À HEC Lausanne, les associations étudiantes rythment la vie du campus. Entre conférences, projets, afterworks et engagement citoyen, l’offre associative est foisonnante. Mais au milieu de cette effervescence, une initiative se distingue : le Club des Runners HEC.
Pas besoin d’être un marathonien pour en faire partie. Ici, on court pour se rencontrer, se défouler, respirer et se dépasser. Nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec Martin Schmutz, étudiant en deuxième année à HEC et membre du comité de direction de ce club
« Il suffit d’une paire de baskets »
Le rendez-vous est donné au centre sportif, un lundi soir de printemps. À 18h20 précises, un petit groupe s’élance vers Saint-Sulpice. Pas d’inscriptions, pas de badge, pas de cotisation : « Il suffit de venir à l’heure et d’avoir une paire de baskets », sourit Martin. L’approche est aussi simple qu’efficace : l’inclusion est au cœur du projet.
« On commence toujours par 30 minutes de footing tranquille, on parle, on rigole… Puis ceux qui veulent enchainent sur du fractionné. Mais tout est optionnel. L’idée, c’est que chacun y trouve son rythme. »
Une philosophie qui semble porter ses fruits. Le club est en pleine expansion et attire aujourd’hui jusqu’à 30 coureurs les jours de beau temps. « Même des gens qui ne sont pas de faculté HEC nous rejoignent », ajoute Martin. « On est la seule asso où tu peux venir sans être membre. Tu viens, tu cours, tu repars ou tu restes boire un verre. »
Une communauté en mouvement
Mais au-delà des foulées, c’est l’ambiance qui marque. « Convivial, drôle, transpirante ! » lance Martin, dans un éclat de rire. Le Club des Runners n’est pas un cercle élitiste. C’est un lieu de rencontre et d’échange, où l’on parle souvent de tout sauf de course.
« Ce qui me fait le plus plaisir, c’est quand quelqu’un me dit ‘je ne suis pas capable de courir’, et qu’à la fin il ou elle me dit que c’était génial. Courir ne doit pas être une souffrance. »
Et pourtant, certains vont loin. Très loin même. Cette année, les membres du club ont participé à la Vortex Race, aux 10 km de Payerne, aux 20 km de Lausanne, et même au marathon de Milan. « On était trois pour Milan, et une dizaine en tout sur les courses du week-end (10km et 20km) à Lausanne. Chacun peut se fixer ses objectifs, et on adapte les entrainements en fonction. »

Sport et esprit associatif : le match à jouer
Dans un campus où l’on recense une multitude d’associations, le sport semble parfois relégué au second plan. « Je trouve qu’il n’est pas assez représenté », note Martin. « La plupart des assos sont centrées sur les événements sociaux, ce qui est très bien, mais on oublie un peu le potentiel du sport pour souder une équipe, gérer le stress ou simplement équilibrer sa vie d’étudiant. »
Il ajoute également regretter que le sport ne soit pas davantage mis en avant pendant les périodes de révision : « C’est justement là que tu en as le plus besoin. Tu t’aères, tu retrouves ton énergie, tu dors mieux… Et pourtant, les gens ont tendance à le sacrifier. »
Le « Beer Mile » et les autres projets
Mais attention : les Runners savent aussi allier effort et réconfort. L’événement phare ? Le Beer Mile, un concept aussi loufoque que festif : courir un mile (1,6 km) en buvant une bière tous les 400 mètres. « Bon, c’est plus un moment pour rigoler qu’un véritable exploit sportif », s’amuse Martin. « Mais ça fait partie de notre ADN : prendre le sport au sérieux, sans se prendre au sérieux. »
D’autres projets sont en cours : la création de t-shirts du club, une meilleure présence sur les réseaux sociaux, et pourquoi pas l’organisation d’une course ouverte à tout le campus. « Ce serait un sacré défi logistique, mais un bel objectif. Et ça marquerait vraiment notre ancrage dans la vie associative. »
Quand courir devient un lien
Le Club des Runners ne se limite pas à une bande de sportifs motivés. C’est un réseau informel, qui permet à des étudiants de toutes filières, de tous niveaux sportifs, de se rencontrer autour d’un effort commun. « C’est un espace qui fait du bien. On peut y faire de vraies rencontres. Et quand tu prépares une course ensemble, que tu t’encourages, que tu franchis la ligne d’arrivée côte à côte, c’est puissant. »
Martin évoque avec émotion certains de ces moments : « Après le marathon de Milan, on s’est tous pris dans les bras. Tu sens que les semaines d’entrainement, les doutes, les douleurs… tout ça en valait la peine. Il y a une vraie fierté collective. »
Le mot de la fin
À ceux qui hésitent encore à les rejoindre, Martin adresse un message simple : « Il ne faut pas avoir peur. Tous les niveaux sont les bienvenus. Il suffit d’essayer. Il faut croire un peu en soi. Et surtout, comprendre que courir peut aussi être un plaisir. »
Informations pratiques :
- Entrainements : les lundis et mercredis à 18h20, départ du centre sportif.
Dans une époque où l’individualisme et le stress gagnent du terrain, le Club des Runners propose une réponse simple, efficace, et joyeuse : courir ensemble. Une belle manière de redonner des jambes et du souffle à la vie associative.
Nils Kundert & Arthaud Widmer




