Demain commence un mois singulier.

Semaines, jours, heures et secondes défilent à un rythme imperturbablement régulier, identique aux 11 autres mois de l’année. Pourtant, subjectivement le tempo semble s’accélérer et la trotteuse s’emballer.

Nos attentes sont autres que celles qui traversent nos pensées sous la canicule de juillet. Avec une once de dépit, nos esprits encombrés ne se focalisent plus sur une météo idyllique pour parfaire un bronzage soigné. Décembre est synonyme assurément d’agenda chargé.

À l’approche de ce mois, les attentes de nos contemporains dépasseront, espérons-le, l’esprit mercantile des fêtes de fin d’année pour se revêtir de valeurs plus humaines, ouvertes sur notre prochain. Ce serait vivre « l’esprit de Noël », celui-là même célébré dans certains films qui inondent en cette période le programme TV.

Déjà la fin de l’année.

Noël, c’est acheter. Les décorations fleurissent dans les rues.

Les magasins se préparent à l’afflux de consommateurs en quête d’un Noël parfait. Jouets et chocolats submergent les rayons.

Le rouge, vert et doré scintillant des guirlandes a pris l’ascendant sur les subtiles nuances orangées et jaunes des feuilles mortes.

Un de vos amis sifflotera à tue-tête des airs de Noël tandis qu’un autre plus grincheux pestera contre ce dernier. En cette période, il est aussi question d’impressionner ses invités par une déco branchée, un repas bobo-bio-vegan, immortalisé par une publication sur Instagram.

Le douzième mois, c’est surtout une chute brutale des températures, des jours aussi courts qu’une Smart, des routes qui peuvent être enneigées ou verglacées, des chutes sur les trottoirs, des magasins congestionnés.

Le maître mot est d’anticiper.

En décembre sonne l’heure des bilans. Germe la déception, celle de ne pas avoir accompli ses résolutions de 2018.

Comme celle de passer son permis de conduire, se mettre au sport, travailler davantage sur ses cours, gagner plus, ou moins se plaindre. Nos illusions volent en éclat face à des réalités trop dures à accepter.

L’année se termine, les examens de janvier approchent, la fatigue se glisse, espiègle, dans notre quotidien. Une tâche ingrate se glisse dans un agenda déjà surchargé. Celle des achats de cadeaux. Trouver la perle rare. Des heures de réflexion pour finalement acheter l’inutile ou le superflu.

Décembre est le mois de la patience. Avez-vous déjà vu un enfant se réjouir d’attendre ses cadeaux ? Le calendrier de l’avent impose lui son tempo lent derrière un rituel. Celui d’ouvrir une fenêtre. Chaque jour une nouvelle surprise, un délicieux chocolat, un bijou ou encore un poème.

Mais décembre, c’est aussi déguster un vin chaud entre amis au marché de Noël, s’empiffrer de délicieux biscuits, partager une savoureuse fondue. C’est apprécier ces « petits riens » que l’on ne remarque pas tout le long de l’année. C’est faire plaisir aux personnes qui comptent pour nous. Car Noël est une période spéciale, décembre transforme notre quotidien. Du haut de ses 31 jours, le dernier mois de l’année nous impose son code de bonne conduite. Sois un peu plus agréable et généreux ! Ne pense pas qu’à toi !

Que serait décembre sans ses traditions ? L’esprit de Noël existe-t-il sans ses musiques, ses décorations, et son vin chaud ? Le calendrier de l’avent ne nous invite-t-il pas à nous réjouir du lendemain et oublier un instant nos obligations ? Pourquoi un brin de nostalgie nous envahit-il après les fêtes, alors que ces dernières nous ont tant stressés ?

Les déceptions de décembre mènent aux attentes de janvier.

Ce mois si spécial apporte aussi l’espoir, l’espoir d’une année enfin terminée, et d’une bientôt commencée.

 

Olivia André