Montres, banques ou chocolat, quel est le cliché le plus véridique en Suisse ? S’il est vrai que l’intemporelle réputation de la Suisse est mise à mal par une industrie horlogère en pleine crise et un secret bancaire agonisant, il est une chose que l’on ne pourra pas nous enlever : la nourriture helvétique. Bien malgré moi, cet article flirtera avec un certain nationalisme, une préférence nationale que l’on peut difficilement combattre lorsqu’il s’agit de chocolat suisse ou, mieux encore, de fondue.

Sous couvert de patriotisme, laissons-nous aller à rêver de la prochaine fondue moitié-moitié que nous dégusterons en famille ou entre amis. Ne culpabilisons pas des quelques kilos que nous prendrons cet hiver encore, car nous sommes tous dans le même caquelon.

En effet, en août 2017, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a annoncé fièrement les nouveaux chiffres : chaque Suisse mange près de 22 kg de fromage par an, soit deux fois plus que la quantité de chocolat consommée chaque année en Suisse. Si la mozzarella italienne occupe la première place, les fromages à fondue se hissent toujours dans le haut du classement des fromages les plus consommés. Symbole de notre pays, la fondue se décline à l’infini, de la fondue à la tomate jusqu’à la fondue au prosecco, sans oublier la fondue au chocolat, ou comment allier nos deux amours culinaires helvétiques.

Très suisse, la fondue se veut pratique, efficiente. Avec un simple réchaud portable, nous pouvons manger une fondue partout et à n’importe quel moment. Un site internet recense de nombreux lieux insolites où déguster une fondue, à tester absolument pendant l’inter-semestre ! Un collectif nommé Extrême Fondue s’est même lancé pour défi d’essayer la fondue dans un funiculaire, dans une télécabine, au milieu d’un rond-point et même devant un magasin érotique.

Le site d’Extrême Fondue propose même une recette de fondue que je vous offre en guise de cadeau de Noël car les autres membres d’HEConomist m’appellent. Il semblerait que notre fondue soit prête…

Ingrédients pour 3-4 personnes :

  • 600 grammes de fromage (gruyère, vacherin, etc…)
  • Verres de vin blanc (3 dl) très sec
  • ~ 1 dl de kirsch
  • 1-2 gousses d’ail coupées en morceaux
  • 3 c. à c. de maïzena
  • Poivre du moulin (jamais de sel car le fromage en contient déjà)
  • 1 pincée de bicarbonate de soude qu’on ajoute à la dernière minute pour faire mousser la fondue et la rendre plus légère
  • Pain de la veille (il a plus de corps et se défait moins)

Pour réussir une bonne fondue, suivez les instructions :

  • Ôter la croute des fromages et râper avec une râpe à gros trous (cette opération n’est pas nécessaire si vous achetez du fromage déjà coupé)
  • Éplucher l’ail ; prendre un morceau et frotter généreusement le caquelon
  • Dans le caquelon, mettre le fromage râpé et l’ail
  • Dans un petit bol, délayer la maïzena ou la fécule dans le vin ; verser sur le fromage avec le kirsch ; poivrer ;
  • Laisser fondre le fromage à feu très doux ; remuer constamment pour obtenir une pâte homogène ;
  • Juste avant de servir, incorporer une pointe de bicarbonate de soude ; (n’est utile que pour faire mousser la fondue, pour qu’elle ait un aspect plus crémeux. Le bicarbonate de soude est interdit dans les restaurants pour éviter de tromper le client sur la quantité !)
  • Conserver le caquelon sur son réchaud pendant tout le repas ; servir avec les cubes de pain placés dans une corbeille.

Peu importe la recette suivie, le secret d’une bonne fondue réside dans le fromage utilisé…

Bon appétit !

Deborah Intelisano