Qui n’a jamais rêvé d’explorer l’espace ? Une volonté globale d’envoyer l’homme sur Mars se confirme peu à peu et nous rapproche doucement mais surement de la science-fiction.


 

Dans le secteur privé, c’est Elon Musk, fondateur de la société SpaceX, qui projette d’envoyer des humains sur la planète rouge.
Employant plus de 4’000 personnes dans le secteur astronautique, la société espère faire décoller ses premières navettes de repérages courant 2018, avant que ne suivent des voyages habités en 2024.

Pour que ces opérations soient réalisables financièrement, le milliardaire américain mise sur le développement technologique. Une recherche innovatrice et une réduction des coûts fixes grâce à la présence de rendements d’échelles plus importants dans les années suivantes. Ces progrès permettraient de réduire le coût d’un passager de 10 milliards à 100’000 euros.

Ces vols habités, comprenant environ cent personnes par vaisseau, seraient uniquement destinés à une implantation définitive sur Mars, aucun retour n’étant prévu dans le voyage.

 

Barack Obama a également pris les devants ce mardi 18 octobre en réaffirmant le rôle des Etats-Unis dans la course à l’espace. Le programme du retour des américains sur la Lune avait en effet été arrêté en 2010. Le président américain s’est donc exprimé par le biais d’une tribune publiée sur CNN. Il dit avoir « fixé un objectif clair pour le prochain chapitre de l’histoire de l’Amérique dans l’espace : envoyer des humains sur Mars dans la décennie 2030 et les faire revenir sur Terre en sécurité ». Les Etats-Unis, premier investisseur dans la recherche spatiale avec la NASA, trace ainsi la direction mondiale à suivre. Il faut néanmoins noter que le Gouvernement Chinois persiste à vouloir établir un programme Lunaire à part entière.

Barack Obama a enfin insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite avec le secteur privé. Le partage d’informations et de connaissances pourrait réduire considérablement les délais de productions des navettes spatiales et de mise en place des futurs projets spatiaux. De plus, cette entente augmenterait l’attrait du secteur aéronautique pour les investisseurs financiers et donnerait probablement lieu à des levées de fonds, entrainant ainsi une création massive d’emplois qualifiés dans ce secteur.

 

L’année 2016 est d’ores et déjà marquée par un évènement majeur de la mission Exomars, le projet de l’agence spatiale européenne en partenariat avec la Russie. En effet, le premier vol à destination de Mars a en effet eu lieu cette année.

La première partie du vaisseau était le satellite « Trace Gas Orbiter », construit pour collecter les variations de gaz méthane autour de Mars et en déterminer la source. Grâce à l’étude de ces données, le gaz méthane pourrait confirmer l’hypothèse de vies actuelles ou passées sur la planète.

La deuxième partie envoyée est l’atterrisseur « Schiaparelli », destiné à se détacher du satellite pour se poser sur Mars tout en mesurant sa trajectoire d’atterrissage.

Le satellite a bien été placé en orbite autour de Mars mais l’atterrisseur a perdu contact avec la Terre durant l’atterrissage sur Mars, provoquant le crash du module à plus de 300 km/h. Les données ont néanmoins pu être collectées et seront utilisées pour la deuxième phase de la mission, en 2020, durant laquelle un robot amovible pourra potentiellement attester de la présence de vie sur Mars grâce au prélèvement d’échantillons du sol martien en profondeur.

 

L’engouement pour Mars est donc un phénomène mondial, concernant autant le secteur public que privé. Mais pourquoi la découverte de cette planète constitue un tel attrait ? Quelles sont les motivations de sa conquête ?

L’enjeu majeur de la conquête de Mars peut être divisé en cinq points :

L’affirmation d’une puissance économique et technologique.
Dans le secteur industriel, toute entreprise tend à être le leader technologique dans son domaine d’activité. Dans la plupart des cas, c’est ainsi que la valeur ajoutée d’un produit est créée et que la différenciation se fait.

Par analogie, chaque nation souhaite imposer son leadership et démontrer ses capacités grâce à la meilleure technologie. Etant un domaine particulièrement pointu, la recherche spatiale dispose d’un budget conséquent au sein des nations les plus développées. Les avancées technologiques spatiales sont ainsi la vitrine de la performance du pays.

 

Une accélération du progrès technologique et une amélioration de la croissance économique.
Si la volonté du gouvernement américain de collaborer avec le secteur privé se révèle effective, le secteur de l’aéronautique aux Etats-Unis sera plus concurrentiel pour répondre aux appels d’offres du gouvernement américain. Il est ainsi possible d’envisager un accroissement du progrès technologique plus rapide et donc des implications plus fréquentes pour la vie quotidienne. Aussi, cet appel au secteur privé sera un moteur de création d’emploi et pourrait accroître le PIB américain. Etant donné que les Etats-Unis reste le phare du progrès dans le domaine spatial et que chacun cherche à affirmer sa suprématie, les européens et les russes souhaiteront suivre la course à la conquête de Mars. Il est donc possible d’envisager le même scénario bénéfique dans ces régions.

 

La découverte de nouvelles ressources.
Nous sommes encore aux prémices de l’étude du sol martien et celui-ci pourrait contenir des ressources encore inconnues et potentiellement exploitables par l’homme.

 

La confirmation d’une vie sur Mars.
Non, ce ne sont probablement pas des petits êtres verts aux yeux globuleux que nous trouverons sur Mars. Cependant, l’étude des potentiels organismes vivants aiderait à la compréhension de la formation de la vie sur Terre. Pourquoi ? Car la température moyenne de Mars est proche de celle de notre planète, que sa distance au Soleil n’est pas sensiblement différente et que l’on connaît la présence de glaces indiquant potentiellement de l’eau liquide en profondeur. Ces découvertes pourraient accélérer la recherche biologique de manière significative.

 

Transformer Mars en une deuxième Terre
La Terraformation, c’est ainsi qu’on appelle la « création d’une atmosphère voisine de celle de la Terre pour donner à une planète des conditions de vie voisines de celle de l’homme ». Ce processus hypothétique, qui prendrait des millénaires et serait extrêmement coûteux, n’en reste pas moins possible. La Terre est en train de subir une croissance démographique exponentielle, à laquelle est couplé un accroissement technologique polluant conséquent, responsable du changement climatique. Mettre le pied sur Mars serait donc un premier pas vers une possible migration de l’espèce humaine.

 

De part ses implications fondamentales sur le plan technologique, économique et humain, la planète Mars pourrait bien constituée l’une des grandes conquêtes du XXIème siècle. Les découvertes sur le sol martien de ces cent prochaines années détermineront le rôle essentiel ou non de Mars dans l’évolution du monde pour les millénaires à venir.

 

Pierre Sadoux