D’HEC à voix littéraires les plus suivies sur Instagram : rencontre avec Martin Boujol, l’ex-financier qui a tout plaqué pour les livres

Start-up dès la première année d’HEC Lausanne, master en finance à Saint-Gall, consulting, open spaces… Martin Boujol semblait cocher toutes les cases du parcours rêvé par tout étudiant HEC. Mais entre deux bilans comptables, c’est Romain Gary qui l’appelait. Dans les amphis, on le destinait à devenir cadre ; sur Instagram, il est devenu LA référence littéraire. Ancien rédacteur d’HEConomist, il a troqué les débouchés bien rangés pour une vie de mots, de lectures partagées et, surtout, de passion. Une bifurcation audacieuse née d’un profond décalage, nourrie par une envie viscérale de vivre autrement. Dans cet entretien accordé à la suite du Salon du livre 2025, il revient sur ce virage inattendu—mais follement cohérent.


Tu as commencé tes études à HEC Lausanne. Tu te rappelles quel genre d’étudiant tu étais à ce moment-là ? Est-ce que tu avais déjà en tête que tu n’allais pas suivre le chemin classique vers la finance ou le conseil ? Ou bien à ce moment-là, tu te voyais encore finir en costume-cravate, dans un bureau ?

À vrai dire, j’étais vraiment le cliché de l’étudiant HEC : dès ma première année, je travaillais déjà dans une start-up, et on nous vendait clairement l’idée qu’on allait devenir de futurs grands CIO. Pourtant, même avant de commencer mes études, donc déjà au gymnase, j’avais en tête de devenir éditeur. En discutant avec des gens du monde de l’édition, ils m’avaient plutôt conseillé d’aller vers HEC plutôt que vers un cursus littéraire, en me rappelant qu’au fond, le métier d’éditeur consiste surtout à les vendre les livres. Donc à cette époque-là, c’était un peu un mélange des deux visions : je jouais un peu le jeu du futur cadre dynamique tout en gardant l’idée que je finirais peut-être ailleurs, probablement dans l’édition.

En 2016-2017, tu étais dans l’équipe d’HEConomist : rédacteur, responsable événementiel… Comment ça s’est fait ? Tu cherchais à reprendre l’écriture, à t’impliquer différemment sur le campus, ou c’est tombé un peu par hasard ?

Pour être honnête, je ne me souviens plus exactement comment j’ai rejoint HEConomist, probablement à la suite d’une présentation d’associations dans un amphi en deuxième année. En première année, j’avais volontairement évité de m’impliquer dans les associations parce que je travaillais déjà en start-up et que ça me paraissait une perte de temps d’investir du temps là-dedans. Mais à partir de la deuxième année, j’ai eu envie de rencontrer de nouvelles personnes, de créer un réseau sur le campus, et surtout de renouer avec l’écriture, que j’avais un peu délaissée depuis le gymnase. C’est assez drôle parce que, même si je ne me rappelle plus exactement de mes écrits à l’époque, en les relisant aujourd’hui, je constate qu’on pouvait déjà apercevoir ce côté hybride entre finance et littérature.

Ensuite tu as fait ton master à Saint-Gall. Est-ce que c’est à ce moment-là que tu as senti un vrai décalage entre tes études et ce que tu aimais vraiment ? Tu racontes souvent que les livres étaient ton refuge là-bas. Est-ce que c’est là que la bascule a commencé ?

Oui clairement, à Saint-Gall le décalage est devenu vraiment fort. Mon master était très axé finance, très orienté vers le travail avec beaucoup de consulting, des projets très concrets, et honnêtement ça ne me passionnait pas vraiment. Je ressentais aussi un vrai décalage avec les gens autour de moi, et je ne voyais plus trop de sens dans le travail que je faisais.

En plus, tout se passait en allemand, et je n’avais personne à qui parler de littérature parce que ça ne les intéressait pas, encore moins en français. Donc je lisais tout seul dans ma chambre. C’est ce contexte qui m’a poussé à créer mon compte littéraire sur les réseaux sociaux. Au début, c’était juste pour pouvoir échanger avec des gens passionnés comme moi.

Martin Boujol, l'influenceur littéraire genevois aux millions de vues:  «Inspirer les gens, les motiver à lire, ça me rend heureux» - Le Temps

Je vais peut-être poser la question qui fâche… mais comment on passe d’un master en finance à Saint-Gall à « influenceur littérature » ? Il s’est passé quoi ? Il y a eu un déclic, une fatigue, une envie d’autre chose ? Raconte-nous un peu ce virage.

