L’article précédemment paru sur ce même site « 10 conseils pour investir dans l’art » aurait en fait dû s’intituler plutôt « 10 conseils pour bien construire une collection d’art ». Car en fait, il s’avère qu’il est illusoire de compter sur l’art lorsque l’on s’attend d’abord à réaliser une performance positive, et une collection remarquable et cohérente ensuite.

On aurait pu penser au rarissime cas où un gars achète un tableau pourri dans une brocante pour 10$ et par la suite en le faisant expertiser, se rend compte que c’est un tableau de maître qui vaut mille fois plus. Ou encore, lorsque l’on pense aux gros titres dans la presse annonçant une nouvelle vente record pour telle ou telle œuvre, on pourrait penser que toute le monde devrait juste se mettre à acheter de l’art.

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Ces exceptions mises à part, il faut être extrêmement prudent lorsqu’il s’agit d’acheter. Investir dans l’art uniquement pour investir n’est pas une bonne stratégie car dans ce milieu il faut compter avec considérablement de hauts et de bas. Le marché peut réagir fortement en fonction du contexte et éventuellement des changements dans l’environnement économique. Il y a aussi passablement de mouvements de va-et-vient lorsque des œuvres en particulier ou des artistes sont à la mode ou ne le sont plus. Par exemple, même un artiste bien coté comme Damien Hirst, peut voir sa valeur diminuer rapidement comme ce fut son cas entre 2008 et 2018. Il ne faut donc pas s’attendre non plus à des rendements très importants. Une étude ayant analysé plus d’un million de transactions sur des peintures et œuvres en papier en provenance de maisons de vente aux enchères, a constaté qu’entre 1957 et 2007, l’art s’est apprécié de 3.97% par an.1

Une image contenant intérieur, mur, plafond, plancher Description générée automatiquement

Puisque l’art n’a pas de corrélation avec le marché des actions, il peut être un bon moyen de diversification du portfolio pour certains investisseurs très fortunés. Cependant, il faut savoir que plus on achète une œuvre de haute valeur, plus les frais relatifs à l’œuvre en question seront élevés. À commencer par les éventuelles commissions et autres frais de transaction, il faut ajouter le transport sécurisé ainsi que les frais d’assurance. Ces derniers seront souvent très conséquents, d’autant plus si l’on souhaite garder son œuvre chez soi dans son salon. Une partie des collectionneurs préfère plutôt conserver ses collections dans des locaux à l’humidité et à la température régulée, ceci afin de préserver les œuvres au mieux. La location de ces locaux peut rapidement devenir très onéreuse avec pour preuve des frais dépassant les mille dollars par mois pour la location de tels chambres protégées et climatisées.

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Pendant que les œuvres dorment donc dans un bunker, il n’y aucun moyen de se rendre compte de leur véritable valeur (contrairement aux actions dont le prix est constamment informé), et ne rapporteront pas non plus de revenus réguliers comme des dividendes. Le seul moyen pour se renseigner véritablement sur le prix d’une œuvre, c’est de la vendre. Dans le pire des cas, si une œuvre ne se vend pas lors d’une vente aux enchères, il y a alors de fortes chances pour qu’elle perde durablement de la valeur.

La plupart des experts du domaine de l’art, s’accordent à dire qu’il faut acheter une œuvre plutôt parce qu’elle nous plaît et parce qu’elle s’inscrit dans une collection réfléchie, cohérente. Si plus tard il s’avère que la valeur augmente, c’est un bonus toujours bon à prendre.

Alexandre Louis Lachat