Session 2015


« 30’000 CHF pour transformer ton idée en start-up! » – Start

Du projet à la concrétisation, en l’espace de 8 mois, c’est possible. Des mois de préparation, où l’on ne compte plus les dizaines de présentations à faire devant le public, le jury ou entre amis ; où il faut connaitre son concept sans aucune faille, mais aussi des heures de dur labeur à la recherche de développeurs… Voilà ce que « Start » offre comme opportunité aux quelques étudiants motivés et regorgeants d’idées. Ce concours, pour tous les participants qui se lancent pour devenir des jeunes entrepreneurs, est une expérience extra-académique qui leur fait acquérir de très belles connaissances techniques, mais aussi une aventure humaine.

Se voir empocher les 30’000 CHF, se faire remarquer par les professionnels et se faire connaitre du grand public, exige cependant certaines conditions. Par conséquent, il faut franchir et valider les différentes étapes imposées : du pitch au business model !

Être créatif ? Ambitieux ? Motivé ? Une trentaine de projets ont vu le jour de cette manière ; 6 en ont été retenus : Bird Event, Blink, Blurred, G-Novativ, Technis et WrapEat. Mais seulement un, est ressorti victorieux de ce concours. En cette session 2015, le grand gagnant, qui a remporté les 30’000 CHF, a été « Technis » !
Mais deux autres projets se sont fait aussi remarquer. Il s’agit de « Blurred » et « Blink », qui sont chacun partis avec 5’000 CHF offerts par QoQa Suisse et Pomp It Up.

Ces projets sont donc devenus des Start-ups à part entière et nos jeunes entrepreneurs se lancent dans une merveilleuse aventure, qui ne vient que de débuter. C’est d’ailleurs bien ce que signifie le terme « Start » : ce n’est que le commencement de l’histoire, ce concours étant, peut-on dire, un tremplin pour pouvoir se lancer !

Pour vous, HEConomist est allé à la rencontre des trois projets ayant gagné un prix. D’une idée entre amis à l’idée folle de se lancer dans le concours Start et enfin devenir fondateur d’une Start-up, ces jeunes entrepreneurs, de l’université de HEC Lausanne, mais aussi de l’EPFL, répondent à nos questions.


En préambule, vous lirez, ci-dessous, quelques mots à propos de chaque Start-up :

Technis : Cette Start-up veut moderniser les terrains de tennis pour les rendre tactiles. Les informations sont récoltées, traitées et modélisées. Une application mobile permet aussi de suivre ces performances sportives, de contacter d’autres joueurs aux alentours et de partager ces évolutions.

Blurred : Une application de rencontre. Y’en a-t’il pas assez sur le marché ? « Non ! » – répond Blurred. Grâce à des « moves », l’application nous alerte quand l’on a tapé dans l’œil d’un autre utilisateur. Un moyen inédit, une application moderne… Bref, nous n’avons plus d’excuses pour ne rencontrer personne ! Notons certains détails, comme le fait que le périmètre de recherche de profils sera d’environ 50m et que le nombre de discussions sera limité par jour, afin de sauvegarder des rencontres de qualité.

Blink : Cette start-up de la catégorie Biotechnologie permet le contrôle main libre de sa musique en proposant un casque audio révolutionnaire. A la fois futuriste et révolutionnaire, le casque reconnait les intentions de son utilisateur grâce à des gestes du visage, tel qu’un clignement de l’œil.

Voici, donc, leurs témoignages :

Vous avez créé une Start-up, comment l’idée de cette dernière vous est-elle parvenue ? Décrivez-nous les circonstances.

Technis : Martin et Wiktor ont commencé leurs études à l’EPFL en 2009. Ils sont passionnés de tennis et jouent au tennis. En 2011, ils quittent Lausanne pour de nouvelles expériences académiques et professionnelles à l’étranger. En été 2014, Martin rencontre Wiktor pour lui parler de l’idée d’avoir une ligne intelligente sur le court de tennis lors d’un café à Paris. Puis, lors d’un Silicon Valley camp aux États-Unis, Martin rencontre Naïk, ancien joueur de tennis professionnel. En octobre 2014, nous commençons l’aventure et décidons de commencer l’aventure du concours START pour développer notre idée.