Je dirais que ce changement ne résulte pas d’un grand déclic précis mais plutôt d’une accumulation de petites choses qui m’ont progressivement poussé vers ce choix. Déjà, durant mon master, je travaillais beaucoup, et cela m’a permis de réaliser assez clairement que ce n’était pas la voie professionnelle qui m’attirait. Parallèlement, mon compte littéraire connaissait un beau succès, atteignant rapidement 25’000 abonnés, ce qui était déjà considérable pour ce genre de contenu.

Et au bout d’un moment, il faut aussi choisir et prendre le risque de se lancer, surtout quand c’est quelque chose qui nous passionne. J’ai donc dû faire un choix clair : continuer à moitié dans quelque chose qui ne me passionnait pas ou bien m’engager pleinement dans ce que j’aimais vraiment. Je suis conscient que ce genre de décision comporte un risque, surtout dans un domaine artistique où rien n’est garanti, mais pour moi, il était essentiel de tenter le coup à fond. Ça aurait pu ne pas marcher, mais heureusement, j’ai eu la chance que ce soit le cas.

Est-ce que tu penses que ton bagage HEC t’a quand même servi aujourd’hui ? Pour la gestion de ta plateforme, le marketing, le côté entrepreneurial… Ou bien tu as dû tout apprendre à faire de zéro ?

Honnêtement ? Pas vraiment. J’ai un master en finance, et pourtant, j’ai dû tout apprendre sur le tas. C’est un peu ironique quand j’y pense. On nous enseigne à gérer la comptabilité d’une entreprise qui possède genre 250 voitures, sauf que dans la réalité, ce genre de cas ne se présente jamais. Ce n’est pas concret, pas applicable à mon quotidien. Ce qui m’a le plus servi, en fait, c’est ce que j’ai fait en dehors des cours : mes expériences en start-up, les associations, les projets montés à côté. C’est là que j’ai acquis des compétences transversales utiles aujourd’hui. À l’école, je révisais souvent à la dernière minute, donc je ne vais pas mentir : sur le fond, je n’ai pas retenu grand-chose. Et puis HEC, ça forme surtout des bons employés de bureau.

Et si tu pouvais tout recommencer, est-ce que tu reprendrais la même voie ? Business, puis bifurcation ? Ou tu te dirais : allez, je me lance directement dans les lettres et la littérature ?

Je ne suis pas quelqu’un qui vit avec des regrets. Je pense que c’est justement mon parcours qui m’a amené là où je suis aujourd’hui. Alors oui, si tu me proposes demain : « Doctorat en lettres ? », et que tu me laisses un peu de temps, je suis chaud. Mais ce qui fait ma force aujourd’hui sur les réseaux, c’est précisément de ne pas avoir suivi un parcours typique en lettres. J’ai tout appris tout seul, donc je sais ce que c’est que de ne rien connaître, je me souviens de cette position-là. Et c’est ça qui me permet de parler à un public large, à des gens qui ne lisent pas forcément, qui ne savent pas par quoi commencer.

C’est pour eux que j’ai lancé des formats comme « top 5 des romans à lire en une après-midi ». Ce genre de formats fonctionne très bien sur les réseaux, et surtout, ça rend la littérature accessible. Si j’avais eu un parcours académique en lettres ou en philo, je pense que j’aurais été moins proche de mon audience. Pour moi, c’était important de m’adresser à des gens qui ne sont pas déjà initiés.

Comment tu choisis les livres que tu partages sur ton compte Instagram La Nuit sera mots ? C’est purement au feeling ou tu suis une certaine logique ?

Ça dépend. Parfois, ce sont des maisons d’édition qui m’envoient des catalogues, et je choisis ce qui m’attire. Souvent, elles m’envoient ensuite d’autres titres dans le même registre, en espérant que ça me plaise aussi. Sinon, ça peut être complètement au hasard, en flânant en librairie, ou à partir de mes lectures précédentes. Par exemple, si j’ai aimé un livre de Romain Gary, je vais aller vers Witold Gombrowicz, un des rares auteurs qu’il admirait vraiment. Ça suit souvent cette logique. Si un auteur me plaît, j’ai tendance à suivre les fils qu’il tisse lui-même — ses influences, ses admirations — et ça me mène vers d’autres lectures.

Mais il y a une règle que je m’impose : je ne parle jamais d’un livre que je n’ai pas aimé. Déjà parce que je n’ai pas le temps de produire du contenu sur tout ce que je lis, et clairement, je n’ai pas envie de passer des heures à bosser sur un livre qui ne m’a pas touché. Et puis, je n’aime pas être dans la négativité. Mon compte repose sur une forme de positivité, donc si je parle d’un livre, c’est que je l’ai vraiment apprécié. Au moins, les gens savent que quand j’en parle, c’est une vraie recommandation.

