Summaries.ch ? C’est une société à but non lucratif qui vise à promouvoir le partage de connaissances et l’accès au savoir via une interaction constante entre les utilisateurs. Concrètement, Summaries offre un espace sur lequel peuvent se connecter tous les étudiants dont les établissements sont recensés afin de partager les notes de cours, résumés, corrections d’exercices ou anciens examens.
En somme, faciliter au maximum l’apprentissage des étudiants. Nous tentons constamment de développer de nouvelles fonctionnalités dans le but de simplifier la vie étudiante (notamment une bourse aux livres)

Rencontre avec Marc-Antoine Künzi, qui a bien voulu nous parler de sa start-up.

 


 

Comment est née votre start-up ?

En première année HEC, je faisais de nombreux résumés pour mes révisions. Très demandés, je les partageais avec mes camarades pour qu’ils puissent en faire des photocopies. J’étais néanmoins confronté à un problème majeur. De temps en temps, je me retrouvais dans l’impossibilité de réviser car mes résumés n’étaient pas entre mes mains. Je me suis donc penché sur la recherche d’un système permettant de distribuer à toutes et tous mes documents et inversement. Facebook semblait une alternative mais les groupes changent chaque année et ainsi les documents sont perdus au fil du temps. De nombreux liens Dropbox se partagent entre étudiants, le seul problème est que si le lien n’est pas partagé, il se meurt. J’ai donc pensé à une structure web pérenne réunissant de manière centralisée tous les documents et pouvant ainsi être accessible à tous chaque année.

 

Comment avez-vous réussi à mettre en œuvre ce projet?

Nous nous sommes lancés à deux avec Ken Steiner, un ami informaticien en apprentissage. Nos moyens étaient plus que limités au départ, nous avons dû investir de notre poche, notamment pour payer les frais de serveurs.
Nous avons été rejoints un an plus tard par Alexandre Desponds, un autre ami informaticien pour compléter notre équipe.
Notre première stratégie fut d’avoir assez d’utilisateurs et de visites dans le but d’établir des partenariats avec des entreprises et ainsi de couvrir les frais de serveurs en échange de visibilité sur notre site.

 

Quelles sont les difficultés majeures rencontrées tout au long de sa création?

La tâche principale pour laquelle nous avons connu le plus de difficultés fut la gestion de projet. Le site Summaries a été créé sur notre temps libre. Nos horaires et modes de vies étant totalement différents, nous travaillons à distance et à des rythmes différents. Nous avons beaucoup appris grâce au travail de coordination que nous avons dû fournir. Nous avons aussi été obligés de nous séparer d’un ami travaillant sur le projet car il ne possédait pas les compétences nécessaires et nous ralentissait. Ce n’est jamais facile de se séparer d’un ami mais son manque de motivation nous obligea à nous en séparer.

 

Comment décririez-vous votre état d’esprit au commencement de votre projet ?

Super enjoué et avec l’impression d’être investi d’une mission d’aider les étudiants de façon significative. Vous savez cette sensation de faire quelque chose qui ne sert pas qu’à notre bonheur mais vraiment d’apporter un plus pour les autres.

 

Selon-vous, quelles sont les qualités indispensables à avoir lors de la création de sa start-up ?

Pour ce qui est du « hard skill », les qualités indispensables sont :

  • la gestion de projet, une idée peut être géniale, si elle est mal réalisée elle ne sera jamais aboutie et tombera en désuétude.
  • Il faut savoir tenir une comptabilité et surtout faire de l’analyse financière. La gestion des fonds est primordiale ainsi que le suivi des projets et surtout la prévision des dépenses.
  • Le dernier point qui parait évident est la compétence brute dans le domaine ciblé. Si le projet est un site, il faut les compétences dans ce domaine ou du moins trouvé quelqu’un pour le faire (associés ? embauche ?), à vous de trouver les bonnes personnes.

Le « soft skill » est la base de l’entreprenariat, il faut d’abord être persévérant. La diplomatie est aussi nécessaire, savoir concéder et trouver des arrangements seront les clés d’une start-up bien montée. Il faut savoir vendre son produit et montrer l’avantage qu’il peut conférer à son interlocuteur tout en restant humble et en ayant la tête sur les épaules.

 

Quelle place prend votre start-up dans votre vie quotidienne ?

Personnellement, cette start-up me prend la grande majorité de mon temps libre, mais je ne le ferai pas si je n’aimais pas cela.

 

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Si vous pouviez modifier votre parcours, que changeriez-vous ?

Il faut savoir organiser et structurer le projet dès le début pour éviter la perte de temps futile.
Le plus important est de prendre le temps et surtout d’être sélectif. Le but étant de se rapprocher le plus possible d’une qualité professionnelle, il faut donc bien choisir les membres du projet selon leurs compétences.

 

Avez-vous un conseil primordial à donner à un étudiant qui envisagerait de se lancer ?

Oui, ils sont même au nombre de deux. Il faut d’abord savoir s’entourer tant au niveau des collègues de projet que des conseillers externes. Seul, on arrive à rien et mal accompagné on n’arrive pas à un projet de qualité.
Ensuite, il faut toujours y croire, ne jamais se laisser décourager. Il faut croire en vous, croire au projet, sinon comment allez-vous le vendre si vous-même vous n’y croyez pas ? Bien sûr il faut savoir critiquer le projet et ne pas se lancer corps et âmes dans un projet insensé.

 

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

Enormément ! Toute expérience est bonne à prendre. En l’occurrence, cette expérience m’a permis de développer mes capacités personnelles mais aussi ma capacité d’adaptation au travail en équipe. Cela m’a aussi permis de rencontrer des gens incroyables et de développer mes contacts.

 

Quels sont vos projets à long-terme ? Comment voyez-vous l’avenir de la start-up?

Le projet Summaries est de s’étendre sur toute la Suisse et même dans un futur plus lointain en Europe. Nous allons aussi développer une offre pour les gymnasiens et nous avons d’autres idées comme intégrer sur le site, des cours « online » de soutien.

 

Avez-vous déjà eu envie de tout plaquer ?

Bien sûr, de nombreuses fois même, j’ai beaucoup été critiqué. Difficile de croire en soi quand on reçoit de nombreuses attaques ayant pour but de démonter le travail fourni ou encore de vous rabaisser. Il faut savoir trier les remarques constructives des remarques gratuites et souvent haineuses.

 

Avez-vous déjà eu, à l’inverse, envie d’arrêter les études pour vous consacrer entièrement à votre projet ?

Non, les études en Europe sont vraiment importantes. Elles sont mêmes primordiales dans notre système. Il faut aller au bout des études, rien n’empêche de se lancer à 100% dans le projet une fois le diplôme obtenu.

 

Avez-vous déjà eu la sensation qu’il existe un fossé entre le monde de la start-up étudiante et le monde professionnel ?

Cela est une évidence dans le monde professionnel, il faut faire du chiffre, il faut pouvoir payer les personnes qui travaillent. Les processus et les mentalités sont très différents.

 

Charles Gousset