Blurred : Alex et moi (Maxime) étions à l’un des premiers cours de finance de notre 3ème année HEC. Plutôt que de suivre assidûment le cours, nous avions une fâcheuse tendance à regarder les gens autour de nous, et pour ne rien vous cacher, par « gens » nous entendons surtout les filles. Après quelques commentaires et regards échangés avec Valentin de l’autre côté de l’amphithéâtre, nous avions fait le constat suivant: il manquait un moyen simple et intuitif de faire le premier pas lorsque le contexte ne se prête pas forcément à une rencontre. Nous nous étions donc réunis, lors d’une soirée, organisée par le comité HEC, et avions entamé une discussion sur l’idée d’une application mobile innovante pour briser la glace de manière ludique : Blurred était née !
Blink : Nous avons toujours été passionnés par les interfaces entre l’homme et la machine. En tant que bio ingénieurs, nous sommes souvent confrontés à de nouvelles technologies et de nouveaux types d’interfaces. Souvent, ces technologies ne sortent pas des laboratoires, ou sont utilisées pour des applications très restreintes. Notre envie d’utiliser ces technologies pour offrir un produit innovant et fun est ce qui a mené à la création de Blink et de notre casque.

Comment avez-vous fait pour vous démarquer des autres ? Pendant le déroulement des pitch et du business model ? Avez-vous rencontré des challenges ?

Technis : Un concours, c’est d’abord l’expérience de confronter une idée devant des experts et de la consolider dans les différents domaines du business. Le concours START nous a permis de constamment se remettre en question et de développer notre idée de départ : nous sommes partis d’un système de IN/OUT calling de la balle sur la ligne du terrain et nous sommes arrivés au terrain intelligent avec un mapping intégrale du terrain qui nous permet d’analyser tous les évènements sur le terrain et de créer le tennis 2.0. Puis, vient la compétition avec d’autres projets très innovants. Un de nos points forts a été de montrer le potentiel dynamique de notre business sur les différents acteurs du monde du tennis ainsi que les premiers clients potentiels qui nous ont déjà accordé leur confiance et leur intention de s’équiper du système Technis dans les prochains mois.


Blurred : Afin de se démarquer des autres lors de nos présentations, nous avons essayé de prendre des exemples concrets qui pourraient parler à nos interlocuteurs. Par exemple pour le premier pitch face au jury, nous avons voulu les mettre en situation concrète et par conséquent, nous avons créé une mise en scène où nous avions collé une photo d’eux sur de « faux IPhone en carton » ; et ensuite, nous avons créé une situation dans laquelle l’un de nous aimait bien une des membres du jury.. Ce style décalé et plus détendu que les autres équipes nous a permis de passer chaque étape jusqu’à la finale. A noter que, pour chaque Pitch qui fait moins de 10 minutes devant les jurys, il faut compter des heures et des heures de répétitions. De plus, nous avons fait des statistiques en demandant à 400 personnes de répondre à la question « Avez-vous déjà croisé quelqu’un qui vous plait sans oser lui parler ? » : 398 personnes ont répondu à l’affirmative. Plutôt encourageant !
Blink : Le fait d’avoir un prototype fonctionnel nous a permis de bien nous démarquer et de concrétiser notre technologie. Pour la présentation nous avons fait appel à Adrien Dalang qui est un expert en la matière, son coaching nous a beaucoup aidés. Nous avions tous un texte, certains de nos mouvements étaient chorégraphiés et nous avons fait une démonstration de notre prototype devant le jury. L’un des gros challenges, c’est de définir des priorités pour respecter les deadlines, bien comprendre les critères d’évaluation des jury et travailler sur ses points faibles.

Quelles sont les étapes à suivre que vous avez dû franchir pour créer votre Start-up ? Où en est le projet actuellement ?

Technis : Le concours nous a permis de mûrir et de mettre en place les différents chantiers de la création d’une start-up. Il a fallu chercher encore plus d’argent pour ne pas perdre de temps et continuer d’accélérer l’entrée sur le marché. Nous sommes aujourd’hui basés à LaForge, espace de travail pour les startups à l’EPFL et nous avons des collaborations dans différents laboratoires pour développer et finaliser notre technologie. Par ailleurs, un software développé nous a rejoints et 4 stagiaires ont rejoint l’équipe.

Blurred : Les étapes sont tout d’abord, un pitch où l’on essaie de vendre notre idée en 2 minutes ; Puis, une présentation du business model qui précise à qui cela se destine et pour quel coût. Et enfin, une présentation du business plan, correspondant à 10 pages A4 + annexe, où l’on présente le vrai projet, c’est-à-dire, tous les scénarios futurs envisageables. Actuellement, nous avons déjà plusieurs investisseurs externes. Notre start-up a également reçu un prix par Qoqa Price de 5’000 CHF. Mais nous sommes toujours à la recherche d’investisseurs. Précisons encore, que nous avons fait la rencontre d’un rédacteur de « Bilan », au prix « Stratégis », ceci grâce au prix du public, qui nous a été décerné, lors de la cérémonie des prix du concours « Start ». Vous pouvez d’ailleurs retrouver la vidéo « baby entrepreneurs » tournée dans les locaux de la rédaction Bilan sur notre page Facebook Blurred.

