Imaginez votre avenir dans 50 ans. Vous avez quelques rides en plus et possédez dorénavant un bon paquet de sagesse. Mais comment est l’environnement dans lequel vous vous trouvez ? À quoi ressemble la nature qui vous entoure ?

Vous trouvez-vous entouré de forêts luxuriantes, de montagnes enneigées, entendez-vous le chant de mille oiseaux ?

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Non ? Comme moi, c’est une image sinistre qui se trace sous vos paupières : une ville grisâtre, fade, des bâtiments délabrés, traînant dans un brouillard qui annihile vos sens. La nature s’est faite toute petite, toute minuscule.

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Notre vision de l’avenir (en tout cas de l’environnement) est grisâtre et anxiogène. Et c’est bien normal ! Chaque journée apporte son lot de mauvaises nouvelles. C’est un véritable raz-de-marée qui s’écoule sur nous. À guerres, famines et pollution s’ajoutent (parfois) un sentiment de culpabilité : que faisons-nous pour améliorer les choses ? Cette vision pessimiste peut en pousser quelques uns à s’investir, à lutter pour un avenir aux couleurs plus roses. Mais, comme le dit Elena Bennett, cette image est avant tout extrêmement dangereuse. Car en s’imaginant un future morose, on risque, tout simplement, de le provoquer. Il s’agirait d’une prophétie auto-réalisatrice. De toute façon, on est foutus, à quoi bon se retrousser les manches ?

Elena Bennett clame donc qu’il faut, avant toute chose, transformer notre vision de l’avenir. Prenez l’image grise de toute à l’heure et plantez-y mille arbres, ajoutez-y du soleil, des fleurs et des écureuils qui voltigent.

Cette image est-elle naïve ? Il ne s’agit pas de revêtir des lunettes roses et de se projeter dans un monde fictif empli de licornes. Il s’agirait plutôt d’enlever nos lunettes brouillées, ternes, pessimistes et de placer notre attention sur les innombrables projets existants visant à transformer l’impact de l’homme sur l’environnement.

Ces projets sont appelés : « graines d’une bonne anthropocène » (seeds of a good anthropocene). L’Anthropocène est désignée par certains scientifiques comme l’Aire où l’Homme a commencé à avoir un impact considérable sur l’écosystème. Ces graines sont donc des mouvements dont il faut s’inspirer à grande échelle pour réaliser notre vision positive et à terme, parvenir à une bonne Anthropocène. Et pléthore de projets, il y a. Des scientifiques ont crées une base de données recensant ces brillantes idées. C’est le cas notamment de l’association « Health in Harmony », qui a permis de créer des hôpitaux et sauver des hectares de forêt en Indonésie (Bornéo). Pour vous inspirer : https://goodanthropocenes.net/showcase/seed-collection/. Il est facile, en lisant, partageant, peut-être même en créant des projets similaires, de se faire une meilleure représentation de l’avenir.

Qui sait de quoi il est fait ? Peut-être qu’un dénouement positif à la relation tumultueuse Homo-sapiens-Nature est possible. Mais pour cela, il faut transformer sa vision du futur. L’homme a besoin de s’inspirer d’histoires positives. Celles-ci sont extrêmement puissantes, dans l’imaginaire individuel ainsi que collectif. Elles sont un carburant bien plus efficace que n’importe quel combustible. Comme l’écrivait si bien Antoine de Saint-Exupery :

“Quand tu veux construire un bateau, ne commence pas par rassembler du bois, couper des planches et distribuer du travail, mais réveille au sein des hommes le désir de la mer grande et large.”

Macintosh HD:Users:Yasmine:Desktop:sunset-675847_1920.jpgCet article est grandement inspiré de la conférence d’Elena Bennett au TEDxCern à Genève, que je recommande fortement à quiconque s’intéresse au sujet (à trouver sur youtube prochainement).

Yasmine Starein