La lecture est une activité qui divise souvent les opinions. En effet, de mon expérience, il est rare de rencontrer une personne qui nous dira qu’elle est indifférente à la lecture. L’échelle d’appréciation a plutôt tendance à être proche d’une question à choix multiples avec comme alternatives « Lire ? Ma passion ! », « Une vraie phobie, pire que les araignées » et « C’est quoi lire ? ».

Toutefois, il est indéniable qu’aimer lire est un avantage conséquent dans bien des domaines. Typiquement, dans le cas précis de l’éducation universitaire, vous vivrez bien mieux votre Bachelor ou Master si vous appréciez la lecture des articles académiques que s’ils représentent votre mythe de Sisyphe personnel.

Rassurez-vous ! Même si vous n’aimez pas lire, il existe maintes petites astuces qui permettent d’augmenter sa capacité à lire des livres, des articles (surtout ceux d’HEConomist !) ou des revues académiques. Même si un magicien ne révèle jamais ses secrets, je vous donne aujourd’hui mes petits conseils personnels pour réussir à augmenter son rythme de lecture (et, avec un peu de chance, apprendre à aimer lire).

Le début, cette étape cruciale

Dans le cas de romans tout particulièrement, l’étape que beaucoup de personnes (dont moi-même) considèrent comme difficile à outrepasser est le début. Entrer dans un univers ou dans une histoire peut demander beaucoup d’effort cognitif, ce qui n’est pas forcément le cas lorsque vous êtes lancé·e dans le récit.

Dans cette situation, une seule solution : lisez lorsque vous n’avez rien d’autre à faire. Par exemple, si vous vous déplacez souvent en transports publics, c’est l’endroit idéal pour commencer une lecture. À part si vous êtes accompagné·e de votre smartphone ou de vos ami·e·s, nous avons la chance d’avoir peu de distractions dans nos chers CFF. Profitez de ces minutes d’attente pour vous plonger dans une histoire. Je vous garantis qu’une fois ces difficiles premières pages passées, si le contenu vous convient, le lire deviendra bien plus simple.

À bas les classiques – lisez ce qu’il vous plaît !

Une idée reçue dans le monde de la littérature est que certains livres sont incontournables, qu’il est impensable de ne pas les lire si on se prétend lecteur·trice, qu’ils valent mieux que d’autres. Je n’irai pas jusqu’à dire que chaque ouvrage se vaut : il existe bien de faramineux chefs d’œuvres dont l’assemblage de mots quasi-divin surpasse ce à quoi l’on pourrait s’attendre.

Néanmoins, ce qui est certain, c’est que personne ne devrait être jugé·e pour ses goûts. Vous ne vous intéressez pas au destin de Madame Bovary ? Vous ne souhaitez pas suivre la vie d’Étienne Lantier ? Les missives de la marquise de Merteuil et du vicomte de Valmont vous ennuient ? C’est tout à fait valable ! La pire astuce pour se mettre à la lecture est de lire ce pour quoi on n’a aucun intérêt. Pour apprendre à aimer quelque chose, il est indispensable d’y prendre du plaisir.

Est-ce que vous conseilleriez à un·e ami·e qui veut apprendre à cuisiner de commencer directement par une pièce de lotte confite, accompagnée de son mousseux de champignons fraîchement cueillis ? Si oui, vous devriez peut-être remettre en question vos capacités de conseil…

Dans le cas où vous chercheriez des recommandations de lectures diverses et variées, je ne peux que vous recommander notre format Nice to Read You, où nos rédacteurs et rédactrices partagent leurs coups de cœur.

Tous les mots ne sont pas indispensables

Peut-être avez-vous commencé cet article avec l’espoir de trouver comment lire les 3 articles académiques de 30 pages en économie politique pour demain matin ? Si c’est le cas, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

Pour ce qui est de la mauvaise nouvelle, c’est que vous n’échapperez pas à leur lecture. Croyez-moi, j’ai essayé, et il est impossible d’aspirer le contenu d’un de ces charmants PDFs en le fixant durant 30 minutes (si vous avez ce superpouvoir, contactez-moi, je vous en supplie).

En revanche, la bonne nouvelle peut vous être utile : il n’existe probablement pas de livre ou d’article dont l’intégralité des mots est indispensable afin d’acquérir une compréhension plus que suffisante du texte. Expérience faite : la plupart du temps, dans le cas d’articles académiques, il est plus malin de lire l’introduction, la discussion et la conclusion que de s’attarder sur les parties intermédiaires comme la méthode et les résultats. Non seulement ces parties sont (subjectivement) les plus indigestes, mais elles sont souvent répétées de façon indirecte ailleurs dans l’article. De plus, à moins que vous étudiiez les statistiques, ces parties ne seront que rarement les plus importantes (petite pensée à nos ami·e·s statisticien·ne·s).

Le même concept s’applique aux livres. Une description vous paraît interminable et superflue ? Tournez la page ! Non seulement vous apprécierez plus votre lecture en évitant ces passages quelquefois rébarbatifs, mais cela vous laisse plus de liberté dans l’imagination de votre histoire. Par contre, je ne recommande pas de tourner toutes les pages sans les lire ; je me permettrais alors d’émettre quelques doutes concernant votre rétention d’informations.

Goodreads : le réseau social des bouquineur·euse·s

Lancé en début 2007, Goodreads est devenu un des sites de référence pour la critique, le conseil et la notation de livres. À l’instar de la plupart des réseaux sociaux, la plateforme possède une messagerie interne et un système d’ami·e·s. Elle permet également de savoir ce que vos proches lisent, ce qu’ils·elles aimeraient lire et ce qu’ils·elles ont terminé, ainsi que la note donnée par leurs soins à l’ouvrage. Ainsi, non seulement vous pourrez tomber sur de nouveaux bouquins à dévorer, mais vous aurez une idée de cadeau de Noël pour chacun·e de vos ami·e·s !

Goodreads propose de surcroît un concept très intéressant pour les fanas de compétition : l’annuel Reading Challenge. Ce dernier commence en janvier de chaque année, durant laquelle vous allez vous fixer un objectif de livres à lire. De ce fait, à chaque fois que vous retournerez sur l’application ou sur le site, le service vous indiquera si vous êtes en avance ou en retard sur votre challenge (par exemple, je suis actuellement à quatre livres de ret… bref).

Vous pouvez aussi comparer votre Reading Challenge à celui de vos connexions, ainsi qu’à vos propres Reading Challenges des années précédentes. Je ne peux que recommander l’application, très simple d’utilisation, qui permet de rester organisé·e vis-à-vis de ses lectures et d’en découvrir de nouvelles.

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J’espère qu’à travers ces lignes, vous avez trouvé une solution à certains des maux que la lecture peut apporter. Malgré ces quelques conseils, la lecture est et restera une activité extrêmement chronophage, qui ne s’insère pas forcément facilement dans le calendrier de Monsieur ou Madame Tout-le-monde. Toutefois, elle est aussi une activité pleine de rebondissement, extrêmement satisfaisante, et qui vous remplira plus d’une fois d’un sentiment d’accomplissement.

« Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre. »

Comme un roman, Daniel Pennac

 

Dilane Andrade Pinto
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