De Hugo Gélin
Sortie au cinéma le 7 décembre 2016 – Durée 1h55
Par Alexia Malige
Demain tout commence : Le nouvel hymne à l’amour
Léger, sympathique, rigolo, le film démarre sur une note joyeuse et pleine de vie. Une vie. Celle de Sam, un jeune homme, grand par la taille, mais encore petit dans sa tête. Un enfant qui aurait grandi trop vite. Il est dragueur, fêtard et n’a absolument aucun sens des responsabilités. Il se réveille tout juste d’une soirée arrosée quand l’une de ses anciennes conquêtes débarque un matin sans prévenir. Elle lui met un bébé dans les bras, sa fille, puis 20 euros et un taxi plus tard, elle s’est enfuie. Sam essaie de la retrouver par tous les moyens, mais en vain. Il devient père du jour au lendemain. Un père qui n’était pas prêt, mais qui va tout mettre en œuvre pour le bonheur de cette enfant. Chaque jour que Gloria passe est unique. Sam le rend magique. Piscine à boules, barbe à papa, basket-ball ou manège. Mais surtout des rires, de la joie et de l’amour. Gloria voit son père comme un héros, avec lequel elle vit dans une autre galaxie. Un univers où tout n’est que jeu et plaisanterie, mais qui va soudain être bouleversé le jour où Kristin, la mère de Gloria, revient dans leurs vies.
Omar Sy est exceptionnel en papa cool et attachant. Il est gentil, fun et amusant et il est impossible de ne pas l’aimer immédiatement. Pourtant, si ce rôle de joyeux luron qui lui va à merveille depuis des années est tout à fait réjouissant, sa transformation au fil du film est épatante. Dans Intouchables, déjà, il avait montré son potentiel d’acteur dramatique, mais ici, il le confirme. Il passe du clown joyeux au clown triste en un instant, et le maquillage n’est pas nécessaire tant l’émotion qu’il dégage est palpable. Ses mots sont pesés et parfaitement posés. Le discours est poignant et déchirant. La joie de l’histoire s’effrite, et dévoile injustice, tristesse et douleur. Elles étaient bien là depuis le début, simplement recouvertes de couleurs et de paillettes pour maquiller le tout. Tout comme Sam déguise la vérité, Hugo Gélin travestit son drame en comédie. Un mélange des genres vraiment très réussi.
La petite Gloria Colston est quant à elle adorable, et sa complicité avec Omar Sy semble innée. Leur duo fonctionne parfaitement et respire le bonheur et la liberté. Le feu des projecteurs est tellement concentré sur leur petite famille, que l’on en oublierait presque les autres acteurs. Ils sont, cependant, tout aussi extraordinaires. Antoine Bertrand, le meilleur ami et soutien de toujours apporte sa petite touche décalée et très « gay ». Clémence Poésy reste plus en recul. Le calme, l’innocence et la fragilité incarnées, elle reste en dehors de ce petit groupe déjanté.
Finalement, que reprocher à ce film, si ce n’est de briser les cœurs. L’histoire est tellement dure, mais assurément très belle. Une ode à la joie, à la vie, à l’amour. Le combat d’un père pour sa fille. Rendre son existence meilleure chaque jour. La faire rêver chaque jour. La faire vivre tout simplement, et faire en sorte que demain, tout recommence.

