanne ?

Cela m’a aidé à analyser des situations et décortiquer des problèmes pour ensuite les résoudre. J’y ai appris à faire le tri entre les informations.

Quelles étaient vos matières de prédilection ?

L’économétrie, la finance, des matières plutôt scientifiques. Cependant j’aime bien toucher à plusieurs domaines : marketing et droit sont aussi des matières qui m’ont intéressé.

Êtes-vous parti en échange ? Si non pour quelles raisons ? Si oui, où ?

Je suis parti lors de ma quatrième année à Madrid à l’Université Pontificia Comillas. C’était une expérience extraordinaire à plusieurs niveaux : linguistique, culturelle et sociale. J’ai aussi dû mieux gérer mon propre temps car je n’avais du tout le même cadre que lorsque j’étais en Suisse. J’encourage en tout cas les jeunes à partir six mois ou une année en fonction des possibilités.

Selon vous, quels sont les points forts de la faculté HEC et de l’Université de Lausanne ?

La qualité des cours et des professeurs. On apprend beaucoup à HEC Lausanne et les cours sont exigeants, ce qui est une très bonne chose. La recherche et la proximité de l’EPFL sont aussi des facteurs positifs pour la faculté.

Un commentaire sur la ré-accréditation récente de la faculté par EQUIS pour 5 ans ?

C’est bien, c’est une reconnaissance et cela aide les gens à choisir leur université.

Imaginez la possibilité de faire le bachelor entièrement en anglais, vous seriez preneur ?

Je dirais plutôt non, car si ce n’est pas la langue maternelle des gens, ceux-ci auront tendance à moins s’exprimer ou à passer plus de temps à réfléchir comment ils vont formuler leurs propos au lieu de défendre au maximum leur idées.

Questions pratiques/autre

Quels sont vos principaux canaux d’information ?

Dans le domaine du café il y a plusieurs revues ou rapports spécialisés. Sinon comme la majeure partie des gens je lis les news sur internet.

Un journal/média en particulier à recommander aux étudiants ?

The Economist.

AU NOM DE TOUTE L’ÉQUIPE HECONOMIST, UN GRAND MERCI À GUILLAUME ZBINDEN POUR CET ENTRETIEN.

 

Alexandre Louis Lachat