Laura Zaccaria est une alumna HEC depuis 2011. Elle travaille comme Senior Consultant à Singapour chez BTS, société qui s’occupe du côté interpersonnel de la stratégie. Dans cette interview, elle revient sur son parcours et nous parle des opportunités conférées par une carrière en Asie.

Parlez-moi de votre parcours d’études.

J’ai un parcours un peu atypique dans le sens où je suis à moitié Suisse, moitié Italienne, mais depuis que j’ai trois ans et demi, j’ai toujours vécu à l’étranger dû au travail de mes parents. Je n’ai pas beaucoup passé de temps en Suisse durant mon enfance. Quand j’ai dû choisir un endroit pour faire mes études, je ne ressentais pas le besoin de partir à l’étranger. J’avais envie de rester en Suisse pour connaître mon pays. J’ai alors rejoint HEC Lausanne.

À la fin d’HEC, j’ai voulu faire un master de deux ans. Même si j’ai adoré HEC et j’y avais passé trois belles années, j’avais envie de voir quelque chose d’autre. Je me suis inscrite à Bocconi car là aussi je voulais vivre dans mon pays d’origine. En même temps, c’est une bonne école qui offre le programme CEMS (N.D.L.R, organisme de coopération entre business schools). J’ai fait deux ans de Master en International Management dont un semestre à Vienne.

J’ai ensuite fait un stage à l’étranger. Lors de me deuxième année de bachelor, mes parents ont déménagé à Singapour et j’allais leur rendre visite pendant les vacances. J’ai commencé à construire un réseau là-bas. Vu que je venais pas mal en Asie en vacances, j’avais envie de plus connaître le continent du point de vue professionnel, surtout en voyant le boum économique qui se produisait à Singapour et dans les pays d’Asie du sud-est. J’ai eu la chance de trouver un stage chez Microsoft et ils m’ont proposé de rester après que j’ai fini ma thèse. Du coup, j’y suis revenue et ça fait maintenant cinq ans que je vis ici.

Qu’en est-il du parcours professionnel ?

J’étais chez Microsoft. Énorme boite américaine dans la technologie qui est un domaine très intéressant. Quand j’étais chez eux, j’ai rencontré un Suisse qui montait sa startup à Singapour dans le domaine de l’advertising technology. Lorsqu’ils ont réellement lancé la boite, j’ai quitté Microsoft après neuf mois et j’ai rejoint Bid4Ad parce que c’était un projet unique de participer à la création d’une société dès le premier jour. Également, je savais que ça ne serait pas toujours possible. Même dans le cas où la startup ne décollait pas, j’avais de la sécurité financière vu que je vivais avec mes parents. C’était assez exceptionnel à 24 ans de pouvoir accéder à un rôle clé de business development et assez rapidement, je suis devenu directrice de l’entreprise.

Ce qui a fait que j’ai quitté Bid4Ad, c’est que bien que j’adore le fait de bosser dans une startup, la publicité n’était pas ma passion.

Quand j’ai quitté, je n’avais pas envie de rejoindre n’importe quoi. J’ai bossé pour une énorme boite et pour une minuscule. J’avais envie de trouver quelque chose entre les deux. Une à taille humaine qui est quand-même un réseau global avec un leadership et une stratégie forte. J’ai rejoint BTS qui fait du conseil en stratégie pour le management du personnel autant au niveau de la fonction des équipes dans les sociétés que leur formation interne. J’aime leur culture collaborative et travaille pour eux depuis plus de trois ans.

On entend souvent que la première expérience de fin d’étude oriente la carrière. Vous qui avez fait des expériences variées, que pensez-vous de ça ?

Je ne suis pas vraiment d’accord. Peut-être qu’étant en Asie où tout est très dynamique et qu’il est assez facile de changer de parcours, je suis biaisée. Ici, la diversité est appréciée. Je pense que beaucoup d’universités et d’étudiants se mettent la pression sur ce sujet, mais c’est très difficile de savoir ce qu’on veut faire avant de travailler dans une société et même une fois à un poste il peut y avoir des envies par rapport aux responsabilités et à la culture d’entreprise qui ne sont pas assouvies.

Chaque expérience permet de se refocaliser sur les domaines qui te plaisent ou ceux où tu es bon. Je ne pense qu’il faut se prendre la tête sur les premières expériences.

Recommanderiez-vous à quiconque de vivre en Asie quelques années ?

On dit que Singapour c’est « l’Asie pour les Nuls » parce que c’est facile de s’installer, il n’y a pas de barrière de langue. On l’appelle souvent la Suisse de l’Asie. C’est propre et l’administration fonctionne bien. Voilà pourquoi il y a beaucoup d’expatriés. D’autant plus que la Suisse et Singapour ont des bonnes relations bilatérales. C’est un chouette pays et c’est génial pour des jeunes gradués car ils peuvent voyager dans la région et profiter du dynamisme.

Est-ce que c’est difficile de trouver un emploi à cause de visas ou des systèmes pour donner la priorité d’emploi aux locaux ?

Comme partout, les locaux ont la priorité sur les étrangers et il faut effectivement avoir un visa pour travailler. Mais il y a deux façons de voir la chose. Soit tu peux te dire : « Ah mince, c’est impossible d’avoir un visa, du coup je ne tente pas. », soit, si t’as vraiment envie de venir, tu peux faire comme beaucoup de gens qui viennent sur place et se donnent deux ou trois mois pour amasser des contacts, participer à de nombreux évènement de networking afin d’acquérir des interviews. Il y en a énormément qui trouvent un job et restent ici. Après, c’est clair que depuis la Suisse, ce n’est pas évident, mais si tu te déplaces et tu as la motivation, c’est possible.

À Singapour, ça marche beaucoup par réseau et les sociétés préfèrent que les gens soient déjà sur place quand ils reçoivent des CV car il n’y a pas le problème de recruter des personnes qui en fait, hésitent de faire le grand saut.

Vous êtes membre active du Club HEC Singapour quel est votre rôle ?

J’organise des évènements et des rencontres avec les alumni d’HEC Lausanne. Malheureusement, cette année, je n’ai pas eu l’occasion de faire grand-chose à cause de mon emploi du temps chargé. Le club HEC permet de rencontrer des gens, créer un réseau, rester en contact. Il permet de trouver des nouvelles opportunités professionnelles par exemple. On est une soixantaine de personne à Singapour, mais nous n’avons malheureusement pas de base de données des membres et c’est compliqué de savoir si les gens vivent toujours ici.

AU NOM DE TOUTE L’ÉQUIPE HECONOMIST, UN GRAND MERCI À LAURA ZACCARIA POUR CET ENTRETIEN.

Luca Bron