« Maman, j’ai pas de stage ! »

Le problème est notoire et la publication de l’article sur la pénurie de stages dans la Tribune de Genève en janvier dernier n’a pas manqué de donner sueurs froides et terreurs nocturnes à tout étudiant en droit. Le sésame n’envoûte plus seulement celles et ceux qui ont embrassé le rêve de porter un jour la robe mais attise désormais toutes les convoitises. Or, depuis quelques années, l’entonnoir est engorgé.

ELSA Lausanne a mis sur pied le projet ARCH dont la mission est de dresser une passerelle entre les milieux professionnel et estudiantin, en offrant l’opportunité aux étudiants lausannois de renforcer et mettre en pratique leurs connaissances juridiques. Le présent article traite en détail du premier des quatre principaux axes du projet, celui de la création d’une bourse aux stages. Il est divisé en deux parties ; la première s’adressant aux étudiants, la seconde en appelant au monde professionnel.

ARCH I : La bourse aux stages

Pour la toute première fois, une association estudiantine, avec l’aide de l’Ordre des avocats vaudois, publiera une liste destinée à tous les étudiants. Celle-ci recensera les Études désireuses de s’engager pour la formation de la relève et d’accueillir un ou plusieurs stagiaires d’été/d’hiver ou de courte durée en leur sein. La liste contiendra une série d’informations entièrement fournies par l’Étude. Celles-ci renseigneront l’étudiant sur les modalités du stage soumis à candidature.

« Étude d’avocats / 06.07.2020-11.09.2020 / 4 à 8 semaines / 100% / non rémunéré / 4 places / droit commercial / 4 semestres d’études min. / CV et lettre de motivation / etude@exemple.ch ».

Le stage de courte durée compte parmi les atouts majeurs d’une candidature au stage d’avocat. Il donne l’opportunité à l’étudiant de découvrir la réalité de la profession, d’affiner ses connaissances juridiques et se conclut souventefois par une proposition concrète. Il permet aussi au candidat d’aligner ses postulations sur ses attentes et préférences. Petite, moyenne ou grande structure ? Étude spécialisée ou généraliste ? Système de pool ou maître de stage attitré ? Autant de dilemmes cornéliens qu’il est difficile, voire impossible, de résoudre a priori.

Pour désengorger, encore faut-il redistribuer. L’idée a donc émergé de proposer également des stages de courte durée dans des entreprises, banques, assurances, sociétés fiduciaires, et tout autre apanage du juriste d’entreprise. Cette expérience conserve néanmoins toute sa pertinence pour le futur avocat-stagiaire et saura séduire tout un chacun, notamment par sa singularité. Le Club du CEDIDAC, qui a d’ores et déjà montré son engagement dans la formation des étudiants et des jeunes avocats, proposera aux étudiants en droit une bourse aux annonces élaborée avec la participation de ses membres.

Soutenir l’éducation et la formation professionnelles

Pour être saisie, encore faut-il qu’une opportunité soit vue. Aussi l’idée tient-elle d’une part à signifier aux étudiants l’existence de telles possibilités, et d’autre part à encourager leur accueil. Certes, les Études représentent un à-propos tout naturel, mais s’y circonscrire marquerait le projet ARCH d’une vision borgne des métiers du droit. Sont ainsi scrutés tribunaux, ministères publics, administrations, Instituts, fondations, associations et organisations, qui sont autant d’employeurs de nombreux juristes.

Si vous souhaitez jouer un rôle dans cette éternelle passation de témoin ou trouver des réponses aux curieuses interrogations que ces quelques lignes auront peut-être soulevées,

Envoyez-nous un courriel à lausanne@ch.elsa.org

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« Aux jeunes ne traçons pas un seul chemin ; ouvrons-leur toutes les routes ». Léo Lagrange (1900-1940)

 

Baptiste-Pascal Favre