Cette semaine, HEConomist vous emmène prendre des nouvelles de Quentin et Clément, deux étudiants finalistes de la précédente édition du concours Start (dont la finale de l’édition actuelle aura lieu le 17 avril à 18h30 en Amphimax 351)

Si vous deviez vous présenter en quelques mots ?

Quentin : Nous sommes deux étudiants en master à l’UNIL, Clément se spécialise en management (Faculté HEC) tandis que je suis en gestion du sport (Faculté SSP). Nous nous sommes rencontrés en Bachelor en HEC mais nous avons ensuite opté pour des chemins plutôt différents. À notre arrivée, nous nous sommes très vite retrouvés au sein du même groupe d’amis et notre amitié nous a même conduit à habiter sous le même toit puisque nous sommes colocataires depuis deux ans. Nos longues discussions nous ont amené à travailler sur notre start-up que nous sommes ravis de vous présenter et que nous avons lancée récemment : WEPOT (anciennement EASYPOT).

WEPOT qu’est-ce que c’est ?

Clément : WEPOT est un projet lancé par deux amis qui ont décidé de pimenter leur vie étudiante en passant de la théorie à la pratique. C’est l’envie de créer un modèle d’affaire moderne, responsable et écologique qui nous a poussé à vouloir apporter une solution simple à toute personne qui souhaite avoir des belles plantes. Que vous ayez la main verte ou pas, nous permettons à vos plantes d’être davantage autonomes. Plus besoin de vous en occuper tous les jours, WEPOT a la solution. Cette solution se nomme l’Olla ou l’irrigation par jarre : une technique qui existe depuis plus de 4000 ans et dont nous retrouvons des traces en Asie, en Afrique ou encore en Amérique Latine. En Europe, cette technique d’irrigation reste très peu répandue malgré son efficacité.

L’Olla est un réservoir d’eau en argile qui se plante dans la terre à proximité d’une plante. La cuisson à basse température de l’argile lui donne cet état poreux qui permet la diffusion de l’eau autour de l’Olla. La plante, quant à elle, vient s’abreuver selon ses besoins en entourant l’Olla avec ses racines. L’aspect écologique réside en l’économie d’eau qui atteint les 70% grâce à une irrigation en profondeur et un bouchon qui évite toute évaporation. De plus, la matière même de l’Olla est biodégradable puisqu’elle est composée exclusivement d’argile, un des trois composants de la terre. Selon la taille du réservoir, le remplissage du réservoir doit simplement se faire tous les 3 à 10 jours.

 

Pourquoi vous êtes-vous lancés tous les deux dans cette aventure ?

Clément : Durant notre Bachelor, nous passions des soirées entières à soulever d’éventuelles idées de projets mais sans jamais oser les mettre en pratique. Un jour, nous avons décidé d’arrêter d’avoir peur et de nous autoriser à croire en nous-même. Nous avons donc uni nos forces et avons tenté notre chance au concours Start. Au départ, nous n’étions que tous les deux, mais au fur et à mesure des rencontres, de nouvelles possibilités de collaboration sont apparues.

Quentin : Aujourd’hui nous collaborons pour la production de nos Ollas avec les ateliers protégés de La Cordée à Prilly qui permettent à des personnes en déficience mentale d’exercer une activité professionnalisante. Nous travaillons également avec un designer ainsi qu’avec une autre personne qui nous aide pour la communication (photos, vidéos, flyers). De plus, deux céramistes, un passionné de permaculture et un ingénieur partagent avec nous leur expérience. Finalement, plusieurs distributeurs ayant la même philosophie que WEPOT et donc sensibles au développement durable et à l’écologie nous sollicitent. Notre but principal est de bien nous entourer afin de mettre en relation toutes les compétences nécessaires au bon développement de WEPOT.

Est-ce facile de travailler avec son meilleur ami et colocataire ?

