De Jalil Lespert
Sortie au cinéma le 16 novembre 2016 – Durée 1h39
Par Alexia Malige
Iris : une vision décevante du thriller à la française
La bande annonce promettait beaucoup. On s’attendait à vivre un vrai bon film à suspense, avec chair de poule, frissons et tension. On imaginait déjà un nouveau Gone Girl (David Fincher) sur les écrans, et puis… non. Le résultat n’en est donc que plus décevant.
Tout est plat. Le film traine en longueur. Les scènes sont trop longues et l’interaction entre les personnages ne fonctionne pas. L’alchimie n’est vraiment pas là. Le jeu et les échanges sont récités et peu convaincants. Un comble pour des dialogues qui n’excèdent pas trois phrases à la minute.
Vraiment dommage, car le casting paraissait pourtant intéressant au premier abord. Romain Duris, Charlotte Le Bon, Jalil Lespert. Cela partait plutôt bien. Aucun reproche évidemment pour l’acteur de l’Arnacoeur, qui comme toujours, fait impeccablement le job. Il est parfait dans son rôle de marginal, ancien taulard dont la vie est partie en fumée à cause d’une erreur de jeunesse. Malheureusement, ce sont ceux qui l’entourent qui manquent de profondeur. On n’arrive pas à croire à ce qu’ils racontent. Il n’y a aucune crédibilité.
D’ailleurs, que dire de l’histoire ? Un récit capilotracté qui ne va pas de surprises en surprises, mais plutôt de déceptions en déceptions. Toujours plus grosses. Toujours plus improbables. Toujours plus absurdes. Finalement, la somme de tous ces mauvais choix de scénario et de réalisation mène à un patchwork d’événements qui ne vont pas ensemble. Finances, sadomasochisme, mensonges et manipulation, un cocktail détonnant…ou pas. Ça ne colle pas. Ça ne coule pas. On se perd dans une intrigue qui n’a ni queue ni tête et on a hâte d’en finir.
L’idée de départ était plutôt attrayante. La femme d’un grand banquier de Paris disparaît soudainement. En plein après-midi, au milieu de la rue, personne n’a rien vu. Un enlèvement qu’elle semble avoir elle-même organisé. C’est du moins de cette façon que le teaser attisait notre curiosité. Mais ce n’était finalement que pour jeter de la poudre aux yeux car la narration prend une tout autre tournure quelques minutes seulement après le début du film. Elle nous emmène vers des chemins a priori alambiqués mais qui sont en définitive bien simplistes. Au final, on sombre dans les méandres de l’ennui et on n’en ressort qu’une fois les lumières de la salle rallumées.
Immense déception donc ! D’autant plus que le dernier long-métrage de Jalil Lespert avait connu un grand succès et avait même valu à Pierre Niney le César du meilleur acteur. C’était pour Yves Saint Laurent en 2014, extrêmement délicat et raffiné, qui par ailleurs avait été préféré à son rival (Saint Laurent) de Bertrand Bonello. De ce fait, on attendait mieux de Jalil Lespert.
Néanmoins, si Iris est un raté du plan de vue scénaristique, le réalisateur conserve tout de même une grande qualité de photographie. Tout est très bien filmé. C’est pur et élégant. Charlotte Le Bon est magnifique et les acteurs sont très bien mis en valeur. Un petit point positif pour un film qui en manque cruellement.

