Lara Tryba, passionnée d’équitation vient tout juste d’achever sa formation à HEC en août dernier. À travers cette interview elle nous raconte comment elle a pu mêler ses études et sa vie de cavalière à haut niveau.

Peux-tu me décrire ton parcours scolaire à HEC?

J’ai fait un Master en Management avec une option en marketing. La deuxième année, je suis partie à Mannheim en échange et j’ai fait mon stage de fin de Master chez BCG Platinion à Paris en tant que stagiaire marketing.

Que peux-tu me dire de ta passion pour les chevaux ?

J’ai commencé à monter à l’âge de 3 ans à poney, et ma première compétition de saut d’obstacles je l’ai faite en 2008. Actuellement, je tourne sur des épreuves à 1m45 – 1m50 de haut avec mes meilleurs chevaux et j’en monte 7 en tout. Je pratique des compétitions en France mais aussi à l’internationale en CSI 2* et 3*.

Pour la plupart des cavaliers de haut niveau, leur vie est dédiée au cheval, c’est leur travail de tous les jours. Alors pourquoi avoir décidé de faire HEC ? Est-ce un plan de secours ou tu veux pouvoir avoir un travail et tes chevaux à côté ?

Pour moi, ce n’était pas une option de faire que du cheval dans la vie et je pense qu’avoir un diplôme est très utile aujourd’hui. Alors oui, c’est une sorte de plan de secours ou cas où mais ce qui m’apporte le plus d’équilibre aujourd’hui c’est de pouvoir conjuguer le travail et le sport. Après c’est sûr que je peux m’entraîner moins souvent et que ma progression est plus lente que celle des cavaliers de haut niveau qui ne font que ça.

Quel a été le déclic qui t’a poussé à te dire que tu voulais conjuguer tes études et faire de la compétition de saut d’obstacle au lieu de juste faire une pause et étudier ? 

J’ai toujours trouvé un équilibre entre l’école et les chevaux, juste du cheval ou juste aller à l’école ça n’aurait pas été pour moi. Je trouve que lorsqu’on arrête quelque chose c’est toujours plus difficile de reprendre et de se remettre dans le coup. J’ai accepté le fait que ma progression allait peut-être, être un peu plus lente mais je ne voulais pas arrêter complètement de monter, ça m’aurait trop manqué.

Quelle était une semaine type pour toi entre les cours et les chevaux ?

Mes chevaux sont basés en France et j’étudiais à Lausanne, je ne montais donc pas de la semaine. Pendant mes études j’ai fait en sorte de n’avoir jamais cours les vendredis, je rentrais donc le jeudi soir en France pour monter le vendredi, samedi et dimanche. Si j’avais une compétition je m’y rendais directement depuis Lausanne.

Comment as-tu réussi à gérer tes études à HEC Lausanne et le sport à haut niveau ? Qu’est-ce qui t’a le plus challengée ?

Déjà j’ai eu la chance que mes parents me soutiennent et m’encouragent dans mes études et à cheval. Ils ne m’ont jamais obligée à arrêter le cheval pendant mes études et m’ont plutôt aidée à m’organiser au mieux. Je m’entraîne avec le même coach depuis 10 ans donc on se connaît très bien. Il s’occupe d’eux et les montent la semaine donc quand j’arrive en concours les chevaux sont en forme. Arrivée en master, la conjugaison des études et du sport était devenue une routine puisque cela faisait depuis le collège que je le faisais. Ce qui m’a le plus challengée, c’est quand je suis rentrée en équipe de France Junior, j’avais des entraînements avec l’équipe pendant les cours. Je devais donc m’absenter plus régulièrement et rattraper tous les cours manqués était compliqué.

As-tu eu des moments difficiles (peut-être en période d’examens) ? Quelles sont les principales difficultés rencontrées lors de ton cursus ?

Comme je l’ai mentionné avant, je devais m’absenter assez régulièrement pour participer à des compétitions ou des entraînements. J’avais donc un peu de mal à rattraper tous les cours correctement. Ça m’est aussi arrivé de devoir reporter un examen à la session de rattrapage car il était en même temps que les championnats d’Europe. Les compétitions importantes passaient en priorité et j’adaptais les cours en fonction.

Quel est ton plan de carrière ? Quels sont tes prochains objectifs en équitation ? Un rêve en particulier ?

J’ai eu mon Master en août 2019, j’ai commencé tout de suite après à travailler en tant que chargé de missions digitales. J’ai la chance d’avoir un emploi du temps modulable et je peux encore participer à des compétitions importantes même avec mon travail. A cheval, je voudrais être plus performante sur 1m50 et en CSI 3* et je voudrais commencer les CSI 4* qui sont à 1m55 en 2020.

Quel est le plus beau moment de ta carrière sportive ?

Le plus beau moment c’était mon classement dans mon premier Grand Prix 3* avec ma jument Rosa et ma participation aux championnats d’Europe Juniors avec l’équipe de France.

Quels sont tes points forts ?

Je suis assez organisée, autonome et ambitieuse.

Des conseils pour des étudiants qui voudraient combiner étude et sport ?

L’organisation pour moi est un élément clé. Il faut bien avoir son planning en tête et savoir quand on dédie du temps au sport et aux études. Il faut être prêt à s’investir beaucoup et à rater des moments de la vie étudiante parce que l’on est en compétition et aussi réviser sur les terrains de concours. Cela demande une certaine autonomie et rigueur. C’est aussi important selon moi de s’entourer de personnes de confiance qui peuvent nous aider à gérer les deux.

As-tu une icône sportive, quelqu’un qui t’inspire ?

J’aime beaucoup le cavalier Daniel Deusser, je trouve qu’il a une très bonne relation avec ses chevaux. Sinon en non cavalier j’aime beaucoup Roger Federer.

Un grand merci à Lara pour ces réponses en espérant que cet article puisse aider les cavalières et cavaliers à vivre leurs rêves !

Sirine Chodan