La lutte contre le réchauffement climatique représente un défi crucial et complexe pour notre époque. Les effets de ce phénomène se manifestent de plus en plus clairement : hausse des températures, événements météorologiques extrêmes, fonte des glaciers et déséquilibre des écosystèmes. Face à cette menace mondiale, il est essentiel de trouver des solutions pour réduire notre empreinte carbone, notamment dans le domaine des transports, un secteur majeur de pollution. Si les voitures électriques ont été introduites pour réduire les émissions liées à la mobilité, elles posent encore plusieurs problèmes en matière de durabilité.
Qu’est-ce qu’un véhicule léger électrique ?
En Suisse, ainsi que dans l’ensemble de l’Europe, la famille des petits véhicules est particulièrement diversifiée. Les véhicules légers sont répartis en différentes catégories, allant de L1 à L7. Ces catégories sont établies en fonction du poids, avec la catégorie L7 se rapprochant le plus des voitures de tourisme, classées en M1. Il existe cependant une nette différence de conception entre les véhicules classiques et les quadricycles. Alors que les véhicules conventionnels sont soumis à des normes rigoureuses en matière de sécurité, de confort et de qualité, les quadricycles répondent principalement à des exigences liées à l’efficience énergétique. La catégorie qui nous intéresse, la L7e, est soumise à des restrictions concernant le poids total du véhicule et la puissance de la batterie. Ces véhicules ne doivent pas dépasser un poids de 550 kg et sont limités à une batterie d’une puissance maximale de 15 kW.
Pourquoi s’orienter vers les véhicules légers électriques ?
En effet, bien qu’elles soient plus respectueuses de l’environnement, les voitures électriques présentent des défis notables.
Durabilité sociale
Sur le plan social, l’extraction de matières premières est souvent associée à des violations des droits humains. Un exemple notable est celui du cobalt, un élément essentiel dans la fabrication des batteries au lithium, dont la majorité provient de la République démocratique du Congo. Malheureusement, ce pays est tristement célèbre pour ses conditions de travail précaire, où les droits humains sont fréquemment bafoués et où le travail des enfants dans les mines est une réalité. De plus, l’extraction du cobalt est responsable de la contamination des écosystèmes environnants, polluant les lacs et empoisonnant les poissons, source d’alimentation pour les populations locales. Cette pollution entraîne des conséquences graves pour la santé, telles que des cancers et d’autres maladies chroniques. En moyenne, chaque véhicule électrique nécessite entre 5 et 7 kg de cobalt, et environ 70 % de cette ressource est extraite en République démocratique du Congo, ce qui soulève un dilemme éthique majeur. Bien que ce problème ne soit pas directement imputable au seul secteur des voitures électriques, il est également lié à la production d’autres appareils fonctionnant sur batterie, comme les ordinateurs et les téléphones. Cependant, il est important de noter que les véhicules de catégorie L7e, avec des batteries de 15 kWh en moyenne, nécessitent moins de cobalt par rapport aux voitures électriques standard, dont les batteries atteignent généralement 72 kWh. Cela contribue à réduire l’impact moral lié à l’utilisation de ces matériaux rares, atténuant ainsi de manière significative les enjeux éthiques liés à leur production.

Travail d’un enfant au Congo
Durabilité écologique
Les quadricycles électriques consomment significativement moins que les voitures électriques classiques. Par exemple, la fabrication d’une batterie de 70 kWh pour une voiture électrique classique émet environ 4’500 kg de CO2. En comparaison, la batterie des quadricycles légers, environ cinq fois plus petite, génère seulement 1’350 kg de CO2.
Ensuite, pour évaluer de manière réaliste l’impact écologique de ces deux types de véhicules, il est essentiel de prendre en compte l’ensemble de leur cycle de vie. Cela comprend la production du véhicule, la production de l’électricité, la consommation énergétique, ainsi que le processus de recyclage. Selon une analyse « life cycle » réalisée en 2022 par le Centre aérospatial allemand (DLR), d’ici 2030, les quadricycles de catégorie L7e devraient émettre environ 40g de CO2 par kilomètre parcouru, contre 100 g de CO2 par kilomètre pour une voiture électrique classique. Ces véhicules légers s’avèrent donc plus de deux fois plus respectueux de l’environnement que les voitures électriques. Cette différence s’explique par leur meilleure efficacité énergétique : grâce à leur poids réduit, ils requièrent moins d’énergie pour se déplacer, subissent moins de frottements en raison de leur taille plus compacte, et ont une vitesse maximale inférieure, ce qui diminue encore leur consommation énergétique.

Pollution émise par la production de batteries
La situation de la mobilité électrique sur le marché automobile
Pour l’instant, la situation des LEVs sur le marché des automobiles n’est pas encore très développée. En effet, encore peu de véhicules légers arrivent à combiner les restrictions énergiquement efficaces des L7e avec des notions de confort caractéristiques de nos voitures habituelles.
En Suisse, les quadricycles électriques les plus populaires sont le Microlino ainsi que le Tazzari ZERO. Néanmoins ces véhicules comportent plusieurs défauts : ils sont généralement affligés d’un manque de place pour les passagers, d’un petit coffre ainsi que de lacunes sécuritaires. Ces quadricycles n’ont par exemple pas de système ABS, d’airbag ou d’ESP (electronic stability program). On comprend donc qu’il est compliqué d’envisager un véhicule de ce type pouvant remplacer la voiture actuelle.
Néanmoins, cette tendance est en train de changer. Des véhicules légers essayant d’offrir le meilleur en termes de rapport efficacité qualité commencent à conquérir la mobilité électrique. L’Asie est en tête de la démocratisation des LEVs avec son BYD Seagull. Ce véhicule n’a rien à envier à ses collègues plus lourds ; son autonomie de 305km, son design High-tech, ainsi que sa capacité de recharge de 30% à 80% en 30 minutes, lui permettent de pouvoir substituer un EV pour la plupart des ménages. Ce véhicule n’a pas encore été commercialisé en Europe, mais cela ne l’empêche pas de connaître un succès international ; c’était le 3ème véhicule 100% électrique le plus vendu dans le monde en octobre 2023. Le Seagull a annoncé son expansion en Europe en 2025 pour un prix d’environ 10’000 CHF, de quoi alimenter une belle concurrence.

BYD Seagull
C’est dans ce contexte que les solutions de micromobilité électrique, prennent tout leur sens. Ces véhicules légers consomment beaucoup moins de métaux rares, avec des batteries jusqu’à cinq fois plus petites que celles des voitures électriques traditionnelles. Par conséquent, ils limitent à la fois les problématiques sociales liées à l’extraction des matériaux et les défis environnementaux du recyclage, offrant ainsi une alternative plus durable pour un avenir plus propre.

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Sources :
- GERMAN AEROSPACE CENTER (DLR), The Potential of LEVS for Climate Protection through Substitution for Passenger Car Trips – Germany as a Case Study
- FULLY CHARGED, “Energy consumption of full electric vehicles”
- STATISTA, “Principaux pays producteurs de cobalt dans le monde de 2013 à 2022”
- SCIENCEDIRECT, “Human exposure to metals due to consumption of fish from an artificial lake basin close to an active mining area in Katanga (D.R. Congo)”
- BLICK, “La vérité sur cette matière première: 9 faits sur le cobalt, le métal dans les batteries de voitures électriques”
- SWISSINFO.CH, , “Le travail des enfants dans les mines de cobalt embarrasse les exploitants suisses”
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