Inutile de vous le répéter : l’année 2020 nous a jusqu’ici réservé bien des surprises, et jamais le terme unprecedented times n’a été autant utilisé par les médias. Beaucoup d’entre nous ont profité de leur temps libre à domicile pour se mettre au sport, se reposer, faire du bricolage ou rattraper la pile de livres non lus qui attendent sur l’étagère et prennent la poussière depuis quelques mois (comment ça, exemple trop personnel ?).

Néanmoins, ce n’est pas le cas de Tanja Markotic et de ses camarades de classes, tou.te.s issu.e.s du Master en Systèmes d’Information à HEC Lausanne. Dans le cadre initial d’un projet pour un de leurs cours, ces étudiant.e.s ont créé la plateforme Thinkers from UNIL.

L’idée de base est venue lorsque ces étudiant.e.s voyaient leurs homologues en faculté de médecine aider les hôpitaux à faire face à la crise sanitaire du COVID-19. Ne sachant pas comment apporter leur pierre à l’édifice, cette équipe décida plutôt de bâtir leur propre édifice, et c’est ainsi qu’est née la plateforme.

Alors que bien des initiatives naquirent pour venir en aide aux plus vulnérables, l’équipe de Thinkers avait l’impression de devoir combler un vide. En effet, nous avons d’un côté énormément d’étudiant.e.s qui, même s’ils.elles ne sont pas expert.e.s, ont les capacités d’aider pour certaines tâches, et de l’autre côté des PME, indépendant.e.s ou associations qui auraient bien besoin de cette aide si précieuse pour s’en sortir.

C’est dans cet état d’esprit que s’inscrit Thinkers from UNIL. Au commencement, la plateforme listait les initiatives d’entraide déjà existantes pour inciter à la participation et continuer à promouvoir l’entraide (voir l’onglet Blog). Mais cela ne rassasiait pas cette équipe. Quelque temps plus tard, grâce à une collaboration avec Scrambl. et Microcrédit Solidaire Suisse, la plateforme est sortie de sa chrysalide afin de déployer ses ailes et emmener le projet vers de plus hauts sommets.

Le principe est simple : il s’agit de mettre en contact des étudiant.e.s qui souhaitent rendre service et aider leur communauté en utilisant leur savoir pour aider bénévolement les petites entreprises ou associations dans le besoin. Ces futurs gradué.e.s s’inscrivent pour des missions et, si leur profil correspond et est adapté à la mission, ils.elles sont ensuite mis.es en contact avec les autres étudiant.e.s de leur groupe (s’ils.elles n’ont pas déjà formé un groupe au préalable), ainsi qu’avec la personne de référence pour cette mission.

Dans le cadre de ce magnifique projet, j’ai eu la chance de rencontrer deux équipes qui travaillent actuellement sur deux missions différentes. La première équipe est composée de deux étudiants du Master en Systèmes d’Information : Leonardo, avec un background en sciences du sport couplé d’une mineure en informatique, et Basel, fondateur de la plateforme Passe-moi tes notes. La deuxième équipe est constituée de quatre d’étudiant.e.s, dont j’ai rencontré Jorge et Silvia, tou.te.s deux étudiant.e.s du Master en Management. Je les remercie grandement d’avoir accepté de répondre à quelques questions !

Q : Comment êtes-vous tombés sur Thinkers from UNIL ?

B&L : Depuis le début, nous avons suivi le projet avec enthousiasme. Tanja en parlait fréquemment sur notre groupe de classe (ndlr : sur WhatsApp), jusqu’au moment où tout s’est vraiment concrétisé et les premiers challenges étaient prêts à recevoir notre aide. L’interface est intuitive et facile d’accès, alors ça incite à s’inscrire.

J&S : Nous en avons entendu parlé par Tanja dès le départ, qui était très engagée dans l’aide pour surmonter la crise. Pour ce qui est spécifiquement de notre mission, nous avons les deux été recrutés par un.e ami.e, ce qui a formé notre groupe de quatre étudiant.e.s.

Q : Quelle est votre mission, et pourquoi celle-ci ?

B&L : Nous n’avions pas trop revu le site depuis le début. En le redécouvrant, nous avons découvert cette mission sur le développement d’une plateforme e-commerce. C’est à ce moment-là où nous avons joint nos forces et compétences pour pouvoir venir en aide à cette commerçante.

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J&S : Notre mission n’en est encore qu’à l’étape initiale, à l’étape préparatoire. Nous savons qu’il s’agit de l’élaboration d’un plan marketing, mais nous n’avons pas encore eu le premier contact avec l’entreprise en question. Nous avons tout de même une bonne idée de ce dans quoi nous nous engageons grâce à l’offre. En plus, cette mission s’inscrit bien dans le cadre de nos études et connaissances, et nous pensons que nous pourrons bien apporter notre aide.