Après, à la radio par exemple, c’est une autre histoire. Si un livre est mauvais, je n’ai aucun problème à le dire franchement, voire à le démonter si ça le mérite. Mais quoi qu’il arrive, je ne donne jamais un faux avis.

Une image contenant texte, capture d’écran, Visage humain, Site web

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

Est-ce que t’as des livres que tu relis régulièrement, qui t’accompagnent un peu comme des repères ? Tes « livres refuge », en quelque sorte ?

Il y en a quelques-uns, oui. Le Cerf-volant de Romain Gary, que j’ai dû lire quatre fois, ou En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut, par exemple. Ce sont des textes qui m’accompagnent depuis longtemps, que j’ai relus plusieurs fois.

(ndlr : C’est d’ailleurs Martin qui m’a donné envie de lire « En attendant Bojangles » — une lecture aussi émouvante que marquante, que je ne peux que vous recommander à mon tour)

Après, ce que je fais surtout, c’est prendre énormément de notes pendant mes lectures. Donc quand j’ai envie de me replonger dans une œuvre, je vais plutôt relire certains passages marquants, pour retrouver une émotion, une ambiance, ou simplement l’essence du livre.

Mais globalement, je relis peu. Avec tout ce qu’il y a à découvrir, je trouve ça presque dommage de consacrer du temps à une relecture complète. Même si je comprends totalement qu’on puisse avoir besoin, parfois, de retrouver des sensations familières à travers un livre déjà aimé.

Je pense que tu as dû voir passer l’actualité littéraire aux États-Unis avec notamment les milliers d’ouvrages qui se font censurer. On dit aussi souvent que la littérature est politique. En lien avec cela, est-ce que tu penses que tu fais un travail qui peut être considéré comme politique ?

Oui, mais pas politique dans le sens gauche-droite. Mon but n’est pas d’influencer les gens de ce côté-là. En revanche, je crois profondément que la lecture est un acte politique, dans le sens où elle développe l’esprit critique, enrichit le vocabulaire, ouvre à d’autres points de vue. C’est une forme d’éducation. Et l’éducation, c’est politique. Aux États-Unis, on voit bien ce que ça donne quand une partie de la population est privée de cet accès. Même en école de commerce, j’ai rencontré des gens très intelligents, mais pas forcément éduqués au sens large.

Lire, ça transforme la pensée.

Avec l’essor de l’intelligence artificielle, la création — qu’elle soit artistique ou intellectuelle — entre dans une nouvelle ère. En tant que créateur issu du monde académique, quel regard tu portes sur ces outils ? Est-ce que tu les utilises toi-même, ou tu préfères garder une approche plus intuitive et « artisanale » ?

En vrai, je ne vois pas ça comme une mauvaise chose. Ça me rappelle toutes les époques où l’arrivée d’un nouveau support a suscité des peurs plus ou moins irrationnelles. Quand les journaux sont apparus, on disait qu’ils allaient abrutir les masses. Même discours avec Google, accusé de tuer la mémoire ou l’esprit critique. Et encore avant, avec l’invention du livre de poche, qu’on accusait de dévaloriser la littérature, de la rendre trop accessible, presque « populaire » au mauvais sens du terme.

(ndlr : Martin avait d’ailleurs recommandé sur Instagram le livre « La très mirifique et déchirante histoire de l’homme qui inventa le livre de poche » de Rolf Potts, qui revient justement sur les débats suscités par la démocratisation du livre.)

Je pense qu’il faut prendre l’IA pour ce qu’elle est : un outil. C’est évident que les mauvais rédacteurs ou les graphistes moyens risquent d’être rapidement remplacés, parce que l’IA peut produire plus vite, plus propre, avec moins d’effort. Mais un bon créatif, un bon auteur, ça ne le remplace pas — ça l’accompagne, ça lui fait gagner du temps, et parfois ça l’aide à affiner son travail.

Moi, par exemple, je bosse seul. Je n’ai pas de collègues avec qui échanger, personne pour relire ou challenger ce que je fais. Alors oui, ça m’arrive de passer par ChatGPT pour avoir un retour. Honnêtement, 90 % du temps, les critiques sont à côté de la plaque — on ne va pas se mentir. Mais parfois, ça me permet de prendre du recul, de vérifier que ce que j’ai écrit tient la route, ou même d’améliorer un passage auquel je n’avais pas assez prêté attention. Ce n’est jamais un co-auteur, mais c’est un outil qui, bien utilisé, peut avoir son utilité. Surtout quand on travaille seul et qu’on a besoin de ce petit décalage de regard.