Blink : Tout commence par une idée. Très rapidement, nous avons créé un prototype afin de donner vie à notre technologie, il avait beau être moche, nous en étions très fiers. Petit à petit, nous l’avons amélioré pour arriver à un résultat présentable. Dès ce moment, notre produit a suscité beaucoup d’enthousiasme. Afin de bénéficier des conseils d’experts du monde des startups et d’essayer de trouver des fonds par la même occasion, nous avons décidé de participer au concours START. Grâce à de judicieux conseils, nous avons amélioré notre produit et développé notre business model. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de recherche et développement intense pour renforcer notre technologie.

Comment voyez-vous l’évolution de votre Start-up ?

Technis : A la fin de l’année, Technis prévoit d’installer son premier terrain de tennis à grandeur réelle et la première commercialisation des terrains intelligents est prévue début de l’année 2016. Nous sommes rentrés dans une phase de recrutement en software engineering et vente.

Blurred : Nous avons réussi à financer le développement complet de l’application ainsi qu’une grande partie nécessaire au marketing de l’application. Ce que nous cherchons vraiment c’est d’avoir un véritable « buzz » au mois d’Octobre, nous allons tout faire pour créer un effet viral. La phase de test de marché se déroulera à Lausanne. Nous avons fondé une Start-up et actuellement nous recherchons des investisseurs intéressés pour une deuxième levée de fonds afin de pouvoir s’épandre à l’international. Un objectif final ? Oui, nous en avons évidemment un ! Supposons que nous sommes à New-York, que, tout d’un coup, nous promenant dans les rues de la Big Apple, nous recevons un « move » sur notre application. Cela voudrait dire dès lors que Blurred aurait dépassé les frontières !

Blink : Nous sommes très optimistes pour le futur (en partie grâce à notre succès lors du concours START). Nous sommes certains que notre technologie trouvera sa place dans plusieurs marchés et aura un grand impact sur ceux-ci. En particulier, nous sommes actuellement en train de créer une nouvelle version du casque très excitante que nous nous réjouissons de pouvoir dévoiler. Gardez un œil sur Kickstarter et notre page Facebook dans les prochains mois pour en savoir plus!

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui veulent aussi se lancer dans l’aventure ?

Technis : On a souvent eu cette discussion avec les co-fondateurs de Technis. Il y a un certain nombre de personnes qui ont la même idée innovante au même moment et qui y pensent tous les jours. Le plus dur c’est de se lancer. Il ne faut pas hésiter à parler de son idée et de sa vision : c’est en parlant qu’on construit sa vision et son produit. L’équipe de base du projet est essentielle : la complémentarité des profils permet d’assurer une cohésion de groupe et un développement efficace d’idées. La plus grande force d’une startup, c’est la conviction des fondateurs que leur idée et leur produit vont avoir un impact positif sur le monde.

Blurred : Il faut se dire que, de toute façon, mieux vaut se jeter à l’eau. Vous n’avez rien à perdre !
Ensuite, au début, parlez autour de vous de votre idée, il ne faut pas la garder pour soi. Parlez-en le plus possible ! Faites-la déjà connaitre ! Cependant, ce qui nous a été reproché, a été le manque de plusieurs profils de notre groupe, étant trois étudiants d’HEC. Pensez donc à ouvrir vos horizons et pour se faire, l’équipe doit avoir des profils complémentaires.

Blink :
Monter une start-up est un processus d’apprentissage permanent, il ne faut jamais se laisser décourager quelque soit les épreuves à surmonter. Au final, c’est une aventure très excitante donc n’hésitez pas à vous lancer !


Nous remercions chaleureusement chaque équipe de ces Start-up de nous avoir consacré un peu de leur précieux temps et nous leur souhaitons une très bonne continuation dans leurs projets !
Tout juste connues du grand public, ces Start-up ont donc encore du chemin à faire… Mais certaines ont déjà pris leurs envols comme les Start-up gagnantes du Concours Start 2013 et 2014, « Cronodeal » et « QuestionMe ». Nous sommes également allés à leur rencontre pour voir l’évolution de leurs Start-up !
A très bientôt pour assister au Round II de « Que sont-ils devenus ? », les projets du concours Start.

Cassandre Badoux, Anne-Lise Dequenne & Audrey Cestier
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