Caulys est un projet né à l’EPFL, qui révolutionne la façon dont nous produisons notre nourriture. Soutenu notamment par Durabilité EPFL, la start-up produit des serres automatisées urbaines. L’idée ? Faire pousser des plantes fraîches, locales et sans pesticides de façon simple au cœur de sa maison, de son entreprise, et plus globalement, au cœur de sa ville.

C’est à côté des Caulys-Farms, d’ores-et-déjà implémentées à l’EPFL, que HEConomist a rencontré Tom et Grégoire, co-fondateurs de la start-up. Lumière:

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Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

 

Tom : Je suis étudiant en dernière année en sciences de la vie, à l’EPFL. Je termine mes études en travaillant sur mon projet de master, le projet Caulys, qui est une start-up qu’on a cofondée avec Grégoire et Vincent Keller.

Mon projet de master porte avant tout sur l’aspect botanique de Caulys. Trouver les méthodes d’irrigation les plus pertinentes, la meilleure façon d’apporter les nutriments, comment le substrat de pousse doit être constitué– telles sont les questions que j’aborde durant ma thèse. Je suis très heureux de travailler sur ce projet depuis maintenant un an et demi.

 

Grégoire : Je suis diplômé depuis quelques jours en génie mécanique. J’ai démarré ce projet, à l’origine, avec le laboratoire d’automatique de l’EPFL, où je travaillais sur l’automatisation de petites serres. J’ai également fait mon projet de master durant les six derniers mois sur la mise en place de la supply chain de Caulys: comment stocker, commercialiser et distribuer les produits faits par la start-up ?

 

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

 

Grégoire : J’ai rencontré Vincent dans le cadre d’un cours qui s’appelle InnoSuisse Business Concept. Il s’agit d’un cours donné aux ingénieurs qui désirent avoir une formation business et Vincent était mentor de ce programme-là. Juste après, j’ai rencontré Tom dans le cours d’ENVS (Entrepreneurship and new venture strategy) , que nous avons intégré dans le cadre de notre mineur en MTE (Management of Technology and Entrepreneurship). Il proposait à des groupes d’étudiants de réaliser un projet entrepreneurial. C’est comme ça qu’on a commencé à bosser ensemble.

 

Quand est-ce que la start-up est véritablement née ?

 

Tom : Nous avons bénéficié de beaucoup de soutien de l’EPFL : via notamment, le XGrant en mai 2018. Après ça, nous avons eu la chance d’intégrer l’accélérateur de start-up MassChallenge Switzerland. Janvier 2019 marque la création de la start-up. C’est aussi à ce moment-là que nous avons accéléré les discussions avec Durabilité EPFL, qui sont derrière le soutien pour l’installation des serres dans le bâtiment CO de l’EPFL. Il s’agit de notre projet pilote.

 

Grégoire : L’objectif du projet pilote est de tester notre modèle d’agriculture urbaine dans le campus, qui peut être comparé à une petite ville. Comment peut-on intégrer des modèles d’agricultures ultra-locales dans un écosystème actif et urbanisé? Le défi consiste maintenant à tester différents modèles de distribution.

 

Tom : Certaines serres seront mises directement à disposition des collaborateurs et étudiants. On organise d’ailleurs un événement de lancement du 21 au 23 octobre : on aura un stand sur l’esplanade de l’EFPL de 12h à 14h.

 

« Nous avons besoin, aujourd’hui, de consommer mieux et de manière plus durable »

 

 

Quel est votre objectif ?

 

Grégoire : L’objectif de Caulys est de proposer des solutions pour décentraliser l’agriculture, et produire en zone urbaine. On a constaté que les gens désirent se rapprocher de ce qu’ils consomment tous les jours, qu’ils aimeraient avoir la possibilité de consommer du local, des produits frais. Nous avons besoin, aujourd’hui, de consommer mieux et de manière plus durable.

 

Sur une échelle plus large, on sera près de dix milliards d’habitants d’ici 2050, et il faut savoir que 80% des terres cultivables sont déjà utilisées. Nous sommes également de plus en plus à vivre en milieu urbain. Il faut donc trouver des solutions pour pouvoir nourrir toutes ces personnes-là.

