8 mars : La parole aux femmes !

8 mars 2021. Le monde célèbre la Journée Internationale des Droits des femmes*. Dans un pays démocratique où femmes* et hommes* ont légalement les mêmes droits, à quoi bon traiter de ce sujet ?

Pour la première fois dans l’histoire de HEConomist, nous avons donné la parole aux femmes* de l’association, leur demandant ce qu’il restait encore à faire en matière d’égalité.

Malgré les progrès obtenus par la mobilisation de milliers de femmes à travers l’histoire, être une femme* en 2021 est toujours source de discrimination. Nos rédactrices ont donc saisi l’occasion de ces quelques lignes pour un cri du cœur. Ces témoignages se veulent le reflet de quelques problèmes auxquels nous sommes encore confrontées quotidiennement. Aujourd’hui, nous pensons au monde que nous voulons laisser aux générations futures, un monde où l’égalité entre femmes* et hommes* serait enfin réalisée.

 

Le mot de notre rédactrice en chef : C’est une fierté pour moi de collaborer avec une équipe aussi diversifiée, loin des stéréotypes. Chez HEConomist, la parité est respectée depuis plusieurs années déjà et, pour la première fois, trois femmes ont été nommées aux postes-clés de l’association. Je me réjouis de travailler chaque jour avec mes collègues à être un exemple pour les futures générations d’étudiant·e·s et journalistes amateurs·trices.

 

Nos témoignages

 

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Gabriela Baechler

J’en ai marre de tomber sur des personnes qui nous catégorisent – nous, les femmes – à l’aide de stéréotypes comme : « Le chef de famille est un homme » ; « La femme doit rester garder les enfants à la maison » ; « La femme doit cuisiner et faire les tâches ménagères ». Les femmes ne doivent pas être réduites à des stéréotypes de genre, car cela leur impute des caractéristiques arbitraires que l’on attribue à chaque personne selon son sexe et non pas en accord avec la réalité et l’égalité.
 

Lilou Gaudin

J’en ai marre que nous pensions devoir multiplier les petites attentions pour répondre aux besoins d’autrui – des hommes – et surtout épargner leur humeur au dépend de notre bien-être. N’avez-vous jamais répondu poliment à une remarque déplacée de peur de rendre mal à l’aise votre interlocuteur ou n’avez-vous jamais remarqué qui s’occupe de penser aux petites choses du quotidien : prendre les rendez-vous chez le médecin, penser à la liste des courses ?
Un peu plus de profondeur sur ce concept qui peut paraître flou à certain·e·s ? Plongez-vous dans la BD d’Emma « La Charge Émotionnelle ».

Lara Aksu 

J’en ai marre de voir que les femmes ont plus de difficultés à accéder aux postes de cadres au sein des entreprises. Les femmes représentent à peine plus de 30% des cadres d’entreprises en Suisse. Plus l’entreprise est grande, plus il est rare qu’elle soit dirigée par une femme, car les attentes sont plus élevées envers les femmes. En effet, la plupart des entreprises hésitent à embaucher des femmes à des postes de cadre car, selon les stéréotypes, une femme sera plus encline à se concentrer sur sa famille au détriment de son travail.
Mais les hommes n’ont-ils pas les mêmes responsabilités envers leur famille ? Ne s’occupent-ils pas aussi de leur famille ? Cette époque est révolue et le choix de la personne qui va occuper un poste de cadre devrait être fait selon le mérite et le travail de cette personne et non pas selon son genre.

Clara Seppey

J’en ai marre que les hommes gagnent toujours plus que les femmes.
« L’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale ». Voilà ce que nous dit la Constitution suisse qui garantit l’égalité salariale. Cela sonne bien, sur le papier, mais en réalité, cette égalité n’est pas autant respectée qu’elle devrait l’être. En Suisse, en 2021, près de la moitié des différences salariales entre hommes et femmes n’est justifiée par rien d’autres que le sexe. Concrètement, les femmes gagnent en moyenne 19% de moins que les hommes et 45% des différences salariales entre hommes et femmes restent inexpliquées.

Cette différence injustifiée, en plus d’être choquante, est illégale. Et pourtant, elle subsiste depuis des années. Ne serait-il pas temps, en cette année de 50ème anniversaire du droit de vote des femmes, que l’égalité salariale entre hommes et femmes soit enfin réalisée ?

Ismira Mahmutovic

J’en ai marre qu’à chaque entretien d’embauche, on me demande « Et les enfants, vous n’en avez pas prévu pour bientôt, n’est-ce pas ? ». Parce qu’en 2021, nous sommes encore obligées de nous justifier sur nos choix d’avoir des enfants ou non. Obligées de ménager les recruteurs à coups de « Non, ne vous inquiétez pas, les enfants, ce n’est pas pour bientôt ».
Trop de femmes sont encore freinées dans leur carrière professionnelle à cause de leur maternité, alors que les postes à haute responsabilité sont encore systématiquement offerts aux collaborateurs masculins. Un choix moins risqué dira-t-on, parce qu’une femme qui risque de tomber enceinte à ce stade, « c’est trop compliqué ». Il serait peut-être temps d’arrêter de mettre des bâtons dans les roues des femmes qui souhaitent travailler, qu’elles aient envie d’avoir des enfants ou non.

