Le Covid-19 touche tous les secteurs de nos sociétés, que ce soit le commerce, l’éducation ou l’économie. Pour de nombreuses entreprises, le choc est sans mesure, de l’adaptation au télétravail à l’arrêt complet de certains secteurs économiques, le challenge est de taille et chacun tente, à sa façon de s’adapter à ces nouvelles conditions.

Une situation de crise se manifeste rapidement (ou les premiers signes de son apparition sont ignorés), prend par surprise, oblige à réagir dans l’urgence et menace une collectivité dans son ensemble. Face à une crise, il faut donc une réaction rapide de la part des dirigeants qui doivent agir sous l’emprise du stress, et cela en tenant compte d’enjeux encore latents.

Aujourd’hui, l’évolution du monde avec le développement des nouvelles technologies, les entreprises hyper-connectées, la démocratisation du web, la transmission presque immédiate de l’information et le pouvoir d’influence des médias, donnent rapidement un aspect multidimensionnel aux crises contemporaines, qui doivent alors être adressées dans toute leur complexité par tous les membres de notre société. De par son contexte global, sa source, la psychologie des acteurs impliqués ou le lieu de son déroulement, une crise se distingue par son caractère unique, soulignant l’importance d’une réaction spécifique et circonstancielle devant être mise en place. A son pic, les organisations se dérèglent, sous les yeux attentifs des médias dont les discours souvent contradictoires n’amenuisent pas les perturbations. C’est à ce moment-là, que les institutions se réorganisent et réagissent pour tenter de la surmonter, dans l’urgence et l’émotionnel mais surtout, dans un esprit de coopération.

C’est très certainement là que nous en sommes aujourd’hui et nous pouvons d’ores et déjà relever de nombreux exemples encourageants de coopération et d’adaptation de la part d’entreprises face à cette crise sanitaire. Cette pandémie à laquelle nous faisons face, nous montre également que les réactions peuvent prendre deux directions, soit celle de choisir de réagir en essayant de survivre à cette crise, soit en en profitant pour se réinventer, en ré-imaginant par exemple, notre façon de travailler.

Dans le monde entier, les entreprises s’adaptent et innovent afin de répondre le mieux et le plus rapidement possible aux nouvelles conditions imposées par le Covid-19. De grandes maisons du secteur du luxe en sont un bel exemple, que ce soit le groupe LVMH, Dior, Hermès, Chanel, Givenchy ou Clarins qui, en réquisitionnant leurs usines et en mobilisant leur main d’œuvre, réapprovisionnent les hôpitaux français en gel hydroalcoolique et en nouveaux masques pour les hôpitaux, les sapeur-pompiers et la police. En Suisse, les mêmes efforts sont poursuivis par l’Agroscope (le Centre fédéral de recherche de Changin) qui distille ses stocks de vin pour produire du gel hydroalcoolique à destination des services hospitaliers, ou encore Morand, une distillerie valaisanne qui entreprend la même action. L’entreprise PrusaPrinter dont le siège est à Prague mobilise, au moyen de son blog, toute sa communauté détentrice de leurs imprimantes 3D, dans la fabrication de masques pour protéger les médecins quotidiennement exposés au virus. La plateforme Agrix, la bourse à l’emploi de l’agriculture suisse, a reçu également des dizaines d’offre de travail, notamment de la part de personnes se trouvant au chômage partiel, désireuses de travailler temporairement dans les exploitations agricoles manquant d’employés à cause de la fermeture des frontières. Les entreprises et les travailleurs se réinventent afin de faire face à la crise sanitaire et ces efforts communs sont l’occasion d’une prise de conscience d’un changement en profondeur nécessaire auquel notre société doit se confronter.

Le grand succès du Hackaton #VersusVirus, qui imposait de trouver en 48 heures des solutions pratiques à 180 défis liés à la crise du coronavirus en Suisse, est une autre illustration de cette volonté d’apprentissage face à cette crise. C’est ce weekend que s’est déroulé la présentation en ligne de tous les projets et la sélection de 42 d’entre eux qui se verront accorder une aide financière par la Confédération. Plus de 5000 personnes se sont investies afin de proposer leurs idées, parmi les projets innovants qui ont été retenus nous pouvons citer, « Oldschool » : une plateforme d’apprentissage en ligne pour les 65+, « Dinner Party » : une plateforme visant à connecter les fervents de cuisine et de créer des interactions sociales, « Local Food for All » : un Wiki guidant les agriculteurs locaux à travers les meilleures options disponibles en matière de coopération, afin de répondre durablement à une forte demande ou encore « Switzerland is Connecting-Art.ch » : une plateforme connectant tous les projets d’Art et de Culture suisses pouvant être expérimentés en ligne. Cet Hackaton qui s’est déroulé entièrement en ligne à cause des mesures de confinement a permis, en plus de révéler 42 initiatives ambitieuses permettant de faire face au Covid-19, de montrer qu’il était possible de créer et d’innover sans ne jamais se rencontrer physiquement. Les deux éléments clés du succès de cet évènement seraient l’horizontalité des relations entre les mentors et les participants et une excellente communication en ligne. Même si le contact social demeure évidemment important dans une organisation, #VersusVirus est un bel enseignement pour les entreprises qui doivent se réinventer dans ce contexte d’incertitude.

Sophie De Blonay
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