 

« En intégrant les serres urbaines Caulys dans nos lieux de vie, on réduit le gaspillage alimentaire et les déchets liés aux emballages, car on peut ceuillir les plantes directement de la serre à notre assiette, sans intermédiaire. »

 

Tom : Je me permets d’insister sur les deux aspects les plus importants à nos yeux. En premier lieu, l’aspect bien-être : la possibilité pour chacun d’avoir des plantes fraîches, sans pesticides et sans OGM (organismes génétiquement modifiés). Dans le système de Caulys, il n’y a pas de pesticides. On filtre l’air, il n’y a donc pas de parasites qui peuvent entrer. Deuxièmement, l’aspect durable : en intégrant les serres urbaines Caulys dans nos lieux de vie, on réduit le gaspillage alimentaire et les déchets liés aux emballages, car on peut cueillir les plantes directement de la serre à notre assiette, sans intermédiaires. D’un point de vue énergétique, c’est une solution viable car on tire bénéfice du fait que la température ambiante – dans une cafétéria, une entreprise ou un appartement – est déjà optimale pour faire pousser les plantes. On n’a donc pas besoin de faire chauffer outre mesure pendant l’hiver, contrairement à une serre extérieure. Caulys, c’est également une solution pour économiser jusqu’à 95% d’eau par rapport à l’agriculture conventionnelle, car l’eau circule en boucle fermée dans notre système

 

Comment ça fonctionne ?

 

Tom: La seule chose à faire, c’est de se brancher au courant et de mettre de l’eau. Le but est d’avoir la solution la plus automatisée : on veut que les gens aient le moins possible de choses à faire. On vise donc à assurer les meilleures conditions pour que les plantes puissent pousser de manière optimale, que ce soit au niveau de la température, de l’humidité ou des conditions nutritives. L’intérêt est de pouvoir faire pousser toutes les plantes que l’on souhaite, avec une contrainte de hauteur évidemment (on évitera de faire pousser un bananier).

 

Grégoire: C’est vraiment le modèle machine à café : tu mets une recharge dans la serre, ça pousse, tu récoltes. Les Caulys-recharge contiennent le substrat, la graine et les nutriments qui permettent de développer chaque plante de façon optimale.

 

Tom: Nous avons déjà fait quelques pousses ici, à l’EPFL. On a débuté par des micro-pousses. Elles sont peu connues, car difficiles à conserver sans un système comme le notre, mais sont très nutritives et ont très bon goût. Par la suite, on va faire pousser tout ce qui est salade et herbes aromatiques, et on pourra s’attaquer à des petits fruits et légumes en fonction de la demande.

 

Pourquoi « Caulys » ?

 

Tom : En Latin,  »Caulis » signifie tige, élément principal de la structure d’une plante, reliant les racines aux feuilles et aux fruits. Le Lys est la fleur royale. Caulys a pour but de redonner aux plantes leur souveraineté dans nos sociétés, au service de la nature et de l’homme.

 

Et l’entreprenariat, c’est quelque chose qui vous a toujours attiré ?

 

Grégoire: On a les deux toujours été intéressé par monter un projet, et couvrir toute les facettes qui tournent autour d’un business.

Tom: On apprend tout, c’est ça qui est génial. On touche vraiment à tout. C’est également la thématique qui nous passionne tous les deux: pouvoir contribuer à l’évolution notre modèle d’agriculture. Je m’intéresse depuis quelques années à tout ce qui est start-up, mais il y a aussi la question du timing: typiquement en deuxième ou troisième année de bachelor, c’est encore un peu tôt pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Pendant nos projets de master respectifs, on a pu se consacrer les deux à 100% à Caulys.

Grégoire: Une start-up ou un projet entrepreneurial, c’est comme un voyage: si tu le planifies toi-même et que tu réussis à atteindre les objectifs que tu t’es fixés, tu profiteras plus, et ce sera plus satisfaisant que si tu vas travailler dans une boîte qui a déjà défini ses objectifs.

 

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

 

Grégoire: De pousser aussi bien que nos plantes !

 

Le mot de la fin ?

Tom et Grégoire : On désire remercier à nouveau tous nos partenaires. On est très heureux d’avoir reçu autant de soutien. On va également recruter des nouveaux talents. N’hésitez donc pas à nous écrire !

 

Yasmine Starein

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Crédit pour les photos : « © 2019 EPFL / Jamani Caillet »