« Trump, 45ème président des États-Unis »

En promettant le 16 juin 2015 de rendre à l’Amérique toute sa grandeur, Trump annonçait officiellement sa candidature. Un peu plus d’une année après, le 8 novembre 2016, un véritable coup de tonnerre secouait l’Amérique ainsi que le monde dans sa globalité : le célèbre homme d’affaires Donald Trump devenait le 45ème président des États-Unis, remportant ainsi la majorité des grands électeurs. À 70 ans et contre toute attente, le milliardaire au passé sulfureux qui convoitait une course à la Maison-Blanche depuis des décennies se retrouvait à la tête de la plus grande puissance économique mondiale. Successeur de Barack Obama, celui qui a toujours défrayé la chronique notamment à travers son show populaire « The Apprentice » n’était pourtant pas le candidat des sondages (voir Real Clear Politics : General Election Trump VS Clinton). Malgré les avertissements d’une minorité d’hommes politiques, du monde académique et autres, tels que le professeur Allan Litchman[1] et Michael Moore[2], Donal Trump s’empara bel et bien du Bureau ovale. Le professeur Antonakis chargé du cours « comportement organisationnel » à HEC Lausanne, avait lui aussi prédit une telle issue dans une vidéo disponible sur YouTube intitulée « The next U.S. president : Hillary Clinton or Donald Trump ? ». Quoiqu’il en soit, cet article s’intéresse aux primaires de 2020 et plus particulièrement à la nouvelle opposition qui se forme chez les démocrates.

« L’opposition »

Les primaires de 2020 frappent gentiment mais sûrement à la porte des Américains. Dans un climat politique tendu, les démocrates se sont emparés de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de novembre dernier, limitant ainsi la marge de manœuvre du parti républicain. Cependant, le président sortant reste tout de même le candidat favori à la présidentielle de 2020. Du moins s’il n’est pas jeté en prison jusque-là comme le souligne Elizabeth Warren.

À la recherche d’une nouvelle stratégie pour ne pas répéter le cataclysme de 2016, les démocrates en pleine crise d’identité se cherchent des leaders ayant la capacité d’unifier un parti désemparé mais surtout un candidat qui a la carrure de défier le contentieux Donald Trump. En voici quelques portraits :

         – Joe Biden

Bien que sa candidature ne soit pas officiellement annoncée, Joe Biden, vice-président des deux mandats du président Barack Obama a toutes ses chances de se faire une place parmi les favoris à la Maison-Blanche. Il est même promu en tête des sondages des intentions de vote devant Bernie Sanders, Kamala Harris, Elizabeth Warren, Cory Booker et Beto O’rourke d’après l’agence Morning Consult[3]. Malgré ses 76 ans et l’envie de fraîcheur au sein du parti démocrate, sa large expérience politique ainsi que le soutien inconditionnel de Barack Obama, qui le qualifiait comme étant le meilleur vice-président de l’histoire des États-Unis, peuvent faire pencher la balance. Par ailleurs, il exerce notamment une large influence et son nom est d’ores et déjà ancré dans la tête des Américains, ce qui jouera probablement en sa faveur. Reste à savoir s’il confirmera sa candidature dans les semaines à venir.

         – Bernie Sanders

A 77 ans, le sénateur Bernie Sanders a officiellement annoncé sa candidature le 19 février dernier. Celui qui a engagé un féroce bras de fer contre Hillary Clinton en 2016 est de retour sur le devant de la scène politique présidentielle. Indépendant mais souvent comparé aux démocrates les plus progressistes, le sénateur Sanders a levé plus de 6 millions de dollars le jour même de sa candidature. Dans un parti démocrate de plus en plus à gauche, Sanders séduit, et plus particulièrement l’électorat âgé de 18 à 44 ans[4]. En raflant les voix des ainés, Bernie Sanders se retrouverait comme un candidat à prendre très au sérieux lors des primaires de 2020.

