L’initiative pour l’autodétermination est non seulement fallacieuse dans ses arguments mais porte également avec elle de nombreux désavantages pour la Suisse. Son acceptation provoquerait une baisse de la fidélité aux traités internationaux et abaisserait ainsi le pouvoir de négociation de la Suisse à l’avenir. De cette manière, la même sécurité du droit, que le comité initiatif vise à augmenter, s’érodera.
Des conséquences pour l’économie suisse fortement dépendante de ses partenaires internationaux, tout comme des retombées négatives pour les universités en termes de coopération, de recherche et d’échanges universitaires sont à prévoir en cas d’acceptation de l’initiative.
Pour conclure, dans une perspective plus globale, l’initiative est contraire à l’esprit de notre temps et de notre tradition internationale. Après s’être retrouvée à deux reprises au cœur géographique de deux conflits mondiaux, la Suisse est le port d’attache de nombreuses organisations internationales qui ont grandement contribué à la préservation de la paix dans le monde. La Suisse est également la terre des négociations et des résolutions de conflits du fait de sa neutralité et de son ouverture. Plus généralement, la Suisse moderne est multiculturelle, coopérative et internationale. Ne perdons pas de vue cet aspect fondamental de notre identité lorsque nous voterons le 25 novembre prochain.
Bernhard Bieri
Bernhard Bieri, 5 mai 2017
Cour européenne des droits de l’homme siégeant à Strasbourg ↑ Discours du 1er aout 2007 : https://www.rts.ch/info/suisse/1151955-1er-aout-des-discours-tres-electoralistes.html ↑ Initiative contre l’immigration de masse ; initiative pour le renvoi de criminels étrangers ; initiative contre les minarets ↑