Martin Boujol, le «bookstagrameur» qui cartonne

Et pour tous les étudiants ou jeunes pros qui se sentent un peu à côté de leur parcours, comme toi à une époque : tu leur dirais quoi ? Comment faire quand on sent qu’on n’est pas au bon endroit ?

Je leur dirais ce que mon père m’a toujours dit : « Tu t’en fous de ce que tu fais avant tes 35 ans ! ». Parce qu’au fond, avant ça, tu as le droit de te chercher, de lancer des projets, d’oser des trucs différents. Tu dois le faire même ! Ton premier job, même ton deuxième, c’est exactement le moment pour tenter des choses. C’est après, quand tu as passé la quarantaine, que tu pourras vraiment consolider ta carrière. Mais surtout, j’ajouterais qu’il n’y a personne qui est vraiment au « bon endroit ». Ça n’existe tout simplement pas, les gens avec des parcours tout tracés, c’est un mythe. Tout le monde se cherche un peu tout le temps.

Enfin, te voilà interviewé par HEConomist, quelques années après y avoir écrit tes premiers articles. Si tu pouvais envoyer un petit message au Martin de 2017, celui qui bossait dans les locaux de l’UNIL… qu’est-ce que tu lui dirais ?

Je lui dirais qu’on a tendance à beaucoup trop s’inquiéter pour tout : quelle note je vais avoir à tel examen, quel stage ou travail je vais trouver, ou encore la fille qui t’a brisé le cœur. Mais en réalité, la fille qui m’a brisé le cœur quand j’avais 18 ans, ça fait dix ans que je n’y pense même plus. Donc je lui dirais : « inquiète toi moins ».

Et ton toi du futur, il ressemble à quoi ? Côté projets, tu bosses sur quoi en ce moment ? J’ai vu passer quelque chose en FAQ sur Insta, comme quoi un livre pourrait être en préparation… Tu peux nous en dire un mot ? Ou nous teaser un peu ce que tu prépares ?

En ce moment je travaille sur un projet qui sortira en mai. Je ne sais pas si tu avais ça quand t’étais petite, des passeports vacances genre CM2, avec différents thèmes du style sport, culture, etc. à remplir quand tu étais à la plage. Eh ben là je prépare une sorte de passeport vacances pour adultes, mais en version littérature. C’est un projet vraiment cool, ça sort chez Solar le 7 mai et j’ai vraiment hâte.

Et sinon, il y a aussi un autre projet, cette fois un essai littéraire, qui sortira chez Grasset. C’est un gros tournant pour ma carrière littéraire donc j’ai vraiment hâte de voir comment ça va être accueilli.


À l’écouter (ou le lire pour vous), on comprend que Martin Boujol n’a pas seulement quitté la finance : il a décalé son axe. Pas dans la rupture spectaculaire, pas dans la crise existentielle de reconversion, mais dans quelque chose de plus fin, plus discret, presque têtu : une fidélité à ce qui, depuis toujours, tenait bon. Les livres. L’écriture. L’envie de raconter. Ce n’est pas un rejet du monde HEC, mais le refus d’en faire une fin en soi. Un pas de côté, lucidement assumé.

Aujourd’hui, il a transformé Instagram en terrain littéraire, sans posture ni vernis. Il parle d’auteurs comme à des vieux potes, cite les Prix Goncourt entre deux stories, et fait entrer la lecture dans les plis du quotidien. Ce qu’il propose n’a rien d’une vitrine culturelle : c’est un lien direct, sincère, avec celles et ceux qui, parfois, ont juste besoin d’un petit élan pour se replonger dans un roman. Il ne fait pas la leçon, il tend la main. Et c’est là que réside sa force : rendre les livres vivants, proches, à hauteur d’humain.

Faire un tour sur sa page La Nuit sera mots, ce n’est pas seulement suivre ses recommandations. C’est renouer avec un désir qu’on avait peut-être mis de côté : celui de lire pour soi, lentement, sérieusement, ou pas du tout. Lire pour respirer un peu mieux. Pour penser autrement. Pour s’échapper, ou au contraire, pour revenir à soi.

Alors, si vous hésitez encore à vous lancer dans ce roman qui traîne sur votre table de chevet, ou si vous vous demandez si vous êtes à votre place : lisez. Prenez le détour. Osez l’écart.
Parce qu’on ne sait jamais : parfois, un simple livre peut vous faire changer de vie.

 

Gwendoline Munsch

 

Sources : 

Source image de couverture

Pour retrouver Martin sur son compte Instagram

Pour découvrir les premiers textes de Martin publiés dans HEConomist à l’époque où il était membre de la rédaction, cliquez ici.

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