La Corée du Nord continue de proférer des menaces 


 

Le 27 juillet 1953, un pacte de non-agression fut signé entre les deux nations de la péninsule coréenne. Soixante-trois ans plus tard, les tensions n’en finissent pas autour du 38ème parallèle. Ce début d’année 2016 (notamment le 6 janvier lors de l’essai nucléaire) connait une escalade de propagande.

En représailles des manœuvres militaires annuelles conjointement organisées par les Etats Unis et la Corée du Sud, le leader Nord-Coréen, Kim Jong-Un, a diffusé samedi 26 mars une vidéo menaçante à l’encontre de la première puissance mondiale. Cette vidéo de quatre minutes, intitulée « La dernière chance », montre le lancement d’un missile nucléaire, dévastant Washington et le Lincoln Mémorial. La fin de la vidéo est d’autant plus explicite, avec un message écrit en coréen : « Si les impérialistes américains bougent d’un pouce en notre direction, nous les frapperons immédiatement avec notre force nucléaire ».

Bien que les propos tenus soient menaçants, l’exécution de la vidéo, notamment le montage et les effets spéciaux, diminuent fortement la crédibilité et la véracité d’une telle menace nucléaire. En réponse à cette propagande, Séoul a par ailleurs répliqué en envoyant en Corée du Nord plusieurs milliers de tract humiliant Pyongyang, ce qui, vous l’aurez compris, ne va qu’attiser les tensions au sein de la Péninsule. Le climat actuel est donc particulièrement délétère et la stabilité géopolitique de cette région est loin d’être assurée.

 

  

Primaires de la droite en France 


 

Suite aux récentes annonces de candidatures Les Républicains (LR) et la non-participation décidée par l’UDI à cette primaire de la droite et du centre, faisons une petite mise au point sur la course à l’Elysée.

De nouveaux candidats…

Aux candidatures de longue date – déclarées ou pas -, sont venus s’ajouter ces dernières semaines des prétendants de poids.

Bruno Le Maire, qui avait séduit près de 30% des électeurs à l’élection pour la présidence de l’UMP, espère pouvoir incarner un renouveau de la classe politique avec sa candidature annoncée en février dernier. Il expose ses idées dans un livre, « Ne vous résignez pas ! », qui vient par ailleurs s’ajouter à la longue liste de livres programmes publiés par François Fillon, Nicolas Sarkozy ou encore Alain Juppé. Crédité de 16% des intentions de votes selon un sondage IFOP, le chemin reste toutefois long pour Le Maire, face à l’avance prise par l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé, qui recueillerait près de 40% des voix selon le même sondage.

Une avance qui donnerait des idées à certain(e)s ? Evincée de la direction des Républicains par Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet a récemment officialisé sa candidature et publie son livre, « Nous avons changé de monde ». L’ancienne ministre a réussi son entrée en campagne, après son passage dans On n’est pas couché, où elle a offert une image plutôt décontractée et naturelle.

Jean-François Copé s’est également porté candidat à la primaire, après son retour médiatique début février sur le Divan de Fogiel. Ce regain de sincérité ne suffira sans doute pas à faire oublier la pathétique confrontation du maire de Meaux à François Fillon, lors de l’élection pour la présidence de l’UMP, qui avait profondément divisée la droite.

…mais sans le centre ?

L’UDI, par le vote de ses adhérents, a décidé de ne pas prendre part à cette primaire. Ce vote suit l’appel au boycott du président du mouvement, Jean-Christophe Lagarde, réclamant un accord pour déterminer le rôle qu’aura à jouer l’UDI dans l’éventuel futur gouvernement et la répartition des circonscriptions pour les législatives qui suivront. Des demandes exigeantes, qui pourraient compromettre le projet ambitieux de ces primaires ouvertes et élargies.​

 

Les agences de notations ont-elles encore du poids ?


 

Dans le monde impitoyable des agences de notation, la guerre au sein du « Big Three » (Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, ndlr) fait rage depuis de nombreuses années. Sévèrement décriées durant la crise des subprimes, rien ne semble pourtant troubler la croissance et l’expansion de ces agences. Le « Big Three » représente aujourd’hui plus de 95% des notations d’obligations. Depuis 2008, Moody’s a triplé ses effectifs !

La SEC (Securities and Exchange Commission), l’organisme de contrôle et de surveillance des marchés financiers aux Etats-Unis, a récemment publié un rapport pointant du doigt une énième fois les pratiques douteuses des agences de notations. Selon le rapport, de nombreuses zones d’ombres entourent encore les méthodes utilisées pour le rating. Afin d’acquérir un maximum de parts de marchés, il est fortement probable que les agences sur-notent les sociétés qu’elles évaluent. La principale défaillance du système de notation réside justement dans l’indépendance de ces agences. Comment délivrer une évaluation indépendante et irréprochable d’une entreprise ou d’une dette, alors même que l’agence est rémunérée par l’entité notée ? Les agences de notations se déchargent néanmoins de toute responsabilité, soulignant que les notes décernées ne sont qu’une estimation et ne reflète qu’une opinion « indépendante ».

Depuis la crise de 2008, les Etats-Unis ont pris des mesures et tenté d’encadrer les activités des agences de notations. Aujourd’hui, malgré une forte remise en cause de leur crédibilité, les agences de notations continuent pourtant de faire la pluie et le beau temps sur les marchés financiers mondiaux. Dettes d’Etats, obligations, sociétés : tous les acteurs financiers sont suspendus aux lèvres de Moody’s, Standard & Poor’s ou Fitch et leurs fameux ratings (de AAA à CCC), censés représenter le risque encouru par l’investisseur.

A titre d’information, les entités notées alimentent aujourd’hui plus de 90% du chiffre d’affaires des agences de notations. On ne tue pas la poule aux œufs d’or comme cela…

Enguerran Badoux, Antoine Couson & Thibaud Rullier