Guyesha Blackshear

I am tired of paying more than men for the same products. The cost of being a woman is expensive, and intentional price discrimination by producers adds to this reality. According to the New York Department of Consumer Affairs, women will pay 13% more for hygiene products and 7% more for toys in comparison to men. The ‘pink tax’ is not a literal tax, yet it is a socio-economic problem because it decreases the purchasing power of women. It is time to #AxThePinkTax through policies preventing pricing based upon colors and eliminate sales taxes on feminine hygiene products.
Sirine

Sirine Chodan

J’en ai marre de voir des pays limiter l’accès à l’avortement et, ailleurs, des femmes vivement critiquées pour leurs décisions. De nos jours, l’avortement reste un sujet délicat à aborder dans certains pays et mène à une question : À qui appartient réellement le corps des femmes ?
La décision de l’avortement est personnelle et appartient à la personne qui y est confrontée. Cette décision est loin d’être facile, et toute femme décidant de suivre la procédure ne mérite pas d’être jugée pour cela. Nul·le ne devrait émettre un jugement sur une grossesse qui ne le ou la concerne en rien.

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Alejandra Diaz Fuentes 

I am tired of the unequal distribution of household chores. Traditionally, women have been mainly responsible for domestic and care unpaid work. According to UN Women (2020), before COVID-19, on average, women spent three times as many hours on these tasks, and while the pandemic has increased unpaid workload for both men and women, the latter still shoulder most of the work. This needs to change, so that women have more autonomy over what they would like to dedicate their lives to.
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Andrea Vucicevic

I am tired of hearing that women are rarely getting the leadership positions at Universities. The good news is that there is an increase in the employment rate of women entrepreneurs and women in senior leading positions. The well-known female “multitasking” is only one of the qualities which favor the increase in the number of women in leading positions. There is no doubt that support and respect is independent of gender, which is why I want to thank all the people who recognize and reward the quality of work above all else.
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Daniela Burri 

J’en ai marre que la presse féminine se déclare haut et fort féministe, alors que, la plupart du temps, c’est elle qui perpétue des stéréotypes qui nuisent aux femmes. C’est aussi elle qui, dans ses pages, omet des propos plus intéressants et critiques, au profit de sujets plus superficiels. Elle constitue une inspiration pour beaucoup et peut-être que, si elle osait davantage, elle pourrait inspirer à se surpasser et ne pas rester accrochée à des stéréotypes.
Tout ne doit pas être critique, tout ne doit pas être superficiel : il suffit de trouver le juste équilibre. Un équilibre que la presse féminine devrait au moins essayer de trouver, au lieu de sauter sur les débats importants quand ils sont à la mode et finir par les abandonner, dès que ce phénomène s’essouffle. J’aimerais que la presse féminine soit la féministe qu’elle prétend être.

Wilma Ticona Huanca

I am tired of seeing women working in the informal market, being discriminated against because of their indigenous language, skin color, traditional dress and type of work. According to the United Nations Universal Declaration of Human Rights “all human beings are born free and equal in dignity and rights”. On this International Women’s Day, let us claim women’s rights through respect for their work.

Mariela Chacaltana Bonifaz

I am tired of not being able to wear whatever I want on a hot summer day without feeling exposed. Tired of not being able to walk around my neighborhood without a piercing look, one that comes with a creepy “Hey.” Tired of men thinking they can talk to me and touch me just because I seem the outgoing one in a group of girlfriends in a picnic. Tired of them saying “It is just a compliment”, when deep down I feel unsafe.

Deborah Intelisano

J’en ai marre d’entendre trop souvent le récit de vies brisées par la violence, dans le silence des foyers. Aujourd’hui encore, une femme qui décide de quitter son compagnon s’expose à un risque trop important, pour elle comme pour ses enfants. Un féminicide ne doit plus être appelé « crime passionnel », car il n’y a pas d’amour dans l’acte d’ôter la vie à celle qui voulait simplement retrouver le bonheur ailleurs.
Les victimes sont trop nombreuses, la prévention n’est pas suffisante et ces crimes sont trop banalisés. La décision de partager sa vie avec un homme ne doit jamais mettre en danger une femme. Punissons réellement les coupables et, mieux encore, empêchons-les de tuer avant qu’il ne soit trop tard.

 

LES FEMMES* DE HECONOMIST

 

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  • https://www.ccpl.org/news/celebrate-womens-history-month-ccpl-series-womens-empowerment-programs