         – Cory Booker

Frais et dynamique, le sénateur Cory Booker est un homme pour le moins charismatique. Neuvième sénateur noir de l’histoire des États-Unis d’Amérique, l’homme de 44 ans a démontré à maintes reprises ses qualités d’orateur lors de ses discours passionnels et optimistes. Le démocrate est plutôt centriste mais défend fermement les causes sociales à chaque votation. Son envie d’unité est à double tranchant, particulièrement pour les démocrates qui ne cherchent en rien une conciliation[5]. Brooker pourrait attirer l’électorat suivant : les asiatiques et hispaniques, la communauté afro-américaine, la gauche, les jeunes et le parti loyaliste[6]. Cependant, il n’est pas le seul à attirer les minorités en sa faveur : Kamala Harris, autre candidate afro-américaine pourrait aussi remporter leurs suffrages. Affaire à suivre.

         – Kamala Harris

Sénatrice de l’État de Californie, Kamala Harris, 54 ans a fait bonne impression dans le parti démocrate depuis l’annonce le 21 janvier dernier de sa course à l’élection présidentielle. Élue sénatrice avec 54 comtés d’États sur 58, elle est parfois même désignée dans les médias comme la candidate démocrate favorite pour affronter Donald Trump. Avec son slogan « For the people », la sénatrice est très sensible aux causes sociales et à l’immigration, bien qu’elle adopte une position moins radicale en matière d’économie[7]. Elle va très certainement s’attirer les communautés minoritaires tout comme Cory Booker. En plus d’être une femme brillante, elle démontre une envie d’unité et de rassembler. Cependant, elle devra surpasser son inexpérience sur la scène nationale[8] et développer une couverture médiatique importante pour espérer avoir une chance.

         – Elizabeth Warren

La sénatrice Elizabeth Warren est une politicienne qui ne mâche pas ses mots et c’est le moins que l’on puisse dire (voir sa confrontation avec John Stumpf, CEO de Fargo ou ses mots à l’égard du président actuel). Professeure à Harvard et spécialisée en droit du commerce, la sénatrice du Massachussetts est très libérale socialement et économiquement notamment concernant les inégalités et les grandes banques[9]. Elle fait clairement partie des candidats les plus à gauche de cette élection, tout comme Bernie Sanders. Ce dernier ayant rallié beaucoup de jeunes à sa cause, il semble difficile pour Elizabeth Warren de se voir en pole position aux primaires de 2020. Cependant rien n’est joué et l’abandon ou soutien de candidats qui se rallieraient à sa cause pourrait lui être favorable.

         – Beto O’Rourke

Beto O’Rourke, élu du Texas à la Chambre des représentants de 2013 à 2019 est considéré comme l’étoile montante des démocrates bien qu’il n’en soit pas le favori. A 46 ans, celui qui a perdu contre le sénateur sortant Ted Cruz lors des élections au Sénat de 2018 a officialisé sa candidature le 14 mars dernier. Malgré son manque d’expérience et une notoriété inférieure aux autres candidats, il fait salle pleine lors de ses apparitions publiques et sa candidature a eu une très forte couverture dans les médias[10]. De plus, il attire l’attention sur son extraordinaire capacité à lever des fonds, dont le montant dépasse celui de Bernie Sanders. Finalement, O’Rourke ne s’affilie pas particulièrement aux libéraux et progressistes, comme il l’a dit dans une interview pour le Vanity Fair : «I leave that to other people. I’m not into the labels »[11]. Ces chances semblent maigres mais rappelons à juste titre que les Américains ont choisi Donald Trump en 2016.

À noter les que les noms suivants ne doivent pas être écartés de la nomination démocrate :

Kirsten Gilibrand, Tulsi Gabbard, Pete Buttigieg, Jay Inslee, Amy Klobuchar, John Hickenlooper, Julián Castro, Howard Schultz, John Delaney, Marianne Wiliamson, Wang.

 

Lorain Fornerod