Clément : Dès le départ, nous avons fait la part des choses entre ce qui relevait de l’amitié et ce qui relevait du travail pour notre projet. Une fois que cette limite était tracée, il nous a été très facile de travailler ensemble et nous sommes parvenus à conserver la franchise qui caractérisait notre relation. Le plus dur est peut-être le contact permanent car depuis une année et demi, nous avons passé beaucoup de temps ensemble et à la longue cela pourrait devenir pesant, mais pour l’instant cela reste une force. Heureusement, nous nous connaissons très bien, et chacun sait prendre le relais quand l’autre n’est pas dans les meilleures conditions.

Vous avez mentionné le concours Start, quel rôle a-t-il joué ?

Quentin : C’est cette opportunité unique qui a tout déclenché. Ce concours, organisé au sein même des bâtiments d’HEC Lausanne, propose d’arriver avec une simple idée et de petit à petit construire son modèle d’affaire, avec à la clé 30’000 francs et une belle visibilité pour la start-up gagnante. Grâce à cette compétition, nous avons eu une structure et avons été aidés dans notre réflexion par différents intervenants. Aussi, de nombreuses deadlines nous ont été imposées, ce qui nous a obligé à être rigoureux dans notre travail.  Je pense que sans le concours Start, WEPOT n’aurait simplement jamais vu le jour.

A quel point est-il difficile d’allier études et entrepreneuriat ?

Clément : Aujourd’hui, beaucoup d’étudiants se lancent dans l’entrepreneuriat en parallèle de leurs études, je pense que c’est une bonne chose car c’est le moment parfait pour apprendre de ses erreurs, même si la charge de travail peut par moment être lourde. Pour nous c’est l’entrepreneuriat, pour d’autres c’est le sport de haut niveau ou un travail à temps partiel.

Quentin : Je ne pense pas qu’allier études et entrepreneuriat soit insurmontable, loin de là, mais il faut parvenir à trouver un équilibre convenable entre études et start-up. Des fois vous vous direz que votre projet prend trop de temps sur vos études, d’autres, vous serez persuadés de l’inverse, mais avec le temps vous vous y ferez. Au final, la joie de réussir ses examens et de voir ses produits sortir dans le commerce est indescriptible.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Quentin : Nos produits sont officiellement en vente depuis six semaines. Aujourd’hui, nous voulons agrandir notre communauté, notamment en ligne à travers Instagram, Facebook, Pinterest et LinkedIn afin de faire connaitre notre produit et nos valeurs. Nous travaillons sur une vidéo qui sera bientôt publiée et espérons que cela nous fera franchir un palier. Au même moment, nous recherchons activement des distributeurs, qui prônent les mêmes valeurs que nous pour la distribution de nos produits. Nous avons peu à peu nos premiers partenaires mais nous nous réjouissons de collaborer avec d’avantage de boutiques et de contribuer à la sensibilisation à notre cause commune. Enfin, nous élaborons également de nouveaux produits : un pot de culture qui intègrera directement la technologie de l’Olla et qui sera idéal pour faire pousser vos aromates sans le moindre effort ainsi qu’un kit de permaculture (plantes dont les cultures se complètent, l’une compensant les besoins de l’autre).

Un conseil à donner aux étudiants en Bachelor ?

Clément : Croire au fait qu’il est tout à fait possible d’allier études, projet et vie sociale. Développer une startup exige du temps, de la motivation et beaucoup de travail mais cela est vraiment enrichissant. Au départ, vous êtes un peu obligés de toucher un peu à tout, ce qui vous permet d’apprendre énormément de choses. Si au final votre idée n’aboutit pas au résultat souhaité, vous aurez tout de même appris énormément de choses donc LANCEZ-VOUS ! Tout est réuni autour de vous pour le faire : de nombreuses compétitions, des cours, mais surtout un campus UNIL/EPFL qui regorge de compétences. Le plus important reste de croire en vous et de vous donner le droit d’essayer. Enfin, je rajouterai qu’il est préférable de se lancer à plusieurs car c’est grâce à l’échange d’idées et de compétences qu’il est possible de se remettre en question et donc de d’aboutir plus rapidement à des solutions viables.

Propos recueillis par Abbas Filali Meknassi