Solar Impulse 2 : toujours en attente


Vingt-trois mètres de long, soixante-treize mètres d’envergure et plus de 17’000 cellules photovoltaïques, vous l’aurez  sans doute compris, je parle du HB-SIB, plus connu sous le nom de Solar Impulse 2. Ce colossal prototype, stationné à Hawaï depuis neuf mois pour des réparations, est toujours en attente de conditions météorologiques favorables pour poursuivre son incroyable tour du monde.

La fabuleuse aventure de Solar Impulse, premier tour du monde d’un avion 100% électrique, débutait le 9 mars de l’année dernière à Dubaï, avant de marquer un coup d’arrêt le 3 juillet dernier, en plein océan Pacifique. La 8ième étape avait été marquée, rappelons-le, par le vol exceptionnel d’André Borschberg, qui avait relié le Japon à Hawaï en 117 heures, un record pour un avion dépourvu de pilotage automatique. Nous attendons donc avec impatience la prochaine étape, pilotée par le chevronné Bertrand Piccard, qui devrait relier Hawaï à Phoenix, sur le territoire américain.

Selon le porte-parole du projet scientifique, Chris Shigas : « Le Solar Impulse attend une fenêtre météo lui permettant de voler et nous ne sommes donc pas en mesure de donner une heure et une date pour le décollage ». Il a ajouté avec optimiste que le départ pour l’Amérique du Nord depuis Hawaï était programmé pour ces prochains jours. Il restera ensuite quatre escales à Solar Impulse pour atteindre à Dubaï, achevant ainsi le plus grand exploit aéronautique du XXIème.

 

Catastrophes naturelles au Japon et en Equateur :


La nature n’est pas très tendre avec nous ces derniers temps sur les bords du Léman : « Il fait moche, c’est horrible on se croirait en hiver », « Et moi qui voulais allait au Lac » ou encore « Il pleut, j’ai la flemme de sortir » sont des phrases qui ont certainement accompagné vos derniers jours. A défaut de nous rendre heureux et enjoués, les conditions météorologiques maussades sur le territoire suisse semblent toutefois bien clémentes face aux catastrophes naturelles de la semaine dernière. Le Japon et l’Equateur ont en effet dû faire face à de violents séismes, occasionnant d’innombrables dégâts humains et matériels.

L’archipel nippon est un habitué des secousses sismiques. Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, il est indubitablement le pays du monde le mieux préparé aux séismes et aux tsunamis. Il n’en demeure pas moins que jeudi soir, une première secousse de magnitude 6,2 (selon l’US Geological Survey) frappait de plein de fouet l’île de Kyushu, occasionnant le décès de 9 personnes et en blessant près de 850. Hélas, cette première turbulence n’était que la partie émergée de l’iceberg. Un deuxième séisme de magnitude 7,3 (toujours selon l’USGS), à potentiel très destructeur et seize fois plus puissant que le précédent, a eu lieu durant la nuit de vendredi à samedi, poussant les autorités à reléguer le premier au rang d’ « évènement précurseur ». Le bilan provisoire de l’ensemble de ces secousses faisait état dimanche soir de 41 morts, environ 1000 blessés et près de 90 000 personnes évacuées. Unique bonne nouvelle, aucune centrale nucléaire n’a été perturbée par cet événement météorologique.

L’Equateur, situé près de la zone d’affrontement de la plaque continentale d’Amérique du Sud et de la plaque océanique du Pacifique, est également un pays régulièrement menacé par les séismes. Ce samedi, il a de nouveau subi les colères de mère nature.

La région de Pedernales, haut lieu touristique, a été secouée par un long séisme (près d’une minute) de magnitude 7,8, le plus violent en Equateur depuis près de 40 ans. Le vice-président Jorge Glas annonçait dimanche un bilan provisoire de 235 morts et 1557 blessés, avant de décréter l’état d’urgence. Tandis que le maire de Pedernales, Gabriel Alcivar, déclarait aux médias : « Pedernales est dévasté, les immeubles se sont effondrés, en particulier les hôtels où beaucoup de touristes sont logés. Il y a des cadavres. Nous avons besoin d’aide ».

L’aide humanitaire n’a d’ailleurs pas tardé à arriver. Tout d’abord, de nombreux pays d’Amérique du Sud  dont la Colombie, le Chili ou encore le Mexique ont très rapidement réagit, déployant des renforts et permettant d’installer de nombreux hôpitaux mobiles. Ensuite,  l’Union Européenne a annoncé « l’activation du mécanisme européen de protection civile ». Enfin, John Kerry, secrétaire d’Etat américain a officiellement offert le soutient des Etats Unis. Une chose est sûre, le bilan risque malheureusement de s’alourdir davantage.

 

Dilma Rousseff poussée vers la sortie ?


Réélue par 54 millions de Brésiliens en octobre 2014 à la tête de la grande puissance émergente, Dilma Rousseff a peu de chance de pouvoir terminer son second mandat. Accusée d’avoir masqué l’ampleur du déficit public, la Présidente brésilienne s’est soumise au vote des députés, qui se sont prononcés à plus 71 % pour sa destitution. Une première étape, qui sera suivie par un vote du Sénat entre fin avril et début mai, pour l’éloigner des responsabilités pendant 180 jours, puis finalement par un second vote du Sénat à la majorité des deux tiers pour la chasser définitivement du pouvoir. Si le sénat entérine la décision des députés, l’intérim des 180 jours sera assuré par le vice-président Michel Termer, qui dirigera également le pays jusqu’aux prochaines élections prévues en 2018, en cas de destitution.

La Présidente s’est exprimé à la veille du scrutin ; des propos rapportés par Le Monde : « S’opposer à moi, me critiquer fait partie de la démocratie. Mais démettre une présidence élue de façon légitime, sans que celle-ci ait commis un quelconque crime (…) n’est pas le jeu démocratique. C’est un coup d’Etat. » Une communication de la dernière chance qui n’a visiblement pas convaincu les députés. L’aboutissement d’une telle procédure mettrait fin à quatorze ans de pouvoir socialiste dans un pays où la corruption des élus bat son plein, à l’image de l’actuel président de la chambre des députés, accusé de corruption et de blanchiment d’argent, ou encore de l’ancien maire de Sao Paulo, recherché par la justice américaine et Interpol.

 

Enguerran Badoux, Abbas Filali Meknassi & Antoine Couson