A l’aube d’une ère où le média physique allait disparaître au profit du média digital, s’est déroulé un évènement pour le moins inattendu ! Le vinyle, est à nouveau une industrie en pleine essor ! Le célèbre objet noir avait dû quitter la scène au profit du CD, un format plus compact, plus pratique et surtout moins capricieux. Lu par un laser, le CD ne présentait pas tous les défauts du vinyle, comme les craquements dû aux poussières ou à un disque légèrement abîmé. Mais voilà qu’en 2014, au Royaume Uni et en Allemagne, le nombre vente de vinyles a dépassé le million, ce qui n’était pas arrivé depuis 1995 !

Etant moi-même amateur de musique en tout genre, collectionnant aussi les vinyles, je vous propose dans cette série de parler de quelques albums, pas forcément connus du grand public, mais qui le mériteraient ! Pour cela, je laisserai de côté les albums qui n’ont plus rien à prouver, tel que « Back in Black » de ACDC, « 46 Chambers » du Wu-Tang Clan ou encore les « Quatre saisons » de Vivaldi. Je m’attarderai sur les petites perles cachées conseillées par les passionnés avertis que sont les gérant de record stores !


Unknown Mortal Orchestra – Unknown Mortal Orchestra II

Le groupe

e2f8750dFormé en 2010, Unknown Mortal Orchestra est devenu ces dernières années, un des groupes incontournables de la musique alternative. Américain et Néo-zélandais, le groupe est composé du chanteur, guitariste et compositeur Ruban Nielson, avec Quincky McCray au clavier, Jake Portrait à la basse et Amber Baker à la batterie.

Le premier album, Unknown Mortal Orchestra, voit le jour en juin 2011 et est très vite apprécié par le public. Il reçoit la note de 8.1 par le magazine de musique en ligne « Pitchfork », et Nielson recevra le titre de meilleur artiste masculin de l’année aux Annuals Music Awards de Nouvelle-Zélande.

En septembre 2012, le groupe signe chez la maison de production JAGJAGUWAR, et sort son second album (Unknown Mortal Orchestra II) en février 2013. L’album est un tel succès qu’il leur permet de se lancer dans une tournée internationale.

Le dernier album du groupe, Multi-Love sort en mai 2015 est également un succès immédiat.

L’album

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Rien qu’en regardant la couverture, on est intrigué. Elle nous offre l’image d’une femme nue sous un voile, tenant une épée. On imagine la Dame du Lac des légendes arthuriennes. La couleur bordeaux/orange qui englobe toute la pochette nous donne une sensation de chaleur et de confort, et ce sentiment n’est pas délaissé par la musique.

En novembre 2013, l’album est sacré meilleur album indépendant de l’année en Nouvelle-Zélande. Rien d’étonnant pour un album de cette qualité ! Dès les premiers titres, on est emporté dans le monde de Nielson, un univers qui tire son inspiration à la fois du rock psychédélique, de la soul et du funk. Les mélodies sont uniques et la batterie parvient à donner l’énergie nécessaire pour que ça bouge, sans trop en faire. L’album est volontairement enregistré avec du matériel laissant à désirer, créant un son légèrement abîmé mais d’une authenticité rare. Nielson est l’artisan unique de la composition : il s’occupe de tout sauf de la batterie. Les trois titres du milieu, commençant par « The opposite of Afternoon » sont les témoins du talent de guitariste de Ruban Nielson. Il est encore plus intéressant de le voir jouer, car on peut se rendre compte de l’étendu de sa technique.

Autre fait intéressant : l’album sera aussi sorti en version limitée spéciale, une version acoustique. Nielson a toujours joué de l’électrique et ne pensait pas qu’il était capable de jouer correctement autrement. Il a réussi à se prouver le contraire en sortant cette édition limitée. Le vinyle est d’un magnifique bleu marbré et comme seule la moitié des chansons de l’album original sont reprises, il est uniquement pressé sur une des faces, laissant l’autre totalement lisse.

 

J’espère que je vous aurai donné envie de découvrir ce groupe et tout particulièrement cet album, qui est, selon moi, probablement le meilleur titre que la musique alternative ait pu nous offrir ces dernières années.

 

Martin Boujol

 

 

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