« Parce que nous le valons bien », « Just do it ! », « What Else », « Haribo c’est beau la vie, pour les grands et les petits », ces quelques slogans peuvent vous paraître inoffensifs, mais actuellement sur ces 4 slogans, vous en avez sûrement chantonné au moins un dans votre tête. Appellerait-on cela une publicité efficace ou une publicité manipulatrice ?

Selon Wikipédia, la publicité est une forme de communication de masse, dont le but est de fixer l’attention d’une cible visée (consommateur, utilisateur, usager, …) afin de l’inciter à adopter un comportement souhaité : achat d’un produit, élection d’une personnalité politique… Mais est-ce que de nos jours cette définition de la publicité n’est pas poussée à ses limites ? Ne nous encourage-t-elle pas à la surconsommation de produits dans un monde ou la question écologique tient une place importante ?

Un peu d’histoire 

La publicité a connu un fort développement lors de l’essor économique des Trente Glorieuses. Elle s’est améliorée d’un point de vue qualitatif, c’est-à-dire que le marketing a émergé et des techniques plus poussées comme la segmentation de marché ou l’utilisation des sciences humaines ont pris place. Mais elle a aussi évolué d’un point de vue quantitatif. C’est au début des années 1960 que la publicité télévisée apparaît et que les marques commencent à vendre à travers des spots publicitaires.

Manipulation ou pas ?

Aujourd’hui tu entres dans ta voiture, tu mets la radio, c’est 40 min de pub pour 20 min de musique. Tu utilises YouTube et entre chaque vidéo : PUB. Tu vas sur Instagram, Facebook… il y a aussi de la publicité. De nos jours, la publicité occupe une place omniprésente dans notre vie quotidienne. Et on peut voir cela de 2 points de vus différents. D’un côté, certain-e-s pensent que l’humain est capable d’arbitrer et de faire des choix rationnels et d’autres pensent que la publicité est un outil puissant qui ferait acheter du lait à une vache ! La publicité influence les consommateurs sur 3 facteurs : les facteurs personnels, les facteurs psychologiques et les facteurs sociaux. Les facteurs personnels sont des éléments démographiques, comme la culture, l’âge, le sexe… Les facteurs psychologiques concernent les convictions, l’état d’esprit, la mentalité, la perception qu’on a de ses besoins… Et les facteurs sociaux comprennent la classe sociale, les revenus, le niveau d’éducation. Depuis les années 2000, le neuromarketing est apparu et aide la publicité à influencer sur ces 3 domaines. Le but du neuromarketing est de mieux comprendre les comportements des consommateurs grâce à l’identification des mécanismes cérébraux qui interviennent lors de différentes situations. A partir de là deux opinions se forment, l’une négative et l’autre positive. D’un point de vu négatif, on peut se demander si le neuromarketing est éthique, si ce n’est pas un moyen de mieux nous manipuler pour nous pousser à acheter. Puis d’un point de vue positif, ces nouvelles connaissances permettent de proposer des produits et des services qui correspondent pour le mieux aux consommateurs.

Surconsommation et environnement

La tentation est d’autant plus forte qu’elle est omniprésente, tout est prétexte pour nous pousser à consommer sous n’importe quelle forme. Et de là naissent différents problèmes. On jette pour acheter nouveau et meilleur alors que tout fonctionne correctement. On achète beaucoup de nouveautés, vêtements, téléphones, électroménagers, mais pour combien de temps ? Et a-t-on vraiment besoin de tout cela ? Il est difficile de différencier les désirs des besoins. Selon une étude Ipsos en 2016, en moyenne les Français détiennent 99 équipements électriques et électroniques par foyer alors qu’ils pensent en détenir 34. Nos choix actuels de consommation ont un impact direct sur l’environnement. L’épuisement de nos ressources montre bien que notre rythme mondial et national de consommation est incompatible avec les limites naturelles.

La publicité a des effets positifs tout comme négatifs. Mais actuellement elle est trop abondante et des questions écologiques se soulèvent. À l’heure actuelle, notre société a-t-elle encore besoin de tant de publicité ? De pousser encore plus loin les techniques de ventes ?

Sirine Chodan