À l’ère du tout numérique et au vu de la progression fulgurante des nouvelles technologies ces dernières années, les entreprises évoluent dans un contexte sous pression avec de fortes tensions pour maintenir une constante amélioration aux différents niveaux de l’entreprise, en vue d’éventuellement accroître si ce n’est maintenir un certain de degré de performance et de rentabilité, attendus notamment du côté des différents acteurs financiers.

Pour que les entreprises puissent parvenir à leurs fins, une méthodologie d’entreprise proposée par James P. Womack et Daniel T. Jones fait son apparition dans les années 90, le Lean Thinking.

En quelques mots, dans les différents processus de chaque entreprise, il y a inévitablement et involontairement des pertes et du gaspillage, se traduisant par une réduction de l’efficience avec laquelle l’entreprise est capable de produire. C’est justement en réduisant le gaspillage et les processus inutiles que les entreprises achèveront une croissance continue tout en alignant les intérêts des clients et des employés.

Aujourd’hui, bien que la méthode ne fasse pas l’unanimité, celle-ci est reprise, améliorée et appliquée par d’autres, jusqu’à voir des associations et des groupes d’intérêt se pencher sur la question du Lean Thinking. À Lausanne par exemple, la Lean Analytics Association (LAA) basée à l’EPFL, tient en ce moment même le Lean Innovation Forum 2018 à Londres proposant des workshops, des conférences et un concours, le Design Thinking Olympics. Nous sommes partis à la rencontre de David Netter, participant qualifié avec son équipe pour la finale de ce fameux concours à Londres :

Selon toi comment définis-tu le Lean Thinking?

Selon moi le Lean Thinking part du principe que toute prédiction du futur est incertaine. Ainsi, le but du Lean Thinking s’oriente vers un système d’entreprise modulable, ouvert à toute critique et à toute remarque pour l’adapter constamment. C’est une manière d’être agile et réactif dans le business.

Avec tous ces projets technologiques comment s’inscrit le Lean Thinking au sein des entreprises ?

Il faut savoir que les progrès numériques sont considérables par rapport à il y une dizaine d’année encore. En effet, la quantité d’informations disponibles ainsi que la célérité à laquelle ces dernières sont transmises est si rapide qu’une entreprise Lean à l’époque aurait pu nécessiter plusieurs mois voire plusieurs années pour s’adapter aux nouveaux marchés. Désormais, pour rester ultra compétitives, les entreprises doivent réagir encore plus vite.

Le Lean thinking permet de traduire des systèmes complexes en des processus plus simples pour trouver une solution d’une manière plus optimale.

Qu’est-ce qui t’a motivé à participer au Design Thinking Olympic ?

La thématique du Design Thinking m’a été présentée au détour d’une conversation avec une amie étudiant le Design Thinking à Berlin. Puis, c’est en recevant dans ma boîte mail un agenda des événements universitaires que j’ai entendu parler de ce concours. Je me suis dit que cette expérience me permettrait de mettre en pratique mes connaissances acquises à HEC Lausanne mais également d’approfondir mes notions sur une thématique spécifique.

Il existe certainement des critiques à l’égard du Lean Thinking

Oui bien sûr, Peter Thiel, auteur de l’ouvrage « Zero to One » pense par exemple que les vraies innovations n’arrivent pas de façon Lean mais sont le fruit de la planification. Selon lui, on ne peut pas créer un nouveau produit en se basant uniquement sur le Lean Thinking. Cela signifie, pour lui, que l’on devrait répondre à un besoin des consommateurs et on ne peut pas créer un nouveau besoin.

Je pense que nous ne nous devrions pas nous limiter uniquement à cette méthode. Il existe de nombreux outils qui, couplés au Lean Thinking nous permettent d’innover. En soi, la créativité n’est pas forcément le domaine dans lequel cette méthode fonctionnerait le mieux

Quel est le rôle que tu tiens avec ton équipe dans le cadre de ce concours ?

Avec Andres Engels et Enrique de la Fuente, nous devons résoudre un problème général : comment réduire l’écart de compétences qui se crée à la fin de l’université au regard de la nouvelle révolution digitale ? En effet, un étudiant à la fin de son cursus universitaire peut avoir un master en informatique et ne pas savoir comment la blockchain fonctionne.

Puisque la technologie évolue aussi rapidement par rapport à ce qui nous est enseigné, c’est véritablement un défi que d’être capable de maintenir son niveau de connaissances à l’heure actuelle ?

Oui. C’est même un grand défi d’autant plus que l’UNIL veut garantir la possibilité pour les étudiants de trouver un emploi. Il faudrait veiller à ce que dans un futur plus ou moins proche ces garanties soient respectées. On va donc de plus en plus percevoir l’université comme un endroit où l’on « apprend à apprendre ». On ne va pas forcément apprendre toutes les compétences pour le futur mais on va entraîner notre capacité à nous adapter. On peut presque parler d’étudiants qui deviendraient Lean.

Retour maintenant à l’événement : quel est l’intérêt de telles manifestations et de tels concours et en quoi cela stimule ta créativité, celle de ton équipe et de tous les participants ?

La créativité est pour moi quelque chose de très important et il est primordial de faire des projets qui la développent. Par ce concours, cela nous permet d’avoir un projet réel et de pouvoir développer une idée jusqu’au bout en se confrontant à des discussions inattendues. Avec mes coéquipiers, nous débattons sur de nombreux sujets en passant par la question du slogan à « comment résoudre ce problème de manière efficiente ? ».

Recommanderais-tu à d’autres étudiants de tenter cette expérience et si oui que leur conseillerais-tu pour que leur participation se passe de la façon la plus Lean possible ?

Je recommande ce programme à toute personne qui souhaiterait comprendre comment le Design Thinking marche. Enfin, je dirais que c’est le concours idéal pour tout futur entrepreneur.

 

Alexandre Louis Lachat