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Q : Comment se déroule votre mission ? Qu’est-ce que vous en tirez en termes d’expérience, de valeurs, d’émotion… ?

B&L : Au départ, on pensait devoir partir de zéro, créer le site web, les réseaux sociaux et tout ce qui va avec. Mais il s’est avéré qu’il y avait déjà une très bonne base avec laquelle travailler, et on arrive comme des renforts pour aider à traverser la crise. On a créé deux ou trois campagnes de publicité, et on aide aussi à gérer le background du site web. Nous organisons des petits meetings virtuels pour se tenir au courant de l’avancement, et à chaque fois nous ressentons la gratitude de cette commerçante, ce qui nous fait vraiment très plaisir.

Au final, nous n’en retirons ni un salaire, ni des crédits universitaires : ce qui nous importe vraiment c’est la satisfaction personnelle d’avoir aidé, le fait de créer des liens et d’avoir de nouveaux contacts, et de pouvoir mettre nos compétences à profit de ceux et celles qui en ont besoin.

J&S : Ce qui nous a attiré plus que la mission, c’est le projet en général. Donner la possibilité à des étudiant.e.s de rencontrer des entreprises hors du cadre des études, c’est vraiment une bonne chose car même si nous ne sommes pas encore des professionnel.le.s, nos connaissances suffisent pour apporter de l’aide bénévolement, et c’est ce qui motive le plus.

En plus de ça, une fois le semestre fini et les examens passés, l’été risque d’être vide d’animation pour les étudiant.e.s, alors c’est agréable de se sentir utile en apportant son aide. Au final, c’est gagnant-gagnant : nous gagnons en contacts et en expérience, et nous apportons de l’aide dans des projets qui n’auraient pas pu être réalisés autrement.

Q : Quelles sont les difficultés et les défis de ce genre de mission ?

B&L : Pour le moment, ce sont les rencontres virtuelles qui rendent l’entraide difficile. Google Drive nous aide pour le partage des documents. Le timing n’est pas forcément idéal, étant donné que nous entrons en période de révisions et que les deadlines de beaucoup de projets s’approchent. Les délais de mission sont difficiles à respecter aussi, et la mission peut légèrement changer en cours de route. Mais rien n’est insurmontable !

J&S : Nous redoutons un peu le contact. Créer une relation de confiance avec quelqu’un uniquement par conférence audiovisuelle n’est pas la meilleure solution, mais cela reste clairement faisable. On espère également que nous saurons satisfaire les demandes de l’entreprise, et que nos éventuelles lacunes ne nous empêcheront pas de les aider. Mais au niveau de notre implication et motivation, il n’y a aucun problème.

Q : Un mot de la fin pour les prochains Thinkers ?

B&L : C’est une très bonne expérience qui nous a donné les moyens de nous rendre utile et de venir en aide à quelqu’un dans le besoin, et la gratitude est clairement la meilleure monnaie d’échange.

J&S : Ce projet permet réellement de combler un manque qu’il y a à Lausanne, et permet aux étudiant.e.s de s’engager concrètement pour venir en aide aux commerçant.e.s. Nous pensons vraiment que ce projet apporte énormément de bien des deux côtés de l’offre. Lancez-vous, c’est une bonne et honorable façon de tester vos connaissances, de vous faire de l’expérience et d’aider votre communauté.

 

Pour le moment, la plateforme est réservée aux étudiant.e.s de l’UNIL pour des raisons logistiques. Néanmoins, un des objectifs futurs est d’élargir le réseau d’offres et de demandes, afin de pouvoir ouvrir la plateforme à toute la communauté universitaire. Toute aide est bonne à prendre, et avoir des étudiant.e.s venant de différentes universités et hautes écoles permettrait de faire un lien entre les différents campus.

En outre, même si la plateforme est apparue en réponse au COVID-19, elle cherche aujourd’hui à se développer afin d’assurer la pérennité de la solidarité étudiante et l’entraide aux petits commerces en difficulté. Au bout du compte, c’est un environnement de collaboration et de co-création doublé d’un jeu à somme gagnante qui bénéficie au bien-être de chacun et qui vient combler l’écart parfois présent entre les petites entreprises et les étudiant.e.s universitaires.

Maintenant, à vous de jouer ! Si vous êtes étudiant.e, motivé.e et que vous souhaitez aider, ou au contraire une entreprise dans le besoin, consultez les missions actuellement disponibles, suivez la page Instagram pour rester à l’affût des prochaines missions et devenez, vous aussi, un.e Thinker solidaire ! Sur ce, je vous quitte, j’ai un formulaire d’inscription à remplir…

Dilane Andrade Pinto
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