Nous achevons ce mois de mars de l’année 2020, un mois qui restera à jamais dans l’histoire de l’humanité. Le monde a progressivement été plongé dans un confinement partiel, voire total pour certains pays. Durant l’enfermement, nous nous retrouvons face à cet ennemi qui nous fait peur : le temps qui passe et par extension, à notre condition d’être humain. Nous passons d’une vie organisée, remplie, parfois même étouffante, chronométrée et rassurante à une vie où tout doit s’inventer au quotidien sans repère connu. L’homme tombe ainsi souvent dans l’ennui, perd son temps en futilités et finit par conclure que sa vie est monotone. Mais paradoxalement, ne serait-ce pas une opportunité pour lui d’utiliser ce temps pour se créer, s’inventer, se construire ?

Pour la première fois dans cette société où tout va très (trop ?) vite, l’homme peut prendre du temps pour lui. La temporalité a totalement changé. On passe d’un discours ‘’Je n’ai pas le temps’’ à une journée où l’adage devient ‘’Je ne sais pas quoi faire aujourd’hui.’’. Il y a encore une quinzaine de jours, notre quotidien était basé sur un équilibre entre des obligations et du divertissement. Aujourd’hui, avec cet équilibre brisé, notre vie se résume à du divertissement. Cependant, selon Blaise Pascal, philosophe du XVIIème siècle, le divertissement est un détournement de l’essentiel par diverses occupations pour oublier le tragique de notre condition. La majeure partie de notre vie est divertissement et c’est grâce à cela que l’homme arrive à se réfugier dans l’illusion et évite de se retrouver seul face à lui-même, évite de contempler sa vie. L’action nous occupe, on ne voit pas le temps qui passe et on se rassure. De ce fait, le divertissement nous fait perdre le sens de notre existence, la vraie valeur de la vie. Certes, le divertissement nous octroie du bonheur mais ce dernier est extrêmement éphémère et peu lié à la vie réelle. En d’autres termes, on se ment à nous-mêmes en créant une illusion de notre vie qui est biaisée. En fuyant le présent, on fuit le temps qui est absolument nécessaire pour se construire et grandir humainement. Il faut dorénavant se demander si le divertissement est un choix ou uniquement une fuite du temps et du présent.

En confinement, après s’être diverti de diverses manières, on se retrouve forcément face au temps qui passe. On analyse notre vie et cette analyse nous fait très souvent peur. Dans cette situation délicate, il faut être capable de résilience. La résilience est la reprise du développement après un traumatisme ou un vécu dans des conditions adverses. En d’autres termes, on doit passer par cette étape de contemplation de la vie, se faire mal, pour enfin pouvoir profiter pleinement de la situation exceptionnelle qui nous permet d’avoir du temps en abondance. Grâce à cet enfermement, l’homme se rend compte de la préciosité du temps. En réalisant la valeur de ce dernier, il peut acquérir un savoir illimité, se compléter et devenir une meilleure version de lui-même. En effet, le savoir est illimité, seul le temps nous restreint, c’est donc le moment opportun pour acquérir un maximum de savoir, pour évoluer en tant qu’être humain. De plus, c’est dans l’ennui que l’homme devient créatif. Effectivement, bon nombre d’expériences psychologiques ont montré que nous réfléchissons différemment lorsque nous nous ennuyons.

En résumé, l’homme se doit de ne pas tomber dans la passivité mais devrait réussir à surmonter cette épreuve face à lui-même. L’être humain n’est jamais mieux servi que par lui-même, il est responsable de sa vie. Il est temps pour lui d’analyser son existence, de se recentrer sur l’essentiel et de ne plus prendre en considération le regard de la société.

La planète elle aussi subit un changement drastique. L’humanité toute entière étant concernée par un même problème, les répercussions écologiques sont plutôt positives, puisque la pollution a diminué ; la population ne se déplace presque plus, l’industrie est au ralenti, le tourisme est au plus bas. Arrivée à un moment de saturation, notre planète avait besoin d’un repos, un repos bien mérité. Il aura malheureusement fallu un virus à l’échelle mondiale pour se rendre compte des débordements de notre société. Triste réalité.

Du point de vue économique, la situation est beaucoup plus délicate. Systématiquement placée au centre de notre société, l’économie a laissé place à la médecine, secteur pour le moins sollicité face à la situation. Il faudra à nouveau être capable de résilience au niveau planétaire pour faire face à la future crise.

En conclusion, malgré la crise que nous traversons tous, il est toujours possible de voir du positif dans cet amas d’informations négatives. C’est le moment opportun pour se recentrer sur soi-même, prendre du recul sur sa vie et évoluer en tant qu’individu.

Tristan